samedi 30 janvier 2010

HAITI

Vivants et morts, comme emmêlés,
béton, acier tordus, enchevêtrés.
Ciel noir et poussière grise.
Ici le chaos a posé sa valise.
Membres déchiquetés, corps désarticulés,
noire est la peau, rouge le sang répandu.
Par milliers de milliers disparus,
la terre a bougé, mais qui peut s'opposer.
Cris et larmes unis, la funeste musique.
Lui a perdu sa fille et elle son mari.
On entasse les morts, dans un ballet tragique .
Assis dans les gravats, ils pleurent les petits.
Secours venus du monde entier,
posant leurs grandes ailes,
sur le béton brisé de ce monde oublié.
Réunis par l'urgence, ils répondent à l'appel.
Partout les journalistes jouent à se mettre en scène,
qu'il est beau le malheur, l'audimat, il déchaine.
Secouristes épuisés qui creusent dans la peine.
L'adrénaline folle qui coule dans leurs veines.
Là un gémissement, juste sous le ciment,
l'arracher au néant, le sortir du malheur.
Des heures d'effort, tous pensent à l'enfant,
le voilà dans les bras de l'heureux sauveteur.
Hagards et ébahies, rescapés, tous ils prient,
formant de longs cortèges, leur dieu ils remercient.
Catholiques, vaudou, religions d'Haïti.
Le baron Samedi les a laissé en vie.
C'est un pays maudit, depuis des  décennies,
Dictateurs et cyclones, leurs ont déjà tout pris.
Il ne leurs reste rien, que leurs bras et leurs mains.
Faim et soif les tenaillent, la peur du lendemain.
De l'autre coté de l'île, un bateau de croisière,
chargé de blancs touristes, est prêt à faire escale,
une plage de sable, et ce soir le grand bal.
Un homard, du champagne, on oubli la misère.
Sur nos écrans plasma, elle est riche en couleurs,
la mort elle est jolie, on ne sent pas l'odeur.
Coincée entre deux pubs, au moment du repas, 
La vie et le trépas, repassez moi le plat...

jeudi 28 janvier 2010

Michelangelo di Buonarroti

La sueur qui lui brûle les yeux,
le marteau est si lourd, ou c'est lui qui est vieux.
Le marbre blanc éclate, sa main serre le burin,
et ses doigts engourdis, impatients de douleur
cherchent à dégager de sa gangue de pierre,
cette femme parfaite, de l'instant éphémère.
Il caresse, il effleure, la forme originelle.
Il frappe comme un fou, le fer contre la roche,
il cherche l'éternel, efface la poussière.
Et la pointe d'un sein, puis la cambrure des reins
émergeant de la pierre, il souffre et se sent bien.
Quand les cuisses apparaissent,
c'est presque une promesse.
Encore un verre de vin et le jour disparait.
Et c'est le corps meurtri , qu'il regagne son antre.
Il rêve à son visage, et s'endort comme un ange.
Dieu que le ciel est beau, dans la nuit de Florence.

mardi 26 janvier 2010

VOYAGE

Si, j'étais le prochain sur la liste? 
A qui ferais je donc la dernière visite.
Tout au long de la route,je n'ai rien amassé. 
Hormis des cicatrices et de tendres baisers. 
J'ai voyagé léger, nul besoin de bagages, 
pour transporter toujours, leurs sourires, leurs visages. 
l'or bleu de leurs regards, quel superbe attelage. 
J'ai glissé sur le vent, fais la chasse aux merveilles,
gardé au fond de moi, la brûlure du soleil. 
Rencontré des seigneurs et des hommes d'honneur, 
des femmes courageuses, aimé des enfants rois. 
Oublié tous les autres , les cupides et les lâches. 
A quoi bon tout le reste, je n'ai rien,mais j'ai tout 
et cela ni le diable, ni dieu ne pourront me le prendre.

jeudi 21 janvier 2010

SOLA...


Sola base, sobre la tierra ocre,
vestido ligero, color de sangre,
piel marrón, y cabello negro.
El viento tibio secó sus lágrimas
su hombre fue, reanudó las armas.
Entonces lo bonita espera,
pero cuando la noche vuelve ,de nuevo,
llora en silencio, la mujer solitaria.
Siga siendo sola y perdida.
Sola ...

dimanche 17 janvier 2010

A7

Voile épais d'encre bleue,
que déchirent en surface, 
deux cônes lumineux,
qui écrivent ma trace.

