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Articles

Affichage des articles du 2009

SONORA

Poussière rouge et terre brune,
le bleu puissant du ciel a effacé la lune.
Sud de l'Arizonza, désert de Sonora,
où l'immense cactus saguaro déchire l'horizon.
Vers le nord du Mexique, c'est là que vont mes pas.
Le quatre quatre en panne, je sors de ma prison.
marcher seul, en silence, nimbé du vent brûlant.
Passé évanoui,  j'erre dans le présent.
Là dans le dénuement, je me sens enfin libre.
Le silence bourdonne, et j'en suis presque ivre.
Terre indienne, réserve, je la rêve immense.
j'imagine un chaman, un vieux faiseur de pluie,
mon esprit me précède, où le délire commence.
Comme un lointain mirage, un village apparait.
Si je hâte le pas, ce soir je mangerai,
une soupe de fèves, le fruit du saguaro.
je resterai tranquille, admirant les indiennes,
dans ce palais de vent, elles ressemblent aux reines.
Je vais dormir paisible, oublier les inutiles mots.

TRIANGLE D'OR

A Marie...

Commencé en Asie, c'est un film à l'envers,
entre fleuves et rizières, c'est le triangle d'or.
La poudre et ses combines,ici pas de héros,
trafiquants en tout genre, seulement l'héroïne.
Dans les champs de pavots, ils jouent avec les âmes .
Ils sont là dans la jungle, poudre blanche, argent sale.
Corruption et misère, j'ai perdu le moral.
Demain je prend l'avion et retour vers paname.
Octobre soixante seize, elle n'avait pas vingt ans.
Chaque nuit elle trainait, mi femme, mi enfant,
pâle comme un regret, près du périphérique.
Tremblante, prête à tout, pour le trouver son fric.
La marque des seringues dessine une dentelle,
sur son maigre avant bras, noire de sang et mortelle.
Elle ne m'écoute plus et cherche son dealer,
Il traine un peu plus loin, pour vendre le malheur.
Dernier shoot, dernière heure,elle est partie première.
Assis par terre , je pleure ,refermant derrière elle,
la porte de l'enfer, sur ses yeux bleus de ciel.
Terminé à Paris, sur le…

RIP

Du feu, j'avais senti la trop brulante haleine,
au plus profond de moi, bouillonnait un sang noir.
Sous ma peau ruisselait ce poison dans mes veines,
j'hésitais ce soir là entre l'amour, la haine.
Sur le trottoir luisant, lumière incandescente.
L'obscure vérité me déchirait les tempes,
résonnait dans mon cœur , de toute sa violence. 
Comme les tambours Burundi, de toute leur puissance.
Accrochée à mon bras, elle suivait la cadence,
elle ressentait mon trouble et restait impuissante.
Nous marchions tous les deux, seuls et en silence.
La mort était passée et sa trace sanglante.
Encore une autre fois, un autre ami parti. 
Moi, j'en voulais au monde et je haïssais dieu.
Je rêvais d'un combat, de fureur et de feu,
la douleur était là, ma fidèle ennemie.
La fièvre sur mon front creusait des précipices.
Sa main serrait la mienne, elle était ma complice.
Elle m'a trainé plus loin, vers la fin de la nuit.
Épongé tous mes pleurs, rendu gout à la vie.

CORNELIEN

Anthropophage, végétarien
c'est un dilemme Cornélien,
Chair humaine ou petit pois cassegrain,
retrouvé, ce matin, mort de faim.
Un corbillard roule à tombeau ouvert,
il  perd son passager, avant le cimetière.
Un cercueil explosé sur le bord de la route,
personne ne s'arrête, là tous les gens s'en foutent.
Le cimetière est vide attend son locataire,
l'agent immobilier, ne fait pas des affaires.
C'est un voyant, aveugle sans boule de cristal,
qui m'explique à mots lents, cette sinistre histoire.
Son cabinet est triste, son intérieur banal.
Le conducteur pressé du  triste corbillard,
a mis des chaussures noires,  belles pompes funèbres,
Il est parti se pendre, pris d'une folle fièvre.
Ils gisent côte à côte, ils dorment sous la terre.
Chacun son paradis et chacun son enfer.
Lui rêvait de vitesse, l'autre de légumes verts.
C'est le destin des hommes, une vie à l'envers.

