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Affichage des articles du septembre, 2009

MANBA

Je suis le manba noir, terrible et redouté.
Black manba de la nuit quand tu me vois ,
tu fuis. J'ondule en silence, dans les herbes jaunies.
Je glisse, aussi je rampe. Toi, debout tu palis.
je peux tuer d'un coup de mes crochets mortels.
Je ne suis pas cruel. je n'ai pas ta nature,
j'attaque pour me défendre, jamais pour autre chose.
Alors que toi, humain, tu fais tout le contraire.
La mort est dans tes gènes.
Tu cherche le pouvoir, et le profit sans cesse.
Ne sois donc pas surpris, qu'un jour, je te rencontre,
et qu'à mon tour sans honte, j'agisse comme toi.

CLANDESTINE

A Quenna et les autres... 
Longs tunnels de grillage, sur le rio Bravo  ou border patrol autour de Larédo.  Elle voulait tant partir, cherchait un devenir, de ce coin de l'enfer, essayait de s'enfuir.  A peine dix huit ans, et quitter le Mexique. Pour aller voir plus loin, le rêve américain.  Mais, les passeurs à fond, connaissent la tactique, un paquet de pesos, de la main à la main.  Elle était née sans rien, pas même un lendemain.  Alors à l'aube, avec les autres, elle a pris le camion, sur le métal brûlant elle a posé les mains, en surveillant sans cesse son maigre baluchon. Au milieu du désert, ont les a tous jetés,  Sans Diego ou ailleurs, tout était barbelé.  Elle a marché longtemps, zigzagué,  senti le dur soleil, dévorer sa peau lisse.  Mais trois jour ont passé, trois nuits à grelotter. Il n'y a rien à boire et plus rien à manger.  Plus de force, à la fin , elle est morte, épuisée. Elle a bu tout entier de la mort, le calice.  Elle aurait pu fuir Kaboul, pour…

ENCORE LES FEMMES

Mesdames, je vous le dis,
de l'univers entier, vous pouvez être reines. Vous êtes tendres et belles. Tour à tour, subtiles, cérébrales ou charnelles, mais vous savez aussi, être lâches et cruelles. Vous nous rendez idiots, d'un revers de dentelle, et nous perdrions tout, pour la courbe d'un sein. Un regard, une larme, et nous voilà perdus, de l'ombre à la lumière, du bonheur à l'enfer, et la terre sans vous, deviendrait un désert. Flatteuses ou médisantes,  vous êtes le poison, et le boire nous enchante. Courageuses et ardentes, quelquefois très méchantes, nous ne pensons qu'à ça, vous avoir pour amantes. Vos corps nous rendent fous, nous rêvons à vos ventres, à l'abri, bien au chaud, la plus belle des antres. Vous êtes toutes entières et prêtes à tout donner et nous pauvres couillons, ne pensons qu'à voler. Nous pensons être forts, mais la chair est si faible. Vous êtes le soleil, mais aussi la nuit noire, Et nous courons joyeux vers notre désespoir. Mesdames, je vous ador…

NOCTURNE

Certains soirs, sont secrets.Grands verres de cristal,
emplis d'un noir silence.
Lumières alanguies,
glissants des lampadaires.
Et tes talons luisants,
qui sur le trottoir dansent.

LA FEMME A SA FENETRE

La photo, d'une femme, là devant la fenêtre.
Mince et droite , elle redresse la tête.
La lumière du dehors dépose sa poussièresur la chevelure brune, cette noire crinière.Vêtue d'un pull violet, elle ne voit pas dehors,
une main fine et blanche, posée le long du corps.
Elle regarde au dedans, cherche t' elle un trésor?
D'où émane cette étrange tristesse, ce pâle reflet d'or.
Sa bouche c'est fermée sur la mélancolie.
Le photographe a dit, là, c'est bon, j'ai fini.Alors elle a bougé, puis la vie a repris.
Juste une parenthèse, après, elle a souri...

SOIR

Presque désert le bar, son néon vacillant,
éclaire faiblement la rue noire et déserte.
le long comptoir de zinc, ses tabourets brillants.
A l'autre bout, peau bronzé, robe verte,
assise, solitaire elle contemple son verre.
Je suis là, moi aussi, elle a bougé la tête.
Sa brune chevelure, pareille à la tempête,
coule sur ses épaules et m'invite peut-être.
Un autre homme est entré, la porte c'est ouverte.
La fille le regarde, elle a les yeux dorés.
Longues jambes croisées, vers lui, son corps tourné.
Assis à côté d'elle, il s'est mis à parler.
Ensembles ils sont levés, moi je vais m'en aller.
J'attends d'elle un regard, à quoi bon espérer.
Bras dessus, bras dessous, devant ils sont passés
J'ai entendu derrière , la porte noire claquer.
Il est temps de sortir, demain je dois bosser
Je vais aller dormir, seul , à la brune rêver.

