Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du juin, 2011

CADEAU

Allongé bien tranquille. Au pavillon d'urgence. Enfin de vraies vacances. Sur le brancard agile. j'ai traversé la ville. A fond dans l'ambulance. Au bar de l’hôpital. Une perf de plasma. Du sang dans mon alcool. j'en vois un qui rigole. Au bloc opératoire. Des bricoleurs masqués. Mais, je suis tout cassé. Mécano dérisoire. J'ai fait un don d'organe. Rien de bon à garder. Avant de m'en aller. Moi j'ai offert mon âme.

BUZZATI

Entre zéro et infini, le K de Buzzati. Le désert des tartares, bientôt tombe l'ennui. Cher lieutenant Drogo, elle se lève la vie. Sur les hauts murs d'enceinte, grimpe mélancolie. Vers l'horizon vide, ton œil c'est enfui. Quels étranges écrits, de dit et de non-dit. Cryptographe céleste, aux codes incompris. Mesure et démesure, j'ai perdu mes amis. C'est une longue attente, que fait donc l'ennemi. De fièvre et de patience, lumineuse agonie. Lente métamorphose jusqu'au bal des maudits. Vent de sable, de bruit, tombé sur tes écrits. C'est un délire absurde, un rêve inassouvi. Un soir dans le grand vide, juste avec Buzzati.

ANATHEME

Femme multicolore comme serpent corail. Sur mon corps tu glisses, me brûlant les entrailles. Venue du pacifique, pareille à l’eau turquoise. C’est ton pâle regard transparent, que je croise.
Tu repousse et attire, reptile insaisissable. Chatoyante couleurs, ici, je vis, je meurs. Ton amour brillant, tu es mon anathème. Tu deviens mon seul dieu, alors je blasphème.
Quand le ciel est si blanc et si noires les étoiles. Futur ivre, échoué entre de noirs récifs Ta peau devient magique, et ton sourire lisse. Créature ondulante sur laquelle je glisse.
Vêtue seulement de sa noire chevelure. Antique Vénus métisse, elle avait fière allure. Mais elle a disparue d’un seul coup d’éventail. Femme multicolore comme serpent corail.

COMING HOME

Où donc est la vraie vie... Là-bas, de fureur et de cris. La misère brûlante, ceux qui naissent maudits. Ici, le quotidien, tendresse, aussi oubli.
Homme beau, homme laid. Écarlate violence suspendue au silence. Au sourire muet, à son violent reflet. Sur le bel écran plat, le ballet d'ambulances.
Qui m'aime, qui me hait ? Pendule qui oscille à rebours et tout seul. Traverser le désert, une invisible quête Pris des coups de soleil, à travers mon linceul.
Bu tout le whisky, fumé les cigarettes. Entre ici et là-bas, que reste-t-il de moi. Un cœur fissuré dans ma poitrine bat. Entre ici et là-bas, c'est ma maison, je crois.