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Affichage des articles du avril, 2011

LA FLEMME

Ce matin, c’est écrit, je ne bougerai pas. Camouflé sous la couette, je vais rester au lit. Un nouveau jour se lève, je ne l’écoute pas. Juste fermer les yeux, partir en safari.
Dans la chaleur des draps, les revoir une à une. Elles, sous mes paupières, les blondes et les brunes. Comme un diaporama, elles défilent loin de moi. Les femmes, les déesses, enfin bref, les nanas.
Le sac à main rempli, de rancune, d’amour. Ce féminin fouillis, où elles rangent leur vie. Dans mon obscure chambre, j’observe à l’abri. Leurs yeux clairs, foncés, brillent encore et toujours.
Éternel féminin, flotte sur un nuage. Les femmes n’ont pas d’âge, elles sont juste mirage. Juste un rêve éveillé, une occasion ratée. Gamin émerveillé, je les ai tant aimées.
Comme un puissant aimant, leurs sourires charmants. Leurs parfums entêtants, m’inventent le printemps. Si l’impatient soleil, jaloux, gratte aux volets. Il attendra quand même la fin de mon couplet.

ROAD MOVIE

Ici, nulle harmonie. Juste chaos et bruit. Un long road movie. C’est la course à la vie.
Cette larme fatale. Aux reflets de métal. Creuse un sillon profond. Dans mon âme aux bas-fonds.
Le ciel gris est froissé. Nuages délavés. Le prédateur, la proie. Le futur, le passé.
Dans l’absence, présent. Amour évaporé. Par le temps effacé. Immobile néant.
De poussière, habillé. Le monde se déchire. Se repait de martyrs Achète le plaisir.
Une aussi longue route. Une vie aussi courte. Comme oasis calme. Enfin voir  la femme.

MA MOITIE

A coté d'elle, je dors. Ma moitié, mon trésor. Ses yeux pâles sont clos. Quelques heures de repos. Glissée sous ses paupières. La nuit tourne à l'envers. Mon ombre, ma lumière. Ma jungle, mon désert. Le matin vient si vite. Et déjà elle s'agite. Ma brûlante herbe folle. Clignotante luciole. Mes cinquante centimes. Avec elle, je rime. Avec elle, je dream. Lennon, j'imagine. La vie passe si vite. Et vite se complique.
Ma moitié, mon trésor. A coté d'elle, je dors.

PURGATOIRE

Sang rouge, nuit noire aux gyrophares. Ambulances, pompiers, l'appel des sirènes Sauter par la fenêtre et larguer les amarres. Sur le sol où tu gis, encore la mort traine. C'est un soir ordinaire, un destin fracassé. Un de moins, un de plus, bien trop vite effacé.
A la maternité, on fête une naissance. Ailleurs c'est le Samu, dans les vapeurs d'essence. L'homme, blême, allongé, l'infarctus fatal. Son fils trépassé, dans le cœur une balle. Qu'importe le pays, quand le monde se damne. Sommes nous les danseurs de ce sinistre bal. Pas de bien, pas de mal, juste le purgatoire Je déambule seul dans ce vide illusoire. Toutes ces vies perdues dans le flot du hasard. Faire semblant de croire, assis seul au comptoir. Bien sur l'amour existe, mais il est en visite. Et à la moindre alerte, il s'en ira bien vite.

BALLE PERDUE

Ton regard m'a frappé avec une telle violence. Pourtant, j'évitais avec soin la moindre des romances. Tes yeux sombres en plein cœur, toi ma belle inconnue. Je me croyais blindé, vieille âme déchirée. Si belle, si désirable, comme balle perdue. Je n’avais pas prévu, ton amour m'a tué.