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Affichage des articles du novembre, 2009

SILENCE

D'elle, je n'ai rien, à vous dire.
Ni le beau, ni le pire.
Elle est là, et c'est tout.
Ma reine et mon bourreau.
Ma fièvre, mon délire,
mon dégout, mon désir.
N'attendez rien de moi,
aucune confidence.
Entre elle et moi,
au milieu du silence,
inscrite en capitales,
il reste la confiance.

CHAOS

Assis sur la terre noire,
j'égrène le silence. J'aligne les remords, les regrets et les peines. A quoi bon ce chemin, tout ça , ne mène à rien. Une planète folle, où règne le chaos. Je ne vois rien autour, que souffrance et misère, Monarques corrompus  et climat délétère. Partout se dressent les buchers, attendant l'hérétique. les poètes sont morts, ou rentrent en politique. Le pouvoir et le fric, guident la république. Nos dieux sont de plastiques, bourres d'électroniques. Nos amis virtuels, nos amours ludiques. Un monde artificiel,vide, sans le moindre arc en ciel. J'attends, sur la terre noire, j'attends juste l'espoir.

CHOMEUR

Tous les matins, que le diable nous fait,
tu retournes au travail, atelier ou bureau.
Tu chasses la fatigue et redeviens parfait.
Elle est dure la vie, quant on n'est pas là haut.

Un soir, comme un autre, c'est la gifle, la claque,
ta vie va basculer, tu a ouvert la lettre, le sinistre courrier.
Tu deviens inutile, obsolète, juste bon à jeter dans le lac.
Aux ressources humaines, c'est ton nom qu'on choisit d'effacer.

Pour plus de profit, c'est la facilité , réduire les effectifs,
les actionnaires jubilent, les bonus vont grimper.
Tes mains habiles et ton cerveau agile sont déjà oubliés.
Te voila inutile, que dire à ta femme, et que dire à tes fils.

Ton patron, le pouvoir et l'argent ont eu raison de toi.
Dans les tours de verre, l'humain n'existe pas,
c'est un jeux maléfique, où il fait bon tricher.
Ici pas de miroir, justes des courtisans, le regard des banquiers.

Tu pensais être juste et honnête, tu apprends le dédain.
Tu a perdu ton nom, gag…

Novembre

(à Kevin) Le ciel était si grand,
il n'avait pas vingt ans.
Des amis, des amours,
il avait la promesse.
Vivant jour après jours,
une folle jeunesse. 
Mais la mort, cette chienne,
l'attendait au tournant. 
Il est parti ailleurs, 
cet homme, cet enfant.
Après les larmes, et la douleur.
Il dort presque paisible,
dans le ciel de Provence. 
Il est là, dans nos cœurs, 
éclatant d'innocence. 
Juste fermer les yeux,
et sentir sa présence.
Il fait un long voyage vers un autre rivage.
emportant notre amour, comme unique bagage.

ORGUEIL

A celles que j'ai croisé, mal aimé, ignoré,
à ces grandes marées,sur le sable échouées.
Celles qui m'ont cru, pourtant abandonné,
pour suivre solitaires, leur vie pleine de doute,
leur amour suffisant pour continuer la route.
A ces femmes félines, à leur parfum magique.
Tous ces amis perdus, à leurs mots électriques,
qui éclairaient ma vie quand elle devenait sombre.
Moi je marchais tout seul, en poursuivant mon ombre.
Trop orgueilleux pour daigner m'arrêter,
Superbe solitude, si belle mais si rude.
Que sont elles devenues, passagères éphémères,
juste laissée leurs voix tendres et leur sourires amers.
Mais le temps à passé, d'un revers de la main,
il a tout effacé, alors je reste seul avec leurs souvenirs.
Si je pouvais encore le refaire, ce chemin
juste une dernière fois, partager l' avenir.
Tout ce qu'elles savaient et que je ne voyais pas.

EQUILIBRE

C'est une histoire barbare,
lovée comme un fœtus au fond de ma mémoire. je ne fais que marcher sur le fil d'un rasoir,
équilibre précaire, entre le subtil espoir
et sombre désespoir, le jour le plus noir.
Le balancier du temps, oscille quand je dérive,
d'un coté ou de l'autre de ses funestes rives.
Visages amicaux , terres inhospitalières,
J'hésite de l'un à l'autre , avec la même fièvre.
Je dois juste avancer, rester droit, rester fier.
Sans me préoccuper des couleurs de l'enfer.
Sur le long fil d'acier, la fatigue me guette,
ici pas de repos, je dois garder ma tête.
Le pas devient plus lent, mais j'avance toujours, pour éviter la chute, j'accumule les jours,
ceux de la solitude, et ceux du grand amour.
Mais que faire à présent, c'est le compte à rebours.
J'ai beau fuir le néant, il me poursuit sans cesse.

ECRIRE

La nuit. la nuit et le silence, pour aligner les les mots, là, sur la page blanche. En ordre bien rangés, les agripper les mots, avec connivence. Écrire, amour, aurore,  soleil pâle sur ton corps. Mots d'amour ou de haine. Écrire le retour, et la mort en partance. Écrire encore, toujours, mots magiques et mots creux, mots du diable ou de dieu. Écrire le bien, le mal, encre noire, encre rouge. la chaleur de la nuit et tout ce sang qui coule. Écrire pour se taire, écrire pour parler. Écrire  pour inventer, écrire pour oublier. Écrire je, écrire nous, écrire lui ,écrire toi. Ne pas désespérer des phrases, du silence, se laisser engloutir, dunes des pages blanches. Pour s'échouer enfin, à l'ultime rivage, il est déjà trop tard, c'est la fin de la page.

CHU

Hall vaste et désert,
ascenseur très rapide,
qui monte vers l'enfer.
Des corridors glacés,
miroirs multicolores.
Juste au fond du couloir,
la fin de l'univers.
La grande porte rouge,
qui ouvre sur la mort.
Et l'amour et le corps,
tout défile à l'envers.
Plus jamais de demain,
il ne reste que hier.
Et le silence pur,
Et la beauté d'un père.