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Affichage des articles du octobre, 2009

AUBE

Je tiens le monde dans mes mains
entre mes bras, elle dort
elle a clos ses yeux d'or
Elle respire doucement
ses seins lourds se soulèvent
deviennent l’océan.
qui s'échoue sur la grève
Va et vient hypnotique
la femme est magnifique
Je n'ose plus bouger
le temps s'est arrêté
Même le ciel dehors
s'attarde sur son corps
Hier je n'avais plus rien
et vivais comme un mort
Je trainais sur le port
le sac sur l'épaule
cherchant la délivrance
De nul part apparue
elle arrivait de France
Son regard m'a ému
brisant les maléfices,
elle émergeait de l'onde,
ma brûlante métisse.

EXIT

Elle s'était posée là, comme un oiseau paumé.
A une table usée, elle buvait café après café.
Moi je ne savait rien d'elle, pas même son prénom,
juste elle avait murmuré, je sors de prison.
Une faute vénielle, et deux mois de placard.
Assis en face d'elle, qu'ai je donc à offrir?
mon visage marqué et mon pâle sourire.
Je suis arrivé là,  je suivais le hasard.
Me reste le silence, elle s'est mise à parler.
Elle à besoin de ça, raconter, se vider,
je me tais,  je l'écoute, sa détresse, ses doutes.
Elle ne sait plus que faire, elle à perdu sa route.
Que pourrais je lui dire, moi mon âme est brisée.
Fatiguée, accoudée à la table, elle est seule, oubliée,
J'ai inventé des mots, je l'ai même fait rire,
mais ils sont revenus, ses noirs souvenirs.
Sur son visage blême,  ses grands yeux tout mouillés.
Dehors il fait si noir, le diable s'est perdu.
Le barman veut fermer, nous voila dans la rue,
elle et moi hésitants, il me faut décider.
Alors, c'est chez moi, j'ai besoin…

ENTRE AMIS

Le cendrier est plein et vides sont les verres.
Alors je reste là, dans le salon désert.
La nuit bien avancée, ils sont tous partis,
comment les appeler, invités, camarades ou amis.
Oui le vin était bon et les mets abondants,
conversations polies, lieux communs, affligeants.
Quelques blagues banales, que devient votre grand?
Avez vous vus Untel, qu'à dit le président?
L'alcool joue bien son rôle, ont se lâche un instant,
là les vieilles rancœurs rejoignent le présent.
Si les langues dérapent, vite, quelqu'un les rattrape.
A ces diners en ville, où tout semble futile,
je préfère partager silence et amitié,
la table, la cuisine tout est simple et tranquille,
nous sommes deux où trois et la complicité.


TARD

C'est une sale histoire,
trop tôt, suis je venu,
ou trop tard apparu.
Impossible à savoir
C'est un grand sablier,
au fond de ma mémoire.
Grains de sables tombés,
espoir ou désespoir.
Si le ciel est brûlant,
la nuit tombe au hasard.
Aurais je encore le temps,
tâtonnant dans le noir.
Il est long ce couloir,
et brisés ses miroirs.
Perdues les certitudes,
reste la solitude.
Les mots ne servent à rien,
quand se glisse l'absence.
Hier, et c'est déjà demain,
alors pour finir, écrire le silence.

J........................

A cette étoile triste,
cette femme, ce cœur.
Cette amie, ce bonheur,
qui dors auprès de moi,
dans la nuit où je meurt.
A sa pâle lumière,
à son pâle regard,
qui me guide à l'aurore,
quand mon âme s'égare.
Ses mains sur mon visage,
ses larmes, ses espoirs.
A ses rêves détruits.
A celle qui me suit,
et qui souffre nos vies,
celle que je lui ai pris.
Et ce que je n'ai pas dis,
et ce qu'elle à compris.
A notre différence,à notre solitude.
A son parfum si lourd,d'amour et d'amertume.

LA GARE

Hall de gare désert, empli de courant d'air.
Quel train attendait elle, dans ce vieux manteau vert?
C'est sur ce banc de bois que je l'ai rencontré.
Elle semble craindre tout, ici c'est l'étranger.
Santiago de Cuba, mais, como te llama ?
Elle s'appelait Cinna, et venait de Cuba.
Sa peau douce était sombre, comme un jour qui s'en va.
Assise près de moi, muette, son esprit est là bas.
La nuit était tombée, comme un ciel étoilé.
Quelques mots échangés, des biscuits, un café.
Elle fuyait la havane, et voulait changer d'âme.
Son français hésitant, mon espagnol en panne.
Nous étions juste là, un homme et une femme,
à mêler nos silences, nos amères solitudes.
Nous regardions les autres, trainants leur habitudes
Son regard brûlant, tranchant comme une lame.
Complices devenus, prêts pour un autre départ,
Un train est arrivé, il glisse sur les rails.
C'est peut être l'amour, où juste un feu de paille.
Mais je monte avec elle, laissons faire le hasard.