Autoroute rectiligne,
s'étire dans la nuit,
pare-brise  immobile,
où vient mourir la pluie.

Long moment de silence,
c'est à elle que je pense.
Voila, elle m'a quitté,
je suis parti rouler.

Dans ma bulle d'acier,
j'ai pris de la vitesse.
Sur l'asphalte mouillé,
Je dérive en détresse.

Mon amour, ma Laura,
m'a laissé au péage.
Son parfum me suivra,
le reste de mon age.

Je fonce vers l'oubli,
les yeux mouillés de rêve.
je repense à nos nuits.
Devant le jour se lève.

mardi 12 janvier 2010

SALE TEMPS

Un sale hivers, qui casse le moral,
neige blanche et nuit noire, 
verglas brillant et froid glacial.
Lentement chaque jour, il devient ténébreux.
les matins sont plus sombres, profondeur abyssale.
Il est bien loin le temps, que l'on croyait heureux.
Impossible de savoir quel grand mal le frappe,
dans l'ombre, il se tait et reste silencieux.
Tous ses éclats de rire sont passés à la trappe.
Ne parle presque plus, le regard dans la brume.
Assis dehors au froid, il contemple la lune.
et le vent a gelé les larmes dans ses yeux.

samedi 9 janvier 2010

PARTIR

Accoudée au bastingage d'une nouvelle vie,
des ses beaux yeux brillants, elle fixait le grand large.
debout le cœur en panne, le quitter se pays.
Tout oublier, enfin et partir sans bagage.
Au plus profond de soi, le puiser ce courage,
Il sera votre guide au milieu du naufrage,
Epuisé, mais vivant sur un nouveau rivage.
Le respirer enfin l'air brûlant et glacé de l'ailleurs,
les compteurs à zéro, mettre sa montre à l'heure.
Amis, amours, parents, richesse ou pauvreté,
un jour, d'un seul coup, tout perdre ou tout  gagner.
Réapprendre peu à peu, tous les mots oubliés,
ceux que l'ancienne vie, vous avait dérobé.

LIBANAISE


Le centre de Paris, navette pour Roissy,
c'est là que je l'ai vue, deux énormes valises.
Elle peinait en silence pour monter ses bagages,
l'autobus était prêt, j'ai pris le lourd fardeau.
Installée dans le bus et suis resté debout.
Elle m'a dit merci, un sourire de soleil.
Elle était Libanaise, brune, belle et paumée.
Une fois arrivés, bien trop court ce voyage,
grands panneaux d'affichage, trouver l'aérogare.
Elle partait à Beyrouth, je rentrais à Marseille.
J'avais du temps encore, alors je l'ai guidé,
jusqu'à son terminal, ensemble le chemin.
Bagages enregistrés, nous restions à attendre,
elle demanda mon nom, et voulu mon adresse,
jouant les mystérieux, ténébreux, anonyme,
je le ne lui est offert que mon pâle sourire.
elle ne sait rien de moi, et j'y pense parfois,
et je maudis tout seul mon orgueil imbécile...

samedi 2 janvier 2010

PARDON!


Suis je vraiment un ours, où les autre sont bêtes,
attendre un jour précis, une heure pour faire la fête.
Dépenser tant d'argent, pour une année qui change,
Embrasser tous son monde, pour un calendrier
Tous ces vœux hypocrites, je hais cette coutume,
pardonnez moi ces mots, c'est un jour d'amertume.
Grande fête païenne, sans âme et sans pitié.
C'est un moment magique, mais la misère dérange,
le monde reste identique, seul un nombre à changé.
Je ne demande rien, juste un peu de pudeur,
ne pas boire le champagne, en face du malheur.
Occident gras et riche, continu de parler,
mais ne t'étonne pas si un jour, une année,
tout le reste du monde fini par détester,
tes beaux discours creux, ta planète en danger,
Pour les deux tiers du monde, qu'on voudrait oublier,
Qui ne demande juste pour réveillonner,
de l'eau claire, à manger, du travail et un toit.
Le strict nécessaire, pour vivre et puis s'aimer.
L e sourire des autres serait ma fête à moi.