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Affichage des articles du septembre, 2010

LE GUÉ

Dur de la traverser, sans les pieds se mouiller. Tout au long d'une vie à rechercher un gué. Longtemps longer la rive, de l'aval à l'amont. De l'hiver à l'été, de sueur à frissons.
Fleuve tumultueux, tourbillons et remous. Assis au bord de l'eau,  j'observe aussi, je guette. J'attends une compagne, une amie ou un traitre. Souvent tendu la main, sans rien trouver au bout.
Pourtant je dois le faire, ce périlleux voyage. La jungle et le désert n'aiment pas les bagages Je n emporte avec moi, que ce que je sais faire. Qui donc est prêt à suivre, sans aucune manière
Profitant chaque jour, du soleil et de l'ombre. Partager un repas, ce que l'on m'offrira. Un lit, un peu d'amour, la douceur de ses bras. Ou le rire carnassier d'un homme au regard sombre.
Je dois aller plus loin, qui marche derrière moi? Des remords, des regrets, même l'honneur parfois. Je n'ai rien à offrir, juste mon âme et mon pâle destin. Ce soir il est bien tard, voila déjà dema…

LUMIERE

Je suis fait d'ombre, elle est lumière Un mécréant, elle est prière. Comme deux aimants se repoussent, Ange déchu, elle si douce.
Mon âme est rapiécée, habile couturière. Le visage marqué de mille cicatrices. Me regardant en face, elle fut la première. Cheminant avec moi, au bord du précipice
Je suis fait de silence, elle devient confidence. Vêtu d'un noir malheur, d'une noire violence. Tempête sous un crane, si j'ai le cœur en panne. Elle me ramène au monde, sous sa robe diaphane.
Je deviens chercheur d'or, elle offre corps et âme. Émergeant de la boue, je vois enfin, la  femme. Elle me libère alors, de mes maux, de mes vices. La caresse légère, de ses mains si complices.

NAUFRAGE

Si longues nuits d'errance Bien sombres confidences, dessinant les visages, de ces hommes sans âge
Échoués ça et là., je sentais leur présence. Le passé ne meurt pas, masqué par l'ignorance.
Tous ces hommes croisés, escortés de souffrance. Tous ces verres vidés, emplis de noires romances.
Ces bars presque déserts, chaque nuit, chaque enfer. Accoudés, cote à cote, nous recherchions les nôtres
Jetés sur cette terre, A essayer en vain, Chaque nuit, de refaire, le chemin à l'envers.
Nous connaissions la fin. inutile chemin. Nous avancions sans rien, vers l'inutile destin.
Compagnons de voyage, Trop certain du naufrage, Nous avions le courage. Du temps, nous restions les otages.

ARGENTIQUE

Lampe rouge. Chambre noire. Son corps nu, invisible. Au fil des minutes, sur le papier dessine Des courbes, des reliefs. Un grain de peau fragile. Le néant, elle déserte. Dans l'obscur labo. Je la vois apparaitre. Elle émerge de l'eau. elle est là, toute entière. Que son regard est beau. Suspendue à un fil, elle sèche, ma photo. Magique noir et blanc. J'ai refermé la porte. Elle est au bar, en bas. Pensive et silencieuse. C'est elle, le modèle.


FRERE

Ou s'en est t-il allé, ce grand ami, ce frère. Vers quels maléfices, vers quel terrible enfer. La dernière cigarette, l'ultime goutte d'eau. Nos esprits acérés comme lame de couteau.
Dans la nuit, solitaires, nous avions partagé. L'absence et la douleur, sans jamais renoncer. Celui qui écoutait, pourtant savait se taire. Pour le plus périlleux, toujours volontaire.
Il avançait serein, avare de questions. Que savions nous de lui, tout au plus son nom. Il traversait la vie, scintillante comète. Les poèmes et l'action bataillaient dans sa tête.
Il est parti, un soir, sans nous dire au revoir. Disparu à jamais, happé par la nuit noire. Emportant avec lui, nos rires, nos espoirs. Ce grand ami, ce frère, éclairait comme un phare.