RAP

Les mots s'agrippent au beat,
mais ils dérapent vite,
s'écorchent à la musique,
pour suivre la rythmique.
La nuit est aux platines,
et l'ombre à la machine.
Écrites aux heures tardives,
à l'encre de la rue.
Paroles noires de la cité perdue,
de violence et de haine,
cachent le désespoir,
l'amour, aussi la peine.
Tombent comme des grappes,
sur le faiseur de Rap
Et quand la nuit s'achève, 
d'une cave enfumée,
d'un studio bricolé,
il nous offre un poème.

AIE PHONE

Petite musique lointaine qui coule à travers toi qui remonte furtive dans la saignée du bras qui tient ce téléphone où tu ne répond pas!

ENSEMBLE

Cette nuit là était transparente, froide et noire,
glaciale comme l'absence, teintée de désespoir.
Le soleil blanc et lourd inondait en silence,
de ses rayons givrés cette obscure élégance.
Et l'astre qui brulait comme un fou ses larmes d'oxygène,
en  voulait à la terre, à l'univers entier .
Le dieu barbare qui régit les humains, sans pitié,
lui  se moque bien, de la femme que j'aime.
Et s'il me plait à moi, de regarder le ciel,
et de t'y chercher, toi, mon ombre, ma merveille.
Avec tes courbes pures, et ton ventre , ta voix,
de pierres et de velours qui coule et puis se noie.
Et tes yeux pailletés d'or et d'azur ensembles.
Ta chevelure noire, dans de la soie tissée,
s'étale sur l'oreiller , si tendre à respirer.
Tout est calme et serein comme un soir de décembre.
Le dos est rectiligne, et cambrés sont les reins,
ici  j'erre en silence au pays de tes seins.
Enfin, là je la tient, la beauté, l'innocence,
des tes lèvres si pures qui chantent le silence,
m…

MAUREEN

Blanche et douce irlandaise, de Belfast à Dublin, elle a fait le chemin. Premier rendez-vous, octobre quatre vingt seize.
C'est un petit hôtel, au fond d'une ruelle, un lien pour s'oublier, presque une passerelle. Vers le moment magique, où s'efface le temps, Un jeans déchiré, un vieux tee shirt noir, la voilà, je l'entend.
Assise sur le lit, elle parle de l'enfance, et ils me font frémir, les regards qu'elle me lance. Me parle du dimanche, de ce sanglant dimanche. Elle m'explique la paix, me parle de vengeance.
Dehors la nuit qui sombre, rase les murs de briques, installe la pénombre. Et de noirs souvenirs, se glissent de leur tombe. les morts et les vivants pris dans le même monde.
La bouteille est finie et plein le cendrier. Allongés côte à côte, dans les draps emmêlés. Maureen est endormie, sous sa peau dort la braise, demain je vais la suivre, ma brûlante irlandaise.

FLAMENCO

La terre ocre, ou valse la poussière.
Le soleil si ardent qu'il fait fondre le ciel.
La torpeur en silence dévale les ruelles.
Murs de terre blanche, fenêtres de fer forgé.
Le guitariste est vieux, son regard est lointain.
Voix rauque et rocailleuse qui se brise parfois,
chante l'amour perdu, les voix qui se sont tues.
La guitare accompagne le claquement des mains.
Cheveux noirs, reins cambrés,
elle porte la fierté jusqu'au bout de ses seins.
Ventre brun, sang carmin , robe rouge,  qui dévoile une cuisse, la courbe d'une épaule.
Poème triste ou sanglant,l' amour, la mort se mêlent.
Dans ce tourbillonnement,mains agiles et doigts fins, pour attraper la lune ou cueillir le jasmin.

LE TATOUAGE

Elle porte un tatouage,
sur l'épaule gauche,
posé, il resta là, secret,
Visible où invisible.
Sur la chair gravée,
blanche et immaculée.
Il porte un souvenir,
un remord, un regret.
Impossible à saisir,
même sous les caresses.
Chaque jour, il renait.
Si parfois, elle l'oubli,
de partout, il la suit.
Elle porte un tatouage,
Ami, amant , amour,
mais qui donc le sait?

