samedi 10 décembre 2011

AAA


La vie est une arnaque.
Un mensonge au présent.
A la banque, tu raques.
Économies, néant

Perdu mon triple A
C’est le temps qui veut ça.
Au plus bas des sondages.
Quel mauvais présage.

Elle est bien là, la crise.
Gâteau sur la cerise.
Une triste surprise.
Plus de terre promise.

Le temps glisse si vite.
Quand tes amis t’évitent
Enfin quitter l’élite.
Vite prendre la fuite.

A fond la route droite.
Front brûlant.
Et mains moites
Encore un peu de temps.

Écarter les nuages.
Se shooter au courage.
Reprendre le chemin
dessiné par les siens.

mardi 1 novembre 2011

ARSENIC


Pourquoi donc, quand j’écris,
le délire s’invite.
Il s’agrippe à mes mots,
les mélange si vite.
Je cours après la rime.
Mais la rime m’évite.
Au fond de mon cerveau.
Je vis comme un Hermite.
Le laid masquant le beau.
Suis-je prince ou crapaud.
Noire colombe, blanc corbeau.
Mais les phrases s’enchainent,
comme touches d’un piano.
Et si parfois tout sonne faux.
Que du passé les maux,
dans le présent reviennent.
La folie dans mes vers.
Comme champagne amer.
Pétillante ou sinistre.
La plume glisse vite.
Irrite le lecteur.
Poème d’arsenic.
Cependant  vient du cœur.
Cette folle vapeur.

lundi 31 octobre 2011

HOTEL TERMINUS

Sang noir coule sur la nuit rouge.
Derniers jours à l’hôtel terminus.
Il est si tard et j’ai raté le bus.
Ce soir, si rien ne bouge.
Au néon clignotant, hésitant.
La fragile lumière aspire le néant.
De tous mes excès, mes abus.
A qui dois-je rendre compte.
A l’honneur, à la honte.
A tous ceux qui m’ont  cru.
Dans cette chambre austère.
Le bruit et la poussière.
Incertains lendemains.
J'attends assis, parterre.

dimanche 2 octobre 2011

SELVA

Hélico noir de nuit, rasant la canopée.
Tous ces arbres géants à la tête baissée.
Comète opaque déchirant le ciel blanc.
Et sa traine brulante qui déchire le vent.
Du rotor puissant, grondement métallique.
Déposé violemment sur la jungle magique.
Aux pieds de géants centenaires.
Se glissent mille insectes, reptiles et vipères.
Empli de maléfices, humide l’enfer vert.
Inextricables lianes et plantes au gout amer.
L'Amazone serpente depuis des millénaires.
Immense cicatrice qui partage la terre.
Quand l’obscur se dérobe et que le jour parait.
Dessous dans l’invisible, c’est un homme je sais.
Indien ou chercheur d’or, chasseur ou gibier.
Dans cette immense serre, qui donc peut deviner.

samedi 24 septembre 2011

RENCART

Avec nous tous, elle a rencart.
Nul endroit, nulle place.
Jouer à pile ou face.
Elle se rit du hasard.

Je suis si fatigué.
Laminé, décharné.
Mon ciel noir accroché.
A l’espoir étoilé.

Jusqu’au bout de ma quête
Le cœur empli de l’obscur silence
Mille mots dans ma tête.
Quand je pense et repense.

Quarante cinq sur la tempe.
Elle me teste et me tente.
Éphémère rencontre.
Une vie, pas un conte.

Seuls les yeux dans les yeux.
Au soleil des phares.
Elle reviendra plus tard.
Pour me masquer les cieux.

Combat perdu d’avance.
Lorsque le temps s’élance.
Nul endroit, nulle chance.
Mon âme est une lance.

dimanche 11 septembre 2011

COMME UNE NUIT SANS BRUNE.

Assis sur un banc public.
Hirsute, le cœur palpite.
Rêveries éthyliques.
La vie brûle si vite.

Obscur, petit matin.
Comme une nuit sans brune.
Elles tremblent ses mains.
Crispées sur la rancune.

Dans le fond de son verre.
Solitaire, baluchon de travers.
Remettre dans le bon sens.
Une vie à l’envers.

Voyageur sans âge.
Le vent tourne les pages.
Et glissent les nuages.
Bien vide paysage.

Enfin, partir.
N’emporter avec soi.
Qu’un souvenir de toi.
T’aimer ou te maudire.

samedi 3 septembre 2011

CŒUR JACKING

La route vide, les warnings.
Où est elle partie, ma brune, ma darling.
J'avais mis l'esp, pourtant, j'ai déraillé.
J'ai perdu le contrôle et le cœur au fossé.
Siège vide du coté passager.
Partie dans un virage, elle s'est évaporée.
Reine du cœur jacking.
Mon âme est au parking.


PEINTRE


Je suis le peintre du silence
Au pinceau, sur la nuit blanche.
Le cœur battant, fièvre impatiente.
Sur la toile, courent tes hanches.

Noir de mars et térébenthine.
Odeurs enivrantes, divines.
Les mains fébriles, je dessine.
Son corps lunaire, j’imagine.

Atelier vide et silencieux.
Au fusain, c’est lui que j’esquisse.
Ton corps soyeux, tes courbes lisses.
Là je t’invente, je suis un dieu.

Dans le royaume des couleurs.
Derrière la porte, le malheur.
Dans la pénombre luit le tableau.
Brille sa chair, je me sens beau.

