mercredi 20 septembre 2017

Damné



Me voilà prisonnier, ensorcelé, captif,

Tirant comme un damné, le fil noir sans fin

de vos sombres dentelles.

Vénus invisible, en volutes de chair,

Déesse extatique, au parfum hypnotique.

Livide, pantelant, vaincu et envouté,

Mon âme envolée à votre âme érogène.

mardi 12 septembre 2017

Voilà



Voilà, je n’écris plus, elle s’est envolée,
Ma muse est partie, elle fait d’autres songes,

Alanguie, sans un mot, elle dort près d’un autre,
Elle est ainsi la vie, à personne la faute,
On me l’avait bien dit que tout est éphémère,
Ma belle a disparu en voiles de dentelles
En bruissement soyeux elle a ouvert ses ailes.
Sans un seul regard elle a lâché ma main,
Troublante et légère, vers d’autre lendemains.

dimanche 20 août 2017

Le Loup

Je fus, ce loup alpha, ardent et vigoureux. Traversant la nuit en tête de la meute. Je fus ce hurlement qui déchirait la lune. Je fus ces babines retroussées, ces crocs acérés, prompt à déchirer la chair. Je fus ces yeux pailletés d'or, ces traces d'infini où l'humain avait perdu ma trace. Je fus tout cela et bien plus encore…
Je suis vieux maintenant, solitaire loup gris, sans meute, sans compagne. Errant, au cœur de la foret si sombre. Boitant, une patte brisée, arrachée aux mâchoires d'acier d'un piège bien caché. Les premiers flocons volètent déjà sous le ciel gris, bientôt l'hiver sera là, la neige recouvrira tout, jusqu'aux souvenirs.
Je reste là, assis, le poitrail droit, la tête haute. Je hume une dernière fois l'air de la foret, toutes ces senteurs magiques En face de l'autre côté de la rivière, à plat ventre aux pieds des bouleaux, il y a un homme, un fusil. Il attend, silencieux, puis épaule, vise. Il va tirer, il tire….

samedi 19 août 2017

Paco

Paco est mort le premier, sans prévenir. Un éclair, suivit d'un bang métallique, une seule balle dans la gorge. Il s'est affaissé sans bruit dans le sable, les yeux grands ouverts.
Dans la famille de Paco, les hommes ont l'habitude de mourir jeune, bien avant le point final. Ils s'attachent à être père avec une bienveillance silencieuse jusqu'au dernier souffle. Ils vivent à la hâte, avec une fierté, un honneur dérisoire. Ils passent…
Jamais de grandes maisons de famille, bourdonnantes de petits enfants, pas de grand pères, de sages aux cheveux blanc qui racontent une guerre. Des femmes encore jeunes, veuves et courageuses. Certaines referont leur vie, d'autre non.
Paco n'a pas eu de grand père, son père non plus. Des destins pointillés, des trous béants. Et cette manie du beau geste, celui que personne ne remarque, ce sacrifice vain, inutile, mais beau parce que invisible.
Ce soir Paco est mort, dans la nuit transparente, le fils de son fils n'aura pas de grand père.

dimanche 13 août 2017

Bu

Bu le philtre d'amour à même le creuset,
A ta chair, à ta peau,
A la tendre étroitesse de ton jardin secret.
En mots indélébiles, gémissement muets,
Dévoré un à un, tes remords, tes regrets.
En rêves turgescents, en pensées érectiles,
Enflammé mille phrases en caresses habiles.
Rester là, haletant, le désir en coulisse,
Métronome vibrant à tes feux d'artifices.

samedi 12 août 2017

Firmament

J'ai tout aimé de vous, vos ombrages brûlants, 
la flamme sous la peau et les rides de l'âge,
Dessiné à dessein l'entrouvert d'un corsage,
esquissé de mes mains ce tendre paysage. 
J'ai lu dans vos yeux clos, tant de folles prières
puis écrit tant de mots, jetés à vos rivières. 
Vous fûtes, vous étiez, vous êtes, 
vous serez la maitresse invisible de mes égarements.
Le point de non-retour,
ma déesse de chair vibrante au firmament.