LA CAVALIERE

Le temps ricoche sur le ciel, éclabousse l'azur de perles de soleil. Au centre de la place, l'ocre de la poussière, elle avance vers moi, la sombre cavalière. Elle tient le buste droit, la posture est altière. Noire chevelure et noire crinière. Il est blanc le corsage ouvert sur la peau brune, elle s'incline vers moi, reste sur sa monture. Sous l'ombre du chapeau, brillent ses yeux de braise. Le cheval est jaloux et il piaffe, alors caresse souple, elle flatte l'encolure du pur sang et l'apaise. D'une main ferme, elle m'a hissé en croupe. Elle parle tendrement, lèvres pleines et pâles. Si prés d'elle à présent, j'ai le cœur qui s'emballe. J'ai posé mes deux bras tout autour de sa taille, mes deux mains égarées sur son ventre de lave. Unis sous le soleil, nous chevauchons tranquilles, Elle se tourne vers moi, regarde c'est Séville. Descendus de cheval, debout et face à face, le désir est ici, il prend toute la place. Ma belle cavalière, si brulante et …

LA CITE DES MORTS

Un pâle après midi, dans la cité des morts, J'erre à travers les tombes, je la recherche encore. Croix de bois ou tombeau, les voila tous égaux. Jeunes, vieux, laids ou beaux, ils ont fait le grand saut. Que reste t-il d'eux, perdus dans nos mémoires. Ils sont là alignés , dans leur manteau de terre. Leur amour et leur haine dévorés par l'espoir. Il est là mon futur, je le crains et l'espère. Mais dans ce lieu sinistre, quand apparait la femme, tout au bout de l'allée, elle marche comme un drame,
imperméable gris, peau blanche et cheveux noirs, elle s'avance vers moi, comme descend le soir. Elle me croyais ici, moi aussi je cherchais, Si ses yeux sont rougis, malade comme un chien, rien d'elle n'a changé, tout en elle me plait. Une aussi longue absence, de nos morts elle revient.

SILENCE

D'elle, je n'ai rien, à vous dire.
Ni le beau, ni le pire.
Elle est là, et c'est tout.
Ma reine et mon bourreau.
Ma fièvre, mon délire,
mon dégout, mon désir.
N'attendez rien de moi,
aucune confidence.
Entre elle et moi,
au milieu du silence,
inscrite en capitales,
il reste la confiance.

CHAOS

Assis sur la terre noire,
j'égrène le silence. J'aligne les remords, les regrets et les peines. A quoi bon ce chemin, tout ça , ne mène à rien. Une planète folle, où règne le chaos. Je ne vois rien autour, que souffrance et misère, Monarques corrompus  et climat délétère. Partout se dressent les buchers, attendant l'hérétique. les poètes sont morts, ou rentrent en politique. Le pouvoir et le fric, guident la république. Nos dieux sont de plastiques, bourres d'électroniques. Nos amis virtuels, nos amours ludiques. Un monde artificiel,vide, sans le moindre arc en ciel. J'attends, sur la terre noire, j'attends juste l'espoir.

CHOMEUR

Tous les matins, que le diable nous fait,
tu retournes au travail, atelier ou bureau.
Tu chasses la fatigue et redeviens parfait.
Elle est dure la vie, quant on n'est pas là haut.

Un soir, comme un autre, c'est la gifle, la claque,
ta vie va basculer, tu a ouvert la lettre, le sinistre courrier.
Tu deviens inutile, obsolète, juste bon à jeter dans le lac.
Aux ressources humaines, c'est ton nom qu'on choisit d'effacer.

Pour plus de profit, c'est la facilité , réduire les effectifs,
les actionnaires jubilent, les bonus vont grimper.
Tes mains habiles et ton cerveau agile sont déjà oubliés.
Te voila inutile, que dire à ta femme, et que dire à tes fils.

Ton patron, le pouvoir et l'argent ont eu raison de toi.
Dans les tours de verre, l'humain n'existe pas,
c'est un jeux maléfique, où il fait bon tricher.
Ici pas de miroir, justes des courtisans, le regard des banquiers.

