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Affichage des articles du janvier, 2011

LE LOUP GRIS

Transparente et amère, noire nuit de l’hiver. Dessinée sur la crête, ma sombre silhouette. Je suis le solitaire, le loup gris, l’incompris. Le fils de l’enfer, l’animal maudit. Je vous glace le sang et fait peur aux vivants. Si je hurle à la lune, mes larmes unes à unes, s’écrasent sur la neige, déposée par le vent. Déchirant ce long cri, cet appel vibrant. La meute n’est  pas loin, ils répondent, les miens. Comme une longue plainte qui déchire le néant. La peur est toujours là, venue du fond des temps. Mais le chasseur est prêt, les armes à la main. Il fait si froid dehors, noire pupille sur fond d’or. Mes yeux scrutent l’obscur, folle malédiction. Ni cruel, ni méchant, juste être différent. Voila pourquoi, je balance la nuit, entre mort et vivant.

SOMMEIL

Dans mon noir sommeil. Chaque nuit c'est le bal, entre le bien, le mal. Le cerveau en éveil. Je suis fils du hasard. le rêve, le cauchemar. Mon âme libérée, des contraintes du corps, se met à divaguer. entre la vie, la mort. Elle fait mille rencontres. la fierté et la honte. Lâcheté et courage. Quel étrange voyage. Qui sont ces inconnus, ses femmes entraperçues. Et quand l'aube renait, des cendres du sommeil. la tête bourdonnante, de nocturnes abeilles. Je retourne au réel, rechercher l'essentiel. Entre futur, passé, qui voudra me guider.

BRUNE...

Brune dans le divan sans fond, de courbes et de silences. Chevelure brillante, du noir le plus profond. Sombre regard, d'humilité et d'arrogance. Robe rouge éclatante, perverse et innocente. Féline séduisante, lascive et indolente. Peau parfumée, de soie et entêtante. Offerte et dérobée, la voila mon amante. Sur les murs de chaux blanche. Au fusain noir, je dessine ses hanches. Et si du mauvais coté, parfois mon âme penche. Grâce à elle, enfin, je prendrai ma revanche.

RIMES ET CHATIMENTS

Lorsque le ciel s'effondre, sous le poids de la pluie, que la brillante nuit dérape vers l'oubli. C'est entres rimes et châtiments, au poète perdu, à ses vers envoutants, à ce regard brulant, éclairant comme un phare. Griffonnés dans la marge, les mots lourds du hasard. A ces phrases d'ivresse, écrites un peu trop tard, le long de pages blanches, parcourues d'encre noire, vers l'obscure vallée, courant parmi les ombres. Écrire, ne pas le dire, du plus clair au plus sombre. Être triste et joyeux, heureux et malheureux. Dessiner tout cela, sur le papier soyeux. Être poète où dieu, tout se paie à l'instant, juste trouver le temps entre amour et tourments.

CHEVALIERS

Ils avaient fait serment, de défendre  vaillants. Le pauvre, l’orphelin, les faibles et leurs enfants. Ils avaient pour richesse, la parole donnée. Et pour leurs différents, le combat singulier.
Où s’en sont ils allés, ces sombre chevaliers. Vers quelle terre lointaine, le vent les a poussé. Vers quel destin tragique, fait de capes et d’épées. Guidés par leur honneur, tous ils ont succombé.
De sanglantes batailles, en sanglantes épopées. Tant de brûlantes années, de siècles traversés. De géants holocaustes, en terribles combats. A tout le sang versé, au nom de qui, de quoi ?
Leurs armures rouillées, les dagues et les lances. Remplacées aujourd’hui  par les balles traçantes. La tenue camouflée  et le gilet pare-balles. La vie n’a plus de prix, et la mort est banale.
Elle est le quotidien et remplit le journal. Le monde explose et nul n’est épargné. Une pauvre planète craquant de tous cotés. Ils errent, avec leurs âmes, les derniers chevaliers

DESIR

Moi, je suis invisible. Brillant, ou translucide. Je me perds dans la foule. Un galet dans la houle. Je suis sueur salée. Contre ta peau, je roule. Je suis parfum poivré. Mes notes, je déroule. Vent tiède, je deviens. Sous la jupe des filles. La rosée du matin. A tes lèvres scintille. Je suis ici et là. Dans l'ombre de tes pas. Je suis toi, je suis nous. La veine sur ton cou. Le piège de tes bras. Le ciel de tes draps. Un battement de cils. Un battement de cœur. L'éclat, de tes pupilles. Du désir, le seigneur.

FASHION

A la lumière des limousines. Lorsque le jour décline. Crépuscule électrique. Fausse soirée magique. Décolletés profonds. Poitrines découvertes. Comme autant de planètes. Toutes sur de hauts talons. Au bras d'éphémères éphèbes. Noirs costumes italiens. Bleus jeans américains. Tous ignorent la plèbe. Peoples consanguins. Mélangeant leurs égos. Ne sont ni laids, ni beaux. Pitoyables, inhumains. Cherchant les caméras. Photos, voici, gala. Leur dieu est un miroir. Ce soir, c'est leur soir. Monnayer leur image. Se vendre comme mirages. Quand la fête est finie. Rentrer le teint livide. S'écrouler  dans le lit. D'une vie inutile.