vendredi 19 mai 2017

Je vais..

je vais, je viens aussi, je m'égare sur les dunes rosées de ton corps de sable chaud. Je me gorge du miel moiré de tes lèvres. j'hésite à tes non-dits, à tes mots diaphanes. Je te picore, te goute, je deviens vent chaud, caresse tendre, le frôlement mouillé de tes sucs si tendres.
je vole à ton sommeil, en secousses brûlantes, je me noie dans ton ventre, jaillis puis ressuscite au fond de tes yeux sombres. Tu me repousses, tu m'attires, je te lèche, te mords, glisse sous tes paupières. Ta langue coule en moi, ta bouche me salive et m'aspire. Je deviens ivre. Je sombre à tes murmures. Tu gémis, tu rugis, bats des ailes, des jambes, tu t'envoles et je tremble.

mercredi 3 mai 2017

Tu es ma part manquante



Enfin, tirer jusqu’au bout le fils délicat de tes pudeurs humides...
Tu es ma part manquante, cet autre moi de chair, d’attente. Je t’aime à petites gorgées, à grandes enjambées. Je lape tes fragrances mouillées, je me gorge de tes rivières, me saoule de toi. Je fends tes rivages écumants, je m’ancre à tes flots sombres et lumineux.    
je divague, me noie, me perds, à tes terres fertiles. Lorsque tu plies, ploies, te courbes, enfin te cambres, je ressuscite et meurs, en phénix vibrant. Te voilà métronome, balancier si charmant de ma chair captive. Je suis le tempo lent, l’ivresse irréductible, ton été, ton printemps, ta saison immobile.

mercredi 5 avril 2017

Vespérale

D'aubes noires en nuit blanches, j'errais,
J'allais comme un zombie, à vos réminiscences,
A la sombre douceur, à vos tendres fragrances, j'allais !

Vous étiez vespérale, tendre à la tombée du jour,
Élégante toujours, corsetée de silence,
Ôtant dans la pénombre, vos velours d'attente.

Robe noire, blanche ou bleue qui glissait sur tes hanches,
En vague lumineuse, à la peau impatiente,
Nos âmes se frôlaient en arabesques lentes.

lundi 3 avril 2017

Menteuse

J'avais l'âme rugueuse, le cœur gourd, endormi.
Perdu aux cotillons de cette vie trompeuse,
Je dessinais des cercles, des volutes fiévreuses,
D'invisibles désirs, d'éphémères conquêtes.

Le soir est rougeoyant et les aubes sont blêmes,
En secondes hypnotiques, en éloges funèbres,
Les jours sont passés dans leur manteau de terre.

Ça n'est que dans les films que la fin est heureuse,
Il m'a fallu du temps, tant de paroles creuses,
Pour comprendre enfin que la vie est menteuse.

jeudi 23 mars 2017

J’ai pris de l’âge



J’ai pris de l’âge aussi, mais je dois l’avouer,
C’est en prenant des ans que les femmes sont belles.

Vous avez pris des rides et la chair est moins ferme,
Vos seins chauds sont plus lourds, cachés sous la dentelle,
Mais je vous aime ainsi, fragiles et cruelles.
Habiles à nous séduire, en chair capiteuse,
Nous offrant vos blessures et vos courbes soyeuses.
Votre jeunesse est là, glissée sous vos yeux clos,
Tour à tour amantes, ou femelles  amoureuses,
Vous êtes l’éternel, ce désir fiévreux,
Ce rouge à vos lèvres, cette soie noire qui crisse,
Lorsque nos mains s’égarent, deviennent les complices,
Sans remord, sans regret, en fragrances lascives,
Vous nous rendez heureux, impatients de vous suivre.

mercredi 22 mars 2017

Belle

Dieu ! Que vous fûtes belle,
Les yeux clos, cherchant l'air,
En route vers le ciel.
Et moi, en voyeur si heureux,
Vous regardant flotter au voyage charnel.
Emmenez moi là bas,
Faites-moi le complice de ce vol soyeux,
Au monde merveilleux donc je brise la gangue,
Laissez-moi, je vous prie, devenir passager,
au plaisir qui tangue.
Du silence des mots, apprenez moi la langue.

