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Articles

Affichage des articles du août, 2009

MASAÏ

Il est debout, seul, aussi droit que sa lance.
A ses pieds , l'herbe jaune, au grès du vent balance.
Devant lui le ciel blanc et son lit de silence.
Il porte un manteau rouge , à ses poignets l'argent.
Derrière les épineux , le lion s'impatiente.
Les muscles sous sa peau, saillent, négligent la prudence.
La savane se tait, c'est un Masaï, elle sait.
Immobile, il est là, ses gestes souples et lents.
Plus loin, cherchant l'ombre d'un baobab géant,
sa compagne est présente.
Aussi droite que lui, belle comme le néant.
Brûlante et sculpturale, son guerrier elle attend.

THAI

Courbée dans la rizière, elle a le corps si fin.
Sous un large chapeau,
sa brune chevelure , se détend et ondule.
Elle travaille en silence,
se coule dans l'air pur.
les deux pieds si jolis,
se cachent dans la boue.
Et de ses mains agiles, elle arrache et replante.
Plus loin dans l'herbe verte, un buffle gris attend.
C'est le jour qui s'achève, et la nuit qui descend
embusquée derrière les collines bleutées.
C'est l'heure du thé si fort, qu'il en est presque noir,
et de ses mains aimées , c'est son verre qu'elle me tend.

BRAVERY

L'aube blanche et glaciale.
La lisière d'un bois, au pieds d'arbres si hauts que le soleil s'y noie. Alignés immobiles, les chevaux noirs,
lourdement harnachés, en ordre de bataille.
Armures étincelantes,étendards déployés,
striés d'or et d'azur, par le vent, agités.
Grondement de leurs sabots géants, qui martèlent le sol où c'est durcie la neige.
Hennissements lugubres qui sortent de leurs flancs.
Lumière folle hésitante, qui s'accroche aux lances, aux boucliers d'argent.
Et puis d'un même élan, chevaliers sans visage, au sein de la bataille.
Vent glacial, tournoyant,  sur le cri des mourants.
Fracas des épées de métal et d'estoc et de taille. Écarlate le sang qui jaillit des blessures, en filets scintillants. Le sol rouge à présent où se mêlent sanglants,
le corps des morts et celui des vivants.

PUNTA DEL ESTE

La fenêtre est ouverte.Et le jour qui se lève,vient déposer moqueur,sa lumière parfumée sur le plafond usé.Ventilateur en panne.Une chambre déserte,où les mots s'entrechoquent.Un bruit, un grand silence,quand tu fermes la porte.Les draps blancs déchirés, où ta fièvre m'emporte.et le pâle silence qui coule jusqu'au port,grave en capitales , les courbes de ton corps.

NOCTURNE

Égarés dans la nuit, le feu sous nos paupières. En oubliant le jour, nous faisions marche arrière, nous remontions le temps dans le fond de nos verres. Un saxo dessinait de sombres arabesques, déchirait le silence et emplissait la pièce. Nous cherchions des fantômes, fumée de cigarettes. Il est des moments rares, là ou le temps s'arrête. Nous laissant si tranquilles, la douleur immobile. Des instants si furtifs, en paix avec nous même. Le jour est revenu, ramper sur la fenêtre, la pluie qui l'accompagne glisse sur nos visages et nous laisse hagards sur le trottoir humide.

LA ROUTE

Quand je sens mes épaules alourdies par le doute, je marche un peu plus vite et je trace ma route. Je regarde en arrière, recherche des repères. le chemin est si long, il décrit tant de boucles. Les jours succèdent aux jours avec la même fièvre, mais j'irais jusqu'au bout où le soleil s'achève. Si la nuit me rattrape, lorsque le jour dérape, ma pensée se dilue dans cette grande arnaque. Je rêve aux jours anciens, à la chaleur des miens. Là était le début, mais qui connaît la fin.... Il est tard, il fait nuit, j'ai sommeil et j'éteins. Peut-être que demain. Mais que l'amour est lourd, il fait un mal de chien. Ma démarche est moins sûre et je cherche sa main, retrouver le courage , aller jusqu'à demain.

NAUFRAGE

Bien trop tard,pour choisir, pour changer de désir. Et ses deux mains fragiles,à ma nuque agrippées, ont laissé sur ma peau ce chemin rectiligne, où la mémoire se tait. j'ai oublié les mots, Et ses lèvrescâlines, ont posé leur empreinte, dans le sang bouillonnant, qui court jusqu'à mes tempes. et son ventre nacré, ce soleil lent et lourd. Cet ultime voyage, c'est inscrit comme un astre, dans le ciel noir et sourd, où la nuit je naufrage.

