dimanche 28 novembre 2010

AVANT

Lumineux jour d’avant ou sombre jour d’après.
Disparaissant le soir dans un verre de vin noir.
Accroché aux nuages, au matin je renais.
Dans le ciel éthéré, voyageur dérisoire.

De Baudelaire le spleen et le pâle idéal.
Nul mot sur la page, grand vide sidéral.
Elle est vide mon âme et bien froide sa flamme.
Mon cœur n’est qu’une ride où promène le drame.

Le brouillard de  l’hiver et ses lèvres  glaciales.
J’attends les jours meilleurs, agrippé à ma toile.
Toutes ces  longues nuits à tisser des étoiles.
A chercher un remède à cet étrange mal.

Avant, c’était avant, à l'horloge du temps.
Ma bouche était offerte à tes baisers gourmands.
Les jours passent si vite, effacent le présent.
Coincé dans mon passé, je te rêve et j’attends.

samedi 20 novembre 2010

SOURIRE

Rouge à lèvres, red lipstick.
Il me donne la fièvre, ton sourire magique
Est-il bien réel, ou juste un artifice.
Un pas vers le soleil, ou sombre maléfice.

Ton âme si légère, qui me porte le rêve
Lorsque jour s’achève, voila Adam et Ève.
A sa bouche  menteuse, à ses paroles creuses.
Je veux garder espoir, mais là, je broie du noir

Son sourire de gloss, pétillant et subtil
A fait de moi un gosse, aux lumières de la ville
A tes lèvres câlines, J’invente, j’imagine
Mon adorée, divine, ma reine, ma sublime.

Est-elle sage ou perverse, si la nuit elle me berce.
Quand je tire sur ma laisse mendiant quelques caresses.
Entre aller et retour, amour et désamour.
De tout, j’ai fait le tour, le saura-t-elle un jour.

Femme belle, femme libre, ton lourd parfum m’enivre.
Comment le découvrir, son grand livre et l’ouvrir.
Face à face nous sommes, elle femme et moi homme.
Une équation parfaite, à quand donc la fête ?

dimanche 14 novembre 2010

TU ME MANQUES.

Tu me manques, chaque jour tu renais de ta terrible absence.
Quand les autres bavardent, oublient d'être des hommes,
courage et tolérance, tu m'avais enseigné, avec le silence,
le prix de chaque erreur, ce qu'on prend, ce qu'on donne.

Quand ma petite main se cachait dans la tienne,
je me sentais si bien, âme d'homme, cœur d'enfant.
Cette douce chaleur, qui devenait la mienne,
me remplissait de force et je devenais grand.

Tu connaissais la vie, ses époques terribles,
tu étais bouclier, lorsque j'étais fragile,
Et patient professeur, tu mettais tout ton cœur,
à m'enseigner les mots, l'action, aussi l'honneur.

Quand les autres avaient peur, tu relevais la tête.
J'étais si fier de toi, et toi fier de moi,
tes secrètes souffrances, tu les gardais en toi.
Plein de charme et d'aisance, tu n'avais pas de maitre.

Ton cœur était si grand, qu'un jour il t'a laissé,
tu me manques chaque heure, toujours à mes cotés.
Et quand vient le doute et la peur son ainée,
Je sens encore ta main, ce qu'elle m'a enseigné.

jeudi 11 novembre 2010

IRLANDE

Dans mes nuits enivrées, je battais la cadence.
Du ciel déchiré, je buvais la violence.
Rues noires et rouillées, rendez moi mon enfance.
Leurs tenues camouflées et leurs balles traçantes.
Irlande écartelée, ce trop rouge dimanche.
Dans les pubs enfumés, nous rêvions de revanche.
Notre âme déchirée, nos gros pulls de laine,
Cachaient le sang bouillant qui coulait dans nos veines.
Toi la fière irlandaise, à jamais rencontrée.
Dans tes yeux verts de lande, j'avais tout deviné.
A ma belle guerrière, tes souffrances passées.
Les murs de briques rouges, et leur corps brisés.
Si ce temps est passé, apaisées les blessures.
Son corps contre le mien me ramène à l'air pur.

UNE VIE

Ni vainqueur, ni vaincu, certains partis trop tôt.
Entrevus, disparus, guidés par le chaos.
D'autres venus trop tard, accrochés au hasard.
Qui donc peut savoir, entre le blanc, le noir.

De cette étrange vie, frères ou ennemis.
mais qui donc a choisi, où sont ils mes amis.
A peine commencé, tout est déjà fini.
Qui croire, qui détester, c'est une loterie.

Un grand bal maudit, jalousie et envie.
Quand l'amour s'est enfuit, comme une maladie.
Laissant le grand lit froid, tant de nuits agitées.
Le diable s'est masqué, et dieu s'est effacé.

Pagodes, églises, mosquées par le sang maculées.
Aux quatre coins du monde, la foi empoisonnée.
Et pourtant nous rêvions, entre deux cauchemars.
Une si longue vie, faut il encore y croire.

dimanche 7 novembre 2010

CAVALE

Repartir une fois, une dernière cavale.
Oublier l'homme sage, devenir animal.
Laisser tous les humains à leur sombre destin.
J'ai fais ce que j'ai pu et tout cela en vain.

Perdre son idéal, que tout cela fait mal.
Devenir l'invisible, silencieux et furtif.
Ne plus tergiverser, être souple, incisif.
Je suis pierre, je suis arbre, je deviens végétal.

Courir comme le vent, laisser aller mon âme.
Glisser sur le désert, je suis brillante flamme.
En moi sont toutes choses, les épines, la rose.
Toujours aller plus loin, vivre enfin en osmose.

Surfer sur l'océan, blotti au creux des vagues.
Pour m'échouer enfin sur cette immense plage.
Les yeux pleins de soleil, je dors et je divague.
Ici tout est si calme, cette eau claire où je nage.

Quand j'en aurai fait le tour, à la fin de mes jours.
De la rouge planète, la vie, la mort, l'amour.
Je reviendrai enfin, l'âme et l'esprit sereins.
Plonger dans tes yeux d'ors, finir avec les miens.

samedi 6 novembre 2010

COLERE

Quand le sombre passé remonte à la surface.
Au fond de ses yeux clairs, il imprime la trace.
Si son cœur est brûlant, dans sa gangue de glace.
Fatigué, incertain, pourtant il doit faire face.
Balayer tous ses doutes et reprendre la route.
Se retrouver lui même, faire taire tous ses doutes.
Errer seul comme un loup dans cette noire vallée.
Tous ses sens aiguisés, comme lame acérée.
Être à nouveau un sage, au sourire avenant.
Ensevelir la rage, sous le frêle présent.
Faire taire la colère et son gout si amer.
Redevenir le fils aimant, redevenir le père.
Regarder droit devant, être fort, être fier.
Laisser aller la vie, sans retour en arrière.