vendredi 31 décembre 2010

UNIS

Unis.
Comme le feu, le fer.
Le sable ocre, le désert.
Comme le fou et le sage.
L'encre noire et la page.
Les baisers, les mirages.
Les caresses, les visages.
Comme l'attente et le désir.
L'envie de rester et de fuir
Unis.
Comme l'amour, la haine.
Le courage et la peine.
Le sang rouge et les veines.
Comme le roi, la reine.
Le bourreau et l'otage.
La pluie avec l'orage.
Comme la vie, la mort.
Mon corps avec ton corps.
Unis.
Comme les jours, les nuits.
La surprise, l'ennui.
Trahison et amis.
Comme jalousie, envie.
Comme ma vie, ta vie.
Unis et désunis.
Compris et incompris.

mardi 28 décembre 2010

IVRESSE

Trop longues nuits d'ivresse.
Les yeux clos, ses caresses.
Qui donc peut comprendre.
Prendre et se laisser prendre.

Trop longues nuits d'ivresse.
Écrire vers après vers
Elle Ève, moi Baudelaire.
Notre tendre tristesse.

Trop longues nuits d'ivresse
Là, ma sombre maitresse.
Qui ou quoi nous sépare?
La vérité nue, la vérité sans fard.

Trop longues nuits d'ivresse
Elle est partie lassée, désenchantée.
Mon bel oiseau de proie, envolé.
Nous voila seuls, mon amour, ma détresse.

lundi 27 décembre 2010

LARMES NOIRES

Aux larmes noires de la nuit.
Au vent qui pousse les nuages.
A l'aube qui déchire la page.
Aux mots que je n'ai pas écrits.

Au silence blafard, au silence trahi.
Au froid granit, cet éternel lit.
Aux coups données, à ceux reçus.
Aux vainqueurs, aux vaincus.

A mes amis aimés, à mes amis perdus.
A ceux qui ont été, à ceux qui ne sont plus.
Aux femmes trop aimées, à celle oubliées.
A leurs corps magnétiques, leurs âmes évaporées.

A ces soldats perdus, tous seuls abandonnés.
A ces guerriers maudits, de l'enfer rejetés
A mes frères, à ce que je n'ai pas dis.
A ceux qui m'ont aidé lorsque je fus banni.

samedi 18 décembre 2010

ALCHIMISTE

Me voila alchimiste.
Changer tes lèvres en or.
Dans le grand lit tu dors.
Qui donc te résiste?
Ma pierre philosophale.
Mon étrange vestale.
Ton corps, ce dédale,
dont mes mains se régalent.
Ma féline inconnue.
Mon bel ange déchu.
Ta douce peau de soie,
me change en animal.
Fait naitre au fond de moi,
le bien, aussi le mal.
Longues cuisses dorées.
Prêtes à m'emprisonner.
Gardienne imprévisible.
Visible où invisible.
Tu prends et puis tu donnes.
Que diable me pardonne.
Toi péché capital.
Belle femme fatale.

VIDA LOCA . A Christian Poveda, assassiné plus tard..

Vida loca , la folle vie, muerte loca, la folle mort.
Maras ou gangs, armée sanglante à Salvador.
Amérique centrale, entre Honduras, Guatemala.
Il s’appelle Paco, à peine dix huit ans, né à Santa Lucia,

Il rêvait USA, voulait partir là bas, son père disparu.
Usé par le travail, la misère, laissant la mère et le gamin.
Du haut de ses douze ans, rejoint la capitale pour fuir la faim.
Sa mère l’a suivi, elle est devenue bonne, pour un ricain repus.

L’école en pointillés, dans ce pauvre quartier aux maisons délabrées.
Sa mère exploitée, maltraitée, humiliée, Il commence à glisser.
Oubliées les études, chaque jour la rue devient encore plus rude.
Chapardages et bagarres, voila son quotidien, il prend ses habitudes.

Il veut tout et n’a rien, plus d’espoir en demain, juste un noir quotidien.
Son père parti trop tôt, il se cherche un héros, ici la vie ne vaut plus rien.
Il ne sait pas dire non et Salvador grelotte sous son manteau de haine.
Quinze ans, le voila dans un gang, la dure initiation, la violence l’entraine.

Son premier tatouage, sa nouvelle famille, il ne peut plus vivre que les armes à la main.
Il est de son quartier, de son gang et quelques rues plus loin, c’est l’enfer pour les siens.
Sa mère sait tout cela, elle pleure seule en silence, elle sait ce qui viendra.
Il est devenu dur, arrogant, a-t-il  oublié la douceur de maman, la chaleur de ses bras.

Rivalité de gangs, son pote est couché sur le ventre au milieu de la rue.
Ce matin, Il n’a put éviter le déluge de balles de neuf millimètres.
Grande mare de sang rouge sur le bitume noir, la vengeance est son maitre.
Armé d’un quarante cinq, il est parti tout seul, la mort l’a prévenu.