A NOS FILS

Que donner à nos fils, comment faire le partage? Juste une vie factice, quel bien triste héritage. Trop pâle société, vivre pour amasser. Rester les yeux bandés et le reste ignorer. Que donner à nos fils, que nos pères en soient fiers. Vivres seuls égoïstes, ambition et carrière, alors qu'un peu plus loin , face B de la terre, d'autre fils hésitent entre guerre et misère. Que donner à nos fils, le gout de la justice. Savoir aller à gauche, quand tous vont à droite. Ne pas baisser les yeux, devant tous ces monarques, petits pouvoirs d'un jour, négociés en coulisse. Que donner à nos fils, Il ne nous reste rien. L'honneur et le courage, je n'ai pas davantage, bouder les privilèges, finir seul à la fin. Mais leur donner l'amour comme seul bagage.

LA RANCUNE

A Céline,
C'est une maladie, attrapée au hasard.
Quelqu'un de trop bavard,une heure de retard.
Secret ou Confidence, et déjà dévoilé.
Une peau différente, tolérance oubliée.
Tout donner et tout perdre et pourtant pardonner. 
Injustice flagrante, personne pour s'indigner.
Tirer sur l'ambulance et oublier l'honneur.
Tout cela la nourri, elle s'appelle rancœur.
Elle peut être légère et très vite oubliée,
ou tenace et guerrière et ton cœur abimer.
Mais elle reste bien là,parfumée d'amertume, 
bombe à retardement,elle se nomme rancune.

LA PASSANTE

Le trottoir glissant, où nos deux corps se croisent,
elle a les yeux si gris, on dirait de l'ardoise.
L'espace d'un instant, nos univers se frôlent,
c'est une femme belle et connaît bien son rôle.
A quoi peut elle penser, l'éphémère voyageuse,
le sait elle déjà, que la vie est menteuse?
Heureux ou malheureux, juste une question de chance,
entre amour et rupture, fine la différence.
Un si petit bateau, pour un si long voyage,
pour un seul regard, elle risque le naufrage.
Le monde est sans pitié et oubli le partage.
Elle se pense à l'abri, en haut de son jeune âge.
Ruelles de Cuba, jardins d'Andalousie,
au même instant partout, quelque soit le pays.
A peine commencé, voilà que c'est fini,
profite en passante, moi, je suis un ami.

JEU DE MAUX

Quand la vie se répète,
qu'elle fait du maux à maux,
je cherche la rime riche,
là soudain le mot naît.
Et sur la feuille en friche,
d'un coup , time is money.
Et si je suis en phase,
même le temps se tait.
J'écris de belle phrases,
de subtils couplets.
J'aligne les quatrains,
augustes alexandrins.
Quand la fatigue vient,
que j'en perd mon refrain,
je pose le noir stylo,
j'efface tous les mots,
la nuit semble moins bonne.
Je redeviens un homme,
pour vivre avec mes maux.

KADIDIA

Assise au bord du fleuve, la journée est finie.
Elle est seule, perdue, alors elle pense à lui.
Six mois qu'il est parti, il rêvaitd'Angleterre.
Elle voudrait le rejoindre, quitter cette misère.

Mais aucune nouvelle, alors la belle attend.
Elle pleure doucement au bord du brun Niger.
Que fait il maintenant, bosse t-il à plein temps?
Ou s'est il perdu au bord du grand désert.

Chaque jour elle attend et espère.
La journée elle sourit, mais son cœur est amer.
Elle se nomme Kadidia et habite Gao à l'est du Mali
Elle rêve de Paris, de parfums et d'amis

Il est parti à pied, plein d'espoir et sans haine.
Il voulait tout pour elle, ont est beau quand on aime.
Ici c'est le désert ou rodent les mirages,
son homme à disparu, il faut tourner la page.

INCONNUE

Belle et inaccessible, elle marche devant moi.
Je ne suis plus qu'un chien, un vieux loup aux abois.
Mes yeux restent collés à l'aimant de ses reins.
Cambrure si parfaite, prête à damner un saint.

Elle ondule, elle ondoie ma superbe prêtresse.
Je cherche à la rejoindre et tire sur ma laisse.
Carmin est le tailleur, écrin de sa peau brune.
Ses jambes si parfaites, moi je hurle à la lune.

Parfois la vie est belle et si belles les femmes.
j'ai appelé le diable pour lui vendre mon âme.
Ou va- t-elle aujourd'hui, mystérieuse inconnue.
Tous les jours je la vois, m'a-t-elle reconnu?

Bientôt elle disparaît, s'évapore dans la foule.
Et je dois l'avouer, bon dieu que j'ai les boules...
La tenir dans mes bras, être fort et fragile.
Brûler à ton parfum, belle inconnue agile.