EPHEMERE

L'aube est venue, tranquille , m'arracher au sommeil.
A travers les carreaux de l'unique fenêtre,
J'aperçois le ciel gris, le bien triste soleil.
C''est le café brûlant, la première cigarette.

Quand je regarde en bas, je vois la rue déserte.
Quelques minutes encore, de ma vie je suis maître.
La maison est vide, elle reviendra peut-être.
Son parfum toujours traîne, femme vive et alerte.

Elle est partie trop tôt, je suis venu trop tard.
Relation éphémère, sur le fil du rasoir.
Inconnue, vagabonde, je croyais notre histoire
Sa peau douce et ses mots s'accrochent à ma mémoire.

Mais, voilà, je suis seul, elle a volé mon âme.
Le quotidien est là, déjà il me réclame.
Escorté de fantômes, quand la nuit reviendra,
j'irais à sa recherche, je la veux dans mes bras.


GENESE

L'infini, toujours l'infini,Dieu se lassait.Alors, un matin,un soir, j'ai oublié....Au beau milieu de l'éternité, il posa le début,plus loin, à peine plus loin, la fin.Cette parenthèse dans le néant était belle équilibrée,mais froide, triste et immobile.Alors, plus tard, il créa l'homme, la femme, puis les posa là, entre le début et la fin.D'abord, tout se passa bien, l'homme neuf se trouvait bien puis vint l'ennui.Plus tard la réflexion fit elle aussi son apparition.L'homme compris qu'il ne pouvait se déplacer dans cet espace que du début vers la fin, le contraire était impossible. Sa vie avait un sens , mais un sens unique.Surpris , puis désespéré, il se mit à chercher le début, tout en essayant en vain, d'oublier la fin.Rien ne tournait rond, lignes courbes, brisées, corps de femmes, seulement une ligne droite.Propulsé en avant, il avançait à regret, jetait des regards furtifs en arrière et son existence toute entière en était transfo…

DORS............

Dors, dors encore et si le petit jour blême vient heurter les carreaux, éclairer ta nuit blanche, comme la lumière qui vient d'en haut, déposer sa poussière au soleil de ta peau, dans le creux de ta nuque, le velours de tes hanches. Dors encore. Blancs, les draps tout autour, sur le lit, qui caressent tes mains, roulent autour de tes reins, se réchauffent à ton ventre, imaginent et inventent. Laisse tes paupières closes et sur tes lèvres pâles ou le désir repose, j'irais comme un voleur, y déposer furtif , la caresse de l'aube,
et du temps qui se meurt.

MEKTOUB

Une étoile filante crève la galaxie et tombe chaque soir, c'est le temps qui s'enfuit. Milliards d'années lumière, chacun a sa misère et chacun son enclos. Dormir bien en silence et garder le cœur clos. je mesure la distance qui grandit quand j'avance. Je voudrais tant donner, j'ai les poches percées. J'ai beau dire et beau faire, pour la changer la vie. Mais le destin l'a dit, mektoub, c'est écrit.

PERDU

Porte entrouverte,
un baiser fuit,
glisse en silence,
jusqu'à ta joue.

Baiser volé,
qui devient fou,
quand il s'égare,
jusqu'à ton cou.

Baiser donné,
comme un murmure,
jusqu'à tes lèvres,
sans détour.



Baiser reçu,
au premier jour,
comme allumette,
d'un fol amour.

Baiser perdu,
évaporé,
au coin du jour,
comme un regret.

INUTILES

Inutiles, les mots
les murmures, les silences.
Inutiles, les cris,
la passion, la prudence.
Inutiles , les larmes
et le jour et la nuit.
Lorsque mes mains te cherchent,
je me demande encore
si tout n'était qu'un rêve,
et si le rêve est mort.

