vendredi 30 juillet 2010

RUPTURE

Des larmes qui glissent de tes yeux,
comme le sang d'une blessure.
Des mots cinglants, une brûlure.
L'épais silence entre nous deux.
Un jour blafard qui se fissure,
le noir présent d'une rupture.

dimanche 25 juillet 2010

MATIN CALME

Le ciel bleu qui ruisselle,
jusqu'en bas des collines,
s'étale jusqu'à la ville.
Pose ses grandes ailes,
sur le jour qui commence.
Odorantes fragrances,
bonheur de l'ignorance.
Kaboul, Karachi,
Kandahar, c'est écrit.
Ces villes de soleil,
qui regorgent de vie,
jusqu'au fond des ruelles.
Puis déchirant l'air pur,
d'un seul coup le futur,
nous explose à la tête.
Et les corps déchiquète.
La mort tient sa vengeance,
elle suit les ambulances.
Masquée par la fumée,
elle n'a pas de pareille.
Du ciel noir à présent,
c'est le sang qui ruisselle,
entre les corps d'enfants.
Dans ce cratère béant,
retour vers le néant.



mercredi 21 juillet 2010

METISSE

Longs cheveux de soie noire,
et ses grands yeux si clairs.
Deux étranges miroirs,
reflétant tour à tour, paradis et enfer.
Elle attendait le soir, que le ciel soit nuit.
Trainait sur les boulevards, errait en plein Paris.
Promenait nonchalante, longues jambes cuivrées.
de plus d'un, le regard, elle avait attiré.
En fuyant la misère, elle avait fuit sa terre.
Bitume noir et ciment gris l'avaient rendue amère.
Elle venait de Guyane,
agile comme une liane.
Petite fille de bagnard et d'indien Wayampi.
Prête à relever, cet insensé défi.
Arbres accrochés au ciel,
elle connaissait la jungle jusqu'à la canopée.
Côtoyait chaque jour, mille serpents mortels.
La jungle et son mystère, elle avait tout quitté.
Elle aimait la peinture, inscrite aux beaux-arts,
la nuit était serveuse dans ce sinistre bar.
c'est là que je la vis, mais c'est une autre histoire.


dimanche 18 juillet 2010

IMPACT

Elle me l'avait bien dit,
que je finirai seul.
Le chemin que j'ai pris,
est parsemé d'écueils
Plus ardu, chaque jour,
des remords, des regrets,
ralentissent ma course.
Tout ce que j'ai semé,
je ne vois rien qui pousse.
Le chemin se termine,
à quoi tout cela rime.
Assis sur le trottoir,
soudain il fait très noir.
Où sont ils à présent,
amis, amours, enfants.
Je les ai tous perdu,
suivre ma course folle,
personne, n'a voulu.
Cigarettes et alcool.
Si fatigué, si calme,
je l'ai encore mon âme,
et mon amour intact.
Avant le dernier saut,
je les trouve si beaux.
Je ne crains plus l'impact.

CITADELLE


Tu es ma citadelle,
mon pays des merveilles.
Portée par le désir,
tu t'égares jusqu'au ciel,
toujours prête à me fuir.
Colonne de chair mate,
toute entière gainée,
de la soie écarlate.
Subtile et parfumée,
Tu offres et tu dérobes,
artifices et délices.
A l'abri, sous ta robe,
le jardin des supplices.
Tes mains longues et fines,
m'ont tendu le calice.
Et j'ai bu le plaisir,
à tes lèvres carmines.
Dois je m'en repentir,
ma sultane si belle,
mon cœur, ma citadelle.

vendredi 9 juillet 2010

ERG

Quand le silence, enfin, a fini par rejoindre le ciel.
Que la nuit a couvert d'un voile noir, l'écarlate soleil.
Nos âmes libérées, décidées à quitter nos corps fatigués,
pour aller divaguer dans le sombre océan des invisibles dunes.
Écoute la nuit chante, elle bout avec le thé,
cette étrange complainte, qui monte jusqu'à la lune.
Libres de toute contrainte, superbe dénuement.
Allongés sur le sol encore tiède, les yeux au firmament,
nos esprits torturés trouvent l'apaisement.
Et le sommeil nous prend, nous sommes ses enfants.
Dans quelques courtes heures, le jour viendra nous rappeler,
nos lèvres desséchées et nos pieds écorchés.
Une longue journée sous le disque géant,
avant de retrouver à nouveau, la fin de nos tourments.

LES GISANTS


Juste mari et femme.
Et depuis si longtemps,
Allongés cotes à cotes,
ont dirait des gisants.
Le grand lit fatigué,
comme un tombeau géant,
d'où le désir a fuit,
oubliant les amants.
Deux corps de marbre blanc.
Ils dorment maintenant.
Engourdis par le temps.

lundi 5 juillet 2010

ATTENTE


Seul, au sommet de la dune.
Assis en plein soleil.
Le corps maigre et durci,
l'esprit est plus léger,
loin de ces choses vaines.
N'approchez pas, il mord,
tout entier habité par la haine.
Derrière ses yeux mis clos,
une triste rengaine
Il reste là, des heures.
de lumière, le linceul.
Il vit avec sa peine,
il attend qu'elle revienne.


VENIN


Ma fleur venimeuse,
mon beau serpent d'Afrique.
Patiente et dangereuse,
quand tu ôtes en silence,
ta robe de batik.
Oubliée la prudence.
Ton étreinte mortelle,
me fait toucher le ciel.
Et l'aube renaissante,
nous retrouve emmêles,
comme amant et amante,
dans un monde oublié.