Dernière heure, dernière touche.
Rouge carmin éclaire ta bouche.
Déjà le sweet, elle a remis.
Atelier vide, elle est partie.

dimanche 28 août 2011

R'B

Nuit noire de R and B.
Corps sublime qui luit.
A l'ambre du whisky.
Allongée sur le lit.
De la musique soule.
A la soul musique.
Elle tangue comme la houle.
Et s’égare dans la street.
Elle belle et moi triste.
Rayé de sa playlist.
La pluie noire de son cœur
Sur mon âme a glissé.
De ma vie, beatmaker.
Sa voix chaude, embrumée.
Du grave à l'aigu.
Des paroles perdues.
A l'enfer suspendues.
Quand auront disparu.
Larmes d'or et paillettes.
Quand finira la fête.
Elle chantera encore.
De sombres mots d'amour.
De gloss et de glamour.
Nuit noire de R and B
A l'ambre du whisky.


SUBTILE


Quel est donc ce bruit, au loin l’orage gronde.
Sont-ce les morts qui poussent sur leur tombe.
Un géant bombardier qui nous largue ses bombes.
Où ton amour puissant, près à déchirer l’onde.

Comment trier le vrai du faux, le beau du laid.
Savoir  juste un moment, si j’aime, si je hais.
Une aussi longue errance, trouver la délivrance.
Elle est si loin l’enfance et bien longue l’absence.

Mille et un bruits cachés dans le silence.
Toute une éternité au fond de la nuit danse.
Mille et une questions dans tes yeux immobiles.
Gouttes de sueurs, de rosée à ta chair scintillent.

Lovée sur  les draps blancs, animal fragile.
Juste te regarder, ma fièvre indélébile.
Recommencer la vie, petit matin fragile.
Ma compagne d’un jour, mon océan, mon île.

mardi 16 août 2011

VAPEUR DES SENS

Vapeur des sens,
la sueur danse.
Et la pluie tombe.
Soleil en trombe.

Lèvres salées, 
Âme brulée.
Désert opaque
où la terre craque.

Un grain de sable.
Sur ta peau.
Tu es ma fable.
Je deviens eau.

Entre les seins altiers,
une larme égarée.
Une bouche entrouverte.
Un cri évaporé.


vendredi 5 août 2011

AMY

Plus personne qu’Amy n’aime.
Si loin de moi, eight miles, je crois.
Blanche brune, longs poèmes.
Gerber dans les toilettes avant d’entrer en scène.
Battle de détroit, mourir les bras en croix
Blanc rappeur, au teint blême.
De sa voix déchirée, elle s’agrippait au blues
Mais l’alcool et la coke, la tiraient vers la loose.
Cachée derrière sa pinte, un pub londonien.
Cœur d’or évaporé et crever comme un chien.
Tatouée jusqu’à l'âme, elle a perdu sa flamme.
A peine vingt huit ans, le diable pour amant.
Entrée dans la légende de ceux partis trop tôt.
Allez, je vous le dis, Amy fût mon amie.

vendredi 24 juin 2011

CADEAU

Allongé bien tranquille.
Au pavillon d'urgence.
Enfin de vraies vacances.
Sur le brancard agile.
j'ai traversé la ville.
A fond dans l'ambulance.
Au bar de l’hôpital.
Une perf de plasma.
Du sang dans mon alcool.
j'en vois un qui rigole.
Au bloc opératoire.
Des bricoleurs masqués.
Mais, je suis tout cassé.
Mécano dérisoire.
J'ai fait un don d'organe.
Rien de bon à garder.
Avant de m'en aller.
Moi j'ai offert mon âme.

jeudi 23 juin 2011

BUZZATI

Entre zéro et infini, le K de Buzzati.
Le désert des tartares, bientôt tombe l'ennui.
Cher lieutenant Drogo, elle se lève la vie.
Sur les hauts murs d'enceinte, grimpe mélancolie.
Vers l'horizon vide, ton œil c'est enfui.
Quels étranges écrits, de dit et de non-dit.
Cryptographe céleste, aux codes incompris.
Mesure et démesure, j'ai perdu mes amis.
C'est une longue attente, que fait donc l'ennemi.
De fièvre et de patience, lumineuse agonie.
Lente métamorphose jusqu'au bal des maudits.
Vent de sable, de bruit, tombé sur tes écrits.
C'est un délire absurde, un rêve inassouvi.
Un soir dans le grand vide, juste avec Buzzati.

jeudi 16 juin 2011

MESCAL


Nos âmes égarées, virevoltaient dans le noir.
Insectes hallucinées, ronde folle illusoire.
Cette nuit surchauffée brillait comme un rasoir.
Les lumières obscures s’accrochaient au miroir.

C’était le premier soir de tous les autres soirs.
Accoudés au comptoir de ce bar des tropiques
Le ciel était si lourd, surchargé de mescal.
La violence et le sang, nous buvions, pathétiques.

Nous errions côte à côte, pantins désenchantés.
En attendant le jour, son aube dérisoire.
Et sa tiède lumière comme un fragile espoir.
Durs temps, dure vie, nous rêvions de savoir.

La frêle vérité, tout au fond du couloir.
Arc en ciel ou mirage prête à prendre la fuite.
Repoussant la limite, précipice amnésique.
Frères de jungle maudite, collée à nos semelles.

Nous sommes tout et rien, que donc sera demain.
Ici pas de voisins, seulement des complices.
Il en faudra du temps, des secondes trop lisses.
Pour savoir à la fin, où l’on va, d’où l’on vient.