Palpitez moi…

Palpitez moi…
Laissez frapper le sang aux tréfonds de ma chair,
Cœur cognant, âme ivre.
Devenez l'abandon, le souffle où je dérive,
Mille et une façons de vous appartenir.

samedi 11 février 2017

Je sais

Je sais…
Toi, moi nous, je sais tout.
Les courbes, les parfums, les regards que l'on guette,
Les désirs que l'on tait, les fragrances secrètes,
Offerte, désirée, cachée et découverte.
Toi, moi, nous et le temps qui nous reste,
Le frôlement soyeux de vos lèvres entrouvertes,
La caresse des yeux, lorsque l'âme halète,
Mes doigts en amoureux sous ta peau de dentelle,
Visiteur silencieux de vos monts et merveilles.
Je sais tout et j'ignore,
Vos petits jours fripés, vos aubes, vos aurores,
Vos regrets, vos remords,
Le rimmel qui coule, vos rires, vos absences,
Le grand lit est défait, désert, inutile.
J'ignore et je le sais.

lundi 30 janvier 2017

Renaissance

Tes vagues, ton écume,
Et ta houle impatiente.
C'est le grondement sourd
Qui déchire ton ventre.
Le sang lourd, puissant,
Qui frappe à tes tempes.
Cet au-delà qui vient,
Qui s'accroche à tes hanches.
Le plaisir qui s'en vient,
Toutes sirènes hurlantes,
Se fondre à ta chair,
Comme une renaissance.

Seisme

Longue nuit, épaisse, chaotique,
Quand nos bouches se cherchent, se dérobent, s'évitent,
se mordent, s'entrechoquent, lentement et trop vite.
Lorsque les mains halètent, s'emmêlent et puis hésitent.
Frémissements de peau où la chair se hérisse,
au souffle des baisers lorsque l'âme palpite.

Tumultueux torrent de secousses sismiques,
de ce long tremblement où les corps oscillent,
le plaisir qui augmente, aux nouvelles répliques,
nous laisse épuisés au bord d'un précipice.

vendredi 9 décembre 2016

Tes yeux,


J'ai bu tes yeux, baisé tes larmes,
Serré si fort ton corps de femme,
Baisé tes seins, frôlé ton âme.
Photo Irma haselberger

mercredi 30 novembre 2016

Insomniaque

Le désir insomniaque,
quand l'âme au bord des lèvres, s'envole en gémissant,
que le cœur haletant tambourine à ta porte,
glisse au peignoir de soie,
tout de toi, tout émoi,
vacille et puis m'emporte.

Tu rends ma peau heureuse,
en caresses aériennes, en frôlements fiévreux.
Belle fête païenne dont je deviens le roi,
déesse amoureuse, aime du bout des doigts.

vendredi 4 novembre 2016

Toi, moi, nous

Toi, moi, nous,
Nos ombres titubantes à l'envie, au désir,
la pluie comme un verni aux pavés centenaires.
Puis la bouche béante d'une porte cochère,
balustrade de bois et odeur d'encaustique.

Laisser aller mes doigts au nylon de ta cuisse,
sentir nos égos, se fondre, se dissoudre.
Ton ciré entrouvert, dessine un nouveau monde,
quand nos chairs se heurtent, s'emmêlent, se découvrent
à nos ventres haletants, si pressés d'en découdre.

L'oubli en un instant, le corps perd la tête,
enfin mordre ta bouche en tendres mots d'amour,
et conserver ta main pour reprendre la route.

Peinture Pascale Taurua