CONTRE JOUR

Une ombre noir,un contre jour. Un cœur qui bat, comme à rebours. Sables mouvants du petit jour. Elle est partie....sans prévenir, sans dire un mot, et sans souffrir. Qui aimer , qui haïr? Et cette plaie ouverte où suinte le désir, cette paroi trop lisse qui surplombe le vide, m'habite comme un parfum entêtant, hypnotique. Et, je perds l'équilibre, bien au delà du temps avare et raisonnable. Suspendu dans le noir,je sais.Il est trop tard.

LEILA

Je suis là, si tranquille, au bord du silence.
Le regard fatigué au soleil qui disparaît,agile, derrière les dunes ocres où le désert vacille. Le vent chaud pousse le ciel immense. Sur le bord du grand erg, c'est le sable qui chante. Ici les gens se taisent, c'est pour mieux raconter. Il est doux ce silence et belle la fierté qui oublie l'arrogance. Elle, est là, animale et brillante, somptueuse et vaillante. Sur mon visage maigre, ma sueur elle dessine. Et si mes mains la touchent, comme une pierre brûlante, à la nuit elle saura m'attirer sous sa tente.

ABSENCE

Ces deux yeux noirs, limpides qui scintillent en silence dans ma tête éclatée.Et ses larmes salées qui ruissellent en cascade sur mes paupières brûlées.Et ses mots , ses silences et son éternité qui balancent en saccades dans mon cœur affolé.Les caresses volées et leurs regards glacés.Si je savais, trouver les mots, te faire croire que tout est beau, que je suis là.Inventer la douceur, la poser sur tes lèvres, me chauffer à ta fièvre , te voler la douleur.Mettre nos montres à l'heure et le temps qui se cache au fond des ascenseurs.Et la nuit qui descend sur la chambre déserte , c'est tes mains que je cherche.Quand la folie me guette, ton absence comme une ombre qui me colle à la peau.Cauchemar dans la nuit, un somnifère de trop, encore un bar ouvert,c'est le miroir aveugle du comptoir, qui me renvoi cynique mon pauvre regard pale,et je fuis dans la nuit faire la chasse aux étoiles.

AVANT

Avant toi, avant vous. je ne savais pas, qu'enfer et paradis étaient au même endroit. Que l'enfer c'était toi, quand tu es loin de moi. Et que le paradis, fragile, si tendre , si petit, n'existait que parfois, juste au creux de tes bras.

LA FIEVRE

j'ai laissé,tous les mots, où tu les a posé,sur le cœur, sur la bouche, a l'horizon des lèvres.des mots doux et légers,qui m'ont donné la fièvre,des mots brûlants et fous,qui m'ont fait croire au rêve.Tes silences si pleins,et tes lèvres si pleines,ton parfum dans mes veines,j'écrivais un poème et nos mains emmêlées,nous dessinais un ciel ou le temps se taisait.Et puis tu t'es lassée,et tu veux oublier.Alors,pour en finir plus vite,pour effacer ce monde ,où je n'étais plus rien.Tu m'a dis d'autres mots....Des mots factices et faux ,enrobés de mensonge,qui déforment la bouche , que touche une autre boucheet me déchirent le cœur,chaque seconde, chaque heure.

LES MOTS

Où s'en vont tous les mots. Une fois dis et redis,  hurlés ou murmurés. Mots d'amour et de haine. Ou s'en vont tous les mots , qui peuplent le silence , les mots qu'ont ne dit pas Et qui sont morts d'avance. Les mots qui sont partis dans l'éternelle errance, agrippés ou perdus, sur une feuille blanche.

HANIBAL LECTER

Un anthropophage a pris le mors aux dents. Et moi j'attends ici , gai comme un mort vivant. Ce que donne la vie, un jour il faut lui rendre, c'est un ami à moi qui vient de me l'apprendre. Il est parti en douce, quelques mots sur sa bouche. Le début de la fin ou la fin du début, selon notre croyance ou l'alcool qu'on a bu. J'écris ces quelques verres et quand j'aurais trop lu, j'irais en titubant voir le patron du bar, pour finir en beauté, par une mise en bière.