Tu pensais être juste et honnête, tu apprends le dédain.
Tu a perdu ton nom, gag…

Novembre

(à Kevin) Le ciel était si grand,
il n'avait pas vingt ans.
Des amis, des amours,
il avait la promesse.
Vivant jour après jours,
une folle jeunesse. 
Mais la mort, cette chienne,
l'attendait au tournant. 
Il est parti ailleurs, 
cet homme, cet enfant.
Après les larmes, et la douleur.
Il dort presque paisible,
dans le ciel de Provence. 
Il est là, dans nos cœurs, 
éclatant d'innocence. 
Juste fermer les yeux,
et sentir sa présence.
Il fait un long voyage vers un autre rivage.
emportant notre amour, comme unique bagage.

ORGUEIL

A celles que j'ai croisé, mal aimé, ignoré,
à ces grandes marées,sur le sable échouées.
Celles qui m'ont cru, pourtant abandonné,
pour suivre solitaires, leur vie pleine de doute,
leur amour suffisant pour continuer la route.
A ces femmes félines, à leur parfum magique.
Tous ces amis perdus, à leurs mots électriques,
qui éclairaient ma vie quand elle devenait sombre.
Moi je marchais tout seul, en poursuivant mon ombre.
Trop orgueilleux pour daigner m'arrêter,
Superbe solitude, si belle mais si rude.
Que sont elles devenues, passagères éphémères,
juste laissée leurs voix tendres et leur sourires amers.
Mais le temps à passé, d'un revers de la main,
il a tout effacé, alors je reste seul avec leurs souvenirs.
Si je pouvais encore le refaire, ce chemin
juste une dernière fois, partager l' avenir.
Tout ce qu'elles savaient et que je ne voyais pas.

EQUILIBRE

C'est une histoire barbare,
lovée comme un fœtus au fond de ma mémoire. je ne fais que marcher sur le fil d'un rasoir,
équilibre précaire, entre le subtil espoir
et sombre désespoir, le jour le plus noir.
Le balancier du temps, oscille quand je dérive,
d'un coté ou de l'autre de ses funestes rives.
Visages amicaux , terres inhospitalières,
J'hésite de l'un à l'autre , avec la même fièvre.
Je dois juste avancer, rester droit, rester fier.
Sans me préoccuper des couleurs de l'enfer.
Sur le long fil d'acier, la fatigue me guette,
ici pas de repos, je dois garder ma tête.
Le pas devient plus lent, mais j'avance toujours, pour éviter la chute, j'accumule les jours,
ceux de la solitude, et ceux du grand amour.
Mais que faire à présent, c'est le compte à rebours.
J'ai beau fuir le néant, il me poursuit sans cesse.

ECRIRE

La nuit. la nuit et le silence, pour aligner les les mots, là, sur la page blanche. En ordre bien rangés, les agripper les mots, avec connivence. Écrire, amour, aurore,  soleil pâle sur ton corps. Mots d'amour ou de haine. Écrire le retour, et la mort en partance. Écrire encore, toujours, mots magiques et mots creux, mots du diable ou de dieu. Écrire le bien, le mal, encre noire, encre rouge. la chaleur de la nuit et tout ce sang qui coule. Écrire pour se taire, écrire pour parler. Écrire  pour inventer, écrire pour oublier. Écrire je, écrire nous, écrire lui ,écrire toi. Ne pas désespérer des phrases, du silence, se laisser engloutir, dunes des pages blanches. Pour s'échouer enfin, à l'ultime rivage, il est déjà trop tard, c'est la fin de la page.

CHU

Hall vaste et désert,
ascenseur très rapide,
qui monte vers l'enfer.
Des corridors glacés,
miroirs multicolores.
Juste au fond du couloir,
la fin de l'univers.
La grande porte rouge,
qui ouvre sur la mort.
Et l'amour et le corps,
tout défile à l'envers.
Plus jamais de demain,
il ne reste que hier.
Et le silence pur,
Et la beauté d'un père.