EPISTOLAIRE

Oubliée et superbe,  patiente correspondance. Entre elle et moi, subtil, désir épistolaire. Chaque jour, l'encrier et la plume s'élancent. Somptueuses arabesques, habiles et solitaires.
A l'encre noire, en pleins et déliés, c'est son corps qu'elle m'envoie. C'est sa chair adorée, ce papier parfumé. Ses mots sont des fenêtres où je l'entraperçois.
Ses longues phrases tendres, et surtout ses silences. Ses muettes promesses, ses folles confidences. Si la poste est en grève, c'est mon sang qui se glace. Je tourne en rond, hagard, je ne tiens plus en place.
Je dois rendre réponse, quelle angoisse divine. Lui raconter ma vie avec des mots choisis, partager avec elle, mais, je pense à son lit. Elle est femme et je sais, mon désir elle devine.
La missive est partie, folle étreinte à l'absence. Nous connaissons tous deux, ce à quoi l'autre pense. Secrets préliminaires, qui sur le papier flambent. Lorsque j'écris un mot, je caresse ses jambes.
Sans doute pensez vous…

SHERPA

De cette femme hautaine, me voila le sherpa. Je transporte avec moi, son amour et sa peine. Bien pénible ascension, vers la résurrection. A moi les précipices, pour elle, les délices. Brisés ses hauts talons, proche de l'abandon. Tout au bord de l'abime, ce sont nos corps qui vivent. Son âme à la dérive, elle s'acharne à me suivre. Quand la piste est plus large, Nous marchons côte à côte. Comme roulis et tangage. Que la montagne est haute. Devant le crépuscule, le soleil se tait, à regret, rougeoyante, sa lumière disparait. Nos cœurs emmêles, heureux et malheureux. L'un à l'autre attachés, nous regardons les cieux.

AUTOPORTRAIT

Est-elle devant, où derrière le miroir. Était ce le matin, où bien déjà le soir. Sa tête s'est inclinée, par la lumière frôlée La brune chevelure. casque de la pensée. Les yeux au fond des yeux, que semble-t-elle chercher. Son âme est déchirée, comme un miroir brisé. Autoportrait, puzzle, fait de milliers d'éclats, de moments difficiles, de malheurs et de joies. Portrait en équilibre, les remords, les regrets. Elle garde au dedans, la douceur et l'amer. La belle femme brune, inscrite en clair obscur. Silencieuse à présent, elle vit sur un mur.

DUNES

Saisir l'insaisissable. Et croire à l'incroyable. Boire l'imbuvable. Et vivre l'invivable. Silencieux et affable. Dans le pays du sable. Grand souffle minéral. A pied ou à cheval. Se croire seul et multiple. Être vif, apathique. Oublier son égo. Être laid, être beau. Basculer d'une dune, pour voir une autre dune. Délaisser la rancune. Marcher sans hésiter, du soleil à la lune. Apprendre et oublier. Suivre ces milles traces, où je passe et repasse. Effacées par le vent, plus d'après, plus d'avant. Heureux et malheureux. Du désert l'enfant. Le soleil plein les yeux.

CLAIR OBSCUR

Visage d'ange, que le regard dérange. Ovale fin, corps infini, à la Botticelli. Longues mains, sourire étrange. Transparente le jour, lumineuse la nuit.
Femme oubliée des heures perdues. Robe de soie, posée sur la peau nue. Canapé noir, bouche ourlée animale, Mille fois désirée, entre le bien, le mal.


Muse, égérie, d'un poète maudit. Lourd parfum capiteux, reste accroché au lit. Femme d'ombre et sublime. Au fond de tes yeux sombres, je cherche encore la rime.
Elle semble si fragile, nue, comme un serpent, lovée. Brûlante son étreinte et ses lèvres adorées. Dans cette chambre obscure, c'est sa féminité, qui promène son âme dans mon âme égarée.