JUSTE UN SOIR ORDINAIRE

Tranquille, assis sur la marche de pierre, la cigarette au bec, à la main une bière. Je regarde mes pieds, sans penser à demain. Puis le soleil descend à la fin du quatrain. La journée se termine et le jour abandonne, fatigué lui aussi, d'éclairer tous les hommes. La nuit arrive en douce, j'ai froid et je frissonne. Retour à l'intérieur où la télé bourdonne. Les pubs qui s'enchaînent, les mauvaises nouvelles, les bandes annonces arrivent, promettent des merveilles. Scoops et révélations m'écorchent les oreilles. je zappe sur un film, ah que la fille est belle. Un soir comme les autres, une vie linéaire. Je sais depuis longtemps que dieu est un faussaire. Si j'avais le courage, je foutrais tout en l'air.  Alors je vais dormir, comme un mec ordinaire.

MON ANDALOUSE

Belle comme un soupir , elle m'invite à venir.
Elle aime mes yeux pâles, traverser à son bras,
les jardins de Grenade,visiter le désir.
Sa chevelure est noire, comme le ciel d'Altaïr.
La peau brune est si douce et si douce la bouche.
L'aurore va venir, mais il fait chaud encore.
Et la sueur qui perle, sur la poitrine fière,
Le corsage est si blanc et noire la longue jupe.
Sa voix est tendre et rauque, elle me parle d'amants.
Douceur vespérale, Une nuit de printemps.
Les fleurs du jardin mille parfums exhalent.
Jambes longues fuselées, j'aime la voir marcher.
Avec elle, j'irais partout, de Séville à Cordoue.
Son sang carmin palpite, c'est le sang de l'Espagne,
il coule dans le mien , je l'aime cette femme.
Pour finir cette nuit, mains brûlantes et doigts fins
Ces yeux verts dans les miens, fière, elle à dit vient !

SANS PAROLE

Maigres comme des loups, nous marchions. Tête basse, assommés de fatigue, au bord de ce layon. Les épaules meurtries par le sac trop lourd, nous rêvions en silence au corps chaud d'une blonde. Dans cette nuit propice, qui nous masquait au monde. Nous avancions sans hâte, vers le lever du jour. Chacun surveillant l'autre, nous gardions la distance. L'obscure solitude aiguisant tous nos sens, nous étions prêts à tout, au meilleur, comme au pire. Au bout de ce sentier, attendait l'avenir. Enfin nous arrivâmes à la lisière du bois. Les paroles étaient rares et les gestes précis. La clairière immobile et nous l'étions aussi. Lorsque l'aube arriva, l'hélico était là et ses pales géantes découpaient l'air si froid. Courbés, nous courions, presque heureux. Odeur de kérosène, de sueur, d'impatience, assis l'un contre l'autre,sur le sol de métal, inoubliable instant, le ciel rouge sur la porte, enfin l'engin se cambre, hurlement du rotor. La forêt…

LE PEINTRE

La toile blanche attend,il est midi déjà,
le soleil s'accroche au chevalet de bois. 
Il arrive titubant, des flammes dans la tête. 
Au bout des bras il tient, des pinceaux, la palette. 
Autour la Provence, mais lui ne la voit plus, 
le mistral glisse autour et s'agrippe au cerveau.
De ses doigts lourds, il jette sur la toile, 
le ciel qui tourbillonne,
bleu de cobalt et blanc de plomb ,
pour finir cet enfer, une touche d'outremer. 
Le sang du vermillon, jaune d'or ou cadmium, 
pour les fleurs solaires, qu'il arrache au désert.
Feuilles plates,tiges longues, le vert de viridian,
son frèred'émeraude, avant le délirium. 
Il rentre halluciné, fatigué et tranquille, 
la toile blanche, de couleurs , éclatée, 
dans un coin de la chambre, jetée comme un échec. 
Finir, la nuit dans le vieux café d'Arles, 
se noyer,enfin dans le vert de l'absinthe
et mener sa folie jusqu'au bout de l'ivresse.

LA NANTAISE

Elle est là, solitaire, sur le port, assise sur la pierre, où glisse la lumière. Elle a clos ses paupières, pour larguer les amarres, mais le vent du grand large, se cache bien derrière Il court dans le brouillard, s'attarde sur les docks. Et son homme est en mer, il veut doubler le Horn. Alors, elle attend là, accrochée au granit A l'autre bout du monde, où l'océan s'agite, Son marin tire des bords, la vague va trop vite. Enfin, la déferlante ne veut pas qu'on l'évite. le bateau part en surf sur la vague géante. La fille serre les poings et respire avec peine. Là bas , loin vers le sud, si le vent a forci, c'est pour mieux dissiper les pleurs de sa reine.
Il est mort, sans la peur, dans la forêt d écume. Et parfois je l 'entends cette corne de brume, qui déchire la nuit et fait pâlir la lune.