C’est une histoire sans fin, de peine et de vengeance.
Juste un cercle infernal dont l’issue est fatale.
La jeunesse perdue, entre cercueil verni et le gout de la mort
Une vie ordinaire, sans espoir où remord, Paco à Salvador.

vendredi 17 décembre 2010

TERRAIN VAGUE

Hiver sombre et nuit noire.
Froid glacial, comme un miroir.
Perdu au bord de la planète.
Juste être ou ne pas être.
Rugueuses dalles de granit.
Figées en ordre chaotique.
Cœur cognant, vague à l'âme.
Éteinte ici, leur éternelle flamme.
Locataires silencieux.
Du dernier domicile.
Ils ont fermé les yeux.
Tout est simple, facile.
Leur peine terminée.
Le camp abandonné.
Les souvenirs, l'enfer.
De neige, recouverts
C'est juste un terrain vague.
Pas très loin du goulag.

dimanche 12 décembre 2010

UN ETRANGE JARDIN

Orchidée, fleur carnivore.
Rosée déposée sur l'aurore.
Fleur pourpre de remord.
Rose rouge si parfumée.
Épines longues acérées.
A l'écrin soyeux de ton corps.
Elle, juste belle à en crever.
Mille artifices déployés.
Moi, juste prêt à succomber.
Lèvres écarlates, entrouvertes.
Pour le baiser, la découverte.
Bien étrange jardin.
Dessiné à la courbe d'un sein.
Ventre brulant à la peau tendre.
Désir ardent, court sur tes jambes.
Rien à voler, mais tout à prendre.
Voluptueuse gangue.
Ta sève claire, ton venin assassin.
Sans cesse, me tourmentent.
Me livrer corps et âme à l'étreinte fatale.
Enfermé, dans ses tièdes pétales.
Prisonnier de cette fleur amante.

samedi 11 décembre 2010

ANONYMES

D’ici ou de là-bas, le ciel est toujours bas.
De Lima à Bangkok, du Bronx de New York
Chaque jour, il le doit, chaque jour, il y va.
La fatigue le suit, lui dur comme le roc.

Le héros solitaire, pour gagner son salaire.
Jouer à cache- cache avec la misère.
C’est juste un travailleur, il trime le bosseur.
Le sourire des siens, il est là son honneur.

Pauvre tombé du nid, ce n’est pas un nanti.
Ses mains, et puis sa tête, les voila ses outils
De l’aube à l’aurore, au soleil, sous la pluie.
Ses rêves dans sa poche, il pense à ses petits.

Quand la fatigue vient, assis au bord du lit.
Au fond d’un verre d’alcool, il cherche l’oubli.
Un instant éphémère, dans une sombre nuit.
Allongés cote à cote, ils se sont endormis.

Le jour les a surpris, le voila reparti.
A pied, où dans le bus, il pense encore à elle.
Si le désespoir vient, elle lui donne des ailes.
Sa brune sensuelle, sa femme, son amie.

La journée sera longue et bien pénible aussi.
Silencieux, taciturne,  il traverse la vie.
Des millions comme lui, de Madrid à Paris
Anonymes héros, des hommes, des amis.

dimanche 5 décembre 2010

OTAGES


Disparus d’un seul coup, de la sombre planète.
Dans la noire violence, ne pas perdre la tête.
Garder l’âme vaillante, aiguisée et tranchante.
Chaque jour, creuser plus loin, pour trouver le courage.
Combien de froides nuits, à rester dans l’attente.
Du désert, à la jungle, nous restions des otages.
Espoir et désespoir, s’accrochent à nos visages.
Comme les vagues folles transforment le rivage.
De nos gardiens, la haine, supporter en silence.
D’enfer, le sablier, jours après jours avance.
Juste cesser de vivre, pour survivre au présent.
C’est le mauvais endroit et le mauvais moment.
Les nôtres sont si loin, du coté des humains.
Ils sont ce qui nous reste, entre hier et demain.
A tous nos longs silences, emplis de leur absence.
A la peur quotidienne, la douleur, leur présence.
Au nom de qui, de quoi, pourquoi sommes nous là.
Nous sommes le néant, juste monnaie d’échange.
Malade, décharnée, elle s’oublie dans nos bras.
Masquée leur lâcheté, ils ont tué un ange.
Demain, mort ou vivant, loterie assassine.
Otage, à l’incertain destin, dans le ciel je dessine.

samedi 4 décembre 2010

FELIN

Glaciale, pathétique, sombre nuit électrique.
Longe les murs lépreux, le félin silencieux.
Pelage au noir profond, il erre malheureux.
Trainant de bars en bars, son âme chaotique.

Son ombre vacillante, ses mots rares, précieux.
Distillés çà et là, il parle avec les yeux.
A peine est t-il assis, que le voila parti.
Rechercher sa compagne, l'autre morceau de lui.

La rude solitude, coule de ses yeux gris.
Brille sous les lampadaires, qui allument la pluie.
Cigarettes et whisky sont ses seuls amis.
Sa quête est dérisoire, il a perdu sa vie.

Un soir elle est partie, élégante et furtive.
Traverser le grand fleuve, pour voir l'autre rive.
Emplie de son parfum, de sa voix, des ses lèvres.
Depuis il court sans fin, se bruler à sa fièvre.