AUBE

Je tiens le monde dans mes mains
entre mes bras, elle dort
elle a clos ses yeux d'or
Elle respire doucement
ses seins lourds se soulèvent
deviennent l’océan.
qui s'échoue sur la grève
Va et vient hypnotique
la femme est magnifique
Je n'ose plus bouger
le temps s'est arrêté
Même le ciel dehors
s'attarde sur son corps
Hier je n'avais plus rien
et vivais comme un mort
Je trainais sur le port
le sac sur l'épaule
cherchant la délivrance
De nul part apparue
elle arrivait de France
Son regard m'a ému
brisant les maléfices,
elle émergeait de l'onde,
ma brûlante métisse.

EXIT

Elle s'était posée là, comme un oiseau paumé.
A une table usée, elle buvait café après café.
Moi je ne savait rien d'elle, pas même son prénom,
juste elle avait murmuré, je sors de prison.
Une faute vénielle, et deux mois de placard.
Assis en face d'elle, qu'ai je donc à offrir?
mon visage marqué et mon pâle sourire.
Je suis arrivé là,  je suivais le hasard.
Me reste le silence, elle s'est mise à parler.
Elle à besoin de ça, raconter, se vider,
je me tais,  je l'écoute, sa détresse, ses doutes.
Elle ne sait plus que faire, elle à perdu sa route.
Que pourrais je lui dire, moi mon âme est brisée.
Fatiguée, accoudée à la table, elle est seule, oubliée,
J'ai inventé des mots, je l'ai même fait rire,
mais ils sont revenus, ses noirs souvenirs.
Sur son visage blême,  ses grands yeux tout mouillés.
Dehors il fait si noir, le diable s'est perdu.
Le barman veut fermer, nous voila dans la rue,
elle et moi hésitants, il me faut décider.
Alors, c'est chez moi, j'ai besoin…

ENTRE AMIS

Le cendrier est plein et vides sont les verres.
Alors je reste là, dans le salon désert.
La nuit bien avancée, ils sont tous partis,
comment les appeler, invités, camarades ou amis.
Oui le vin était bon et les mets abondants,
conversations polies, lieux communs, affligeants.
Quelques blagues banales, que devient votre grand?
Avez vous vus Untel, qu'à dit le président?
L'alcool joue bien son rôle, ont se lâche un instant,
là les vieilles rancœurs rejoignent le présent.
Si les langues dérapent, vite, quelqu'un les rattrape.
A ces diners en ville, où tout semble futile,
je préfère partager silence et amitié,
la table, la cuisine tout est simple et tranquille,
nous sommes deux où trois et la complicité.


TARD

C'est une sale histoire,
trop tôt, suis je venu,
ou trop tard apparu.
Impossible à savoir
C'est un grand sablier,
au fond de ma mémoire.
Grains de sables tombés,
espoir ou désespoir.
Si le ciel est brûlant,
la nuit tombe au hasard.
Aurais je encore le temps,
tâtonnant dans le noir.
Il est long ce couloir,
et brisés ses miroirs.
Perdues les certitudes,
reste la solitude.
Les mots ne servent à rien,
quand se glisse l'absence.
Hier, et c'est déjà demain,
alors pour finir, écrire le silence.

J........................

A cette étoile triste,
cette femme, ce cœur.
Cette amie, ce bonheur,
qui dors auprès de moi,
dans la nuit où je meurt.
A sa pâle lumière,
à son pâle regard,
qui me guide à l'aurore,
quand mon âme s'égare.
Ses mains sur mon visage,
ses larmes, ses espoirs.
A ses rêves détruits.
A celle qui me suit,
et qui souffre nos vies,
celle que je lui ai pris.
Et ce que je n'ai pas dis,
et ce qu'elle à compris.
A notre différence,à notre solitude.
A son parfum si lourd,d'amour et d'amertume.

LA GARE

Hall de gare désert, empli de courant d'air.
Quel train attendait elle, dans ce vieux manteau vert?
C'est sur ce banc de bois que je l'ai rencontré.
Elle semble craindre tout, ici c'est l'étranger.
Santiago de Cuba, mais, como te llama ?
Elle s'appelait Cinna, et venait de Cuba.
Sa peau douce était sombre, comme un jour qui s'en va.
Assise près de moi, muette, son esprit est là bas.
La nuit était tombée, comme un ciel étoilé.
Quelques mots échangés, des biscuits, un café.
Elle fuyait la havane, et voulait changer d'âme.
Son français hésitant, mon espagnol en panne.
Nous étions juste là, un homme et une femme,
à mêler nos silences, nos amères solitudes.
Nous regardions les autres, trainants leur habitudes
Son regard brûlant, tranchant comme une lame.
Complices devenus, prêts pour un autre départ,
Un train est arrivé, il glisse sur les rails.
C'est peut être l'amour, où juste un feu de paille.
Mais je monte avec elle, laissons faire le hasard.

A NOS FILS

Que donner à nos fils, comment faire le partage? Juste une vie factice, quel bien triste héritage. Trop pâle société, vivre pour amasser. Rester les yeux bandés et le reste ignorer. Que donner à nos fils, que nos pères en soient fiers. Vivres seuls égoïstes, ambition et carrière, alors qu'un peu plus loin , face B de la terre, d'autre fils hésitent entre guerre et misère. Que donner à nos fils, le gout de la justice. Savoir aller à gauche, quand tous vont à droite. Ne pas baisser les yeux, devant tous ces monarques, petits pouvoirs d'un jour, négociés en coulisse. Que donner à nos fils, Il ne nous reste rien. L'honneur et le courage, je n'ai pas davantage, bouder les privilèges, finir seul à la fin. Mais leur donner l'amour comme seul bagage.

LA RANCUNE

A Céline,
C'est une maladie, attrapée au hasard.
Quelqu'un de trop bavard,une heure de retard.
Secret ou Confidence, et déjà dévoilé.
Une peau différente, tolérance oubliée.
Tout donner et tout perdre et pourtant pardonner. 
Injustice flagrante, personne pour s'indigner.
Tirer sur l'ambulance et oublier l'honneur.
Tout cela la nourri, elle s'appelle rancœur.
Elle peut être légère et très vite oubliée,
ou tenace et guerrière et ton cœur abimer.
Mais elle reste bien là,parfumée d'amertume, 
bombe à retardement,elle se nomme rancune.

LA PASSANTE

Le trottoir glissant, où nos deux corps se croisent,
elle a les yeux si gris, on dirait de l'ardoise.
L'espace d'un instant, nos univers se frôlent,
c'est une femme belle et connaît bien son rôle.
A quoi peut elle penser, l'éphémère voyageuse,
le sait elle déjà, que la vie est menteuse?
Heureux ou malheureux, juste une question de chance,
entre amour et rupture, fine la différence.
Un si petit bateau, pour un si long voyage,
pour un seul regard, elle risque le naufrage.
Le monde est sans pitié et oubli le partage.
Elle se pense à l'abri, en haut de son jeune âge.
Ruelles de Cuba, jardins d'Andalousie,
au même instant partout, quelque soit le pays.
A peine commencé, voilà que c'est fini,
profite en passante, moi, je suis un ami.

JEU DE MAUX

Quand la vie se répète,
qu'elle fait du maux à maux,
je cherche la rime riche,
là soudain le mot naît.
Et sur la feuille en friche,
d'un coup , time is money.
Et si je suis en phase,
même le temps se tait.
J'écris de belle phrases,
de subtils couplets.
J'aligne les quatrains,
augustes alexandrins.
Quand la fatigue vient,
que j'en perd mon refrain,
je pose le noir stylo,
j'efface tous les mots,
la nuit semble moins bonne.
Je redeviens un homme,
pour vivre avec mes maux.

KADIDIA

Assise au bord du fleuve, la journée est finie.
Elle est seule, perdue, alors elle pense à lui.
Six mois qu'il est parti, il rêvaitd'Angleterre.
Elle voudrait le rejoindre, quitter cette misère.

Mais aucune nouvelle, alors la belle attend.
Elle pleure doucement au bord du brun Niger.
Que fait il maintenant, bosse t-il à plein temps?
Ou s'est il perdu au bord du grand désert.

Chaque jour elle attend et espère.
La journée elle sourit, mais son cœur est amer.
Elle se nomme Kadidia et habite Gao à l'est du Mali
Elle rêve de Paris, de parfums et d'amis

Il est parti à pied, plein d'espoir et sans haine.
Il voulait tout pour elle, ont est beau quand on aime.
Ici c'est le désert ou rodent les mirages,
son homme à disparu, il faut tourner la page.