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APPEL EN ABSENCE(cliquez ici pour écouter )

Téléphone et virage, tôle rouge éclatée
Noire nuit de l’orage, ton corps martyrisé
A fond vers le samu, ton âme disparue
Mes appels en absence, sur son phone brisé
Mots d’amour perdus, plus de sens à ma vie
Sms perdu, Sms reçu, juste un sens interdit
Vers le c.h.u, elle fonce l’ambulance.
Elle traverse la vie dans les vapeurs d’essence.

Ne la réveillez pas, c’est ma reine qui dort
Du fond de son coma, elle me regarde encore.
Et sans cesse elle côtoie et le doux et le fort
Dans le noir elle se bat, contre la vie, la mort.
Froide de lassitude, le combat est si rude
Ma main elle a lâché, ivre de solitude

Écarlate le sang, dans la morgue glaciale
Plus d’après, plus d’avant, son étreinte fatale
Mon amour, ma brune, verre brisé et bitume
A la lumière des phares, mes larmes, une à une
Le petit jour blafard, gout de sang dans la bouche
Tes lèvres sont livides, c’est ton corps que je touche
Vers d’invisibles maitres, tu es partie sans moi
J’ai remonté le drap, scintillante comète

Ton sang bat dans ma tête, il en devient le maitre.
Le bruit devient si fort, Je voudrais tant renaitre
La douleur est bien là  et son manteau de rage
Avec elle, j’aurai du, le prendre ce virage
Avec elle, j’aurai pu, voler sur un nuage
J’aurai du, j’aurai pu, mais je ne l’ai pas fait
Même si tu pardonnes, mon amour, je me hais
Dans mon cœur, dans ma vie, tu laisses la tempête
Où donc s’en sont allés, nos rires et nos fêtes
Plus de vie, plus de voix, qui donc était le diable
Sur la route muette, j’ai jeté mon portable.
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POIVRE ET SEL

Il y a les murs blancs,
les volets ajourés où la lumiere s’élance.
le plafond fatigué de cette pièce immense.
le sol tout usé à force d’impatience.

Les plus que parfait, écrits au passé simple,
les toujours, les jamais, agrippés à la marge,
dans le petit cahier dont j'arrache les pages.

Le cœur noir, endormit,
j'ai l’âme poivre et sel,
hésitante, hagarde, aux dessous de dentelle.

Je vois des verres froids toujours à moitié vides,
et tous ces cris sans voix à la lune livide.
Le grand lit resté là comme une confidence.

Les tuiles sur le toit, la trop vieille charpente,
ne me protègent plus, du temps et de l'attente,
immobile, vaincu aux vaines résiliences.











REMINISCENCES

Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent,
le sol et le plafond, s'attirent, se rapprochent.
Essoufflé , tournoyant, cherchant la délivrance,
mon cerveau fatigué, à l’écume s'accroche.

Là, je vois des enfants, la cour d’école immense,
le gosse aux cheveux blond et cette plaie qu'on panse,
les genoux écorchés, les bagarres du dimanche,
tous les zéros pointés, les envies de revanche. 

Tant de départs ratés, les trains de nuit, les gares,
les verres vides ou remplis et les aubes blafardes.
les mots dits et redis, les soirées qui s'attardent,
la rencontre éphémère de l'amour en retard.

Femme assise sur moi, qui monte et qui descend,
voyage vers les cieux, qui marque la cadence,
juste fermer les yeux, perdre son innocence,
se fâcher avec dieu, pour remonter le temps.

Gisant inanimé, seul aux réminiscences,
les bribes du passé, mêlées à l'inconscience,
être ou avoir été, à l'ultime insolence.
Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent.


LA MORT A SA FENETRE

La mort à sa fenêtre, regarde le printemps,
elle a mon zéro six, mon mail, mon présent,
m'invite comme ami dans son réseau social,
m’envoie de nombreux posts, une amie idéale.

Chaque jour, à l'écran, elle écrit, elle hangout,
prend soin de moi, me prédit un burn out.
Je la croise parfois, la sombre amie sans fard,
évitant la caresse de son brûlant regard.

Entre elle et moi, contrat, un deal original,
tomber fou amoureux, une dernière fois,
renaitre de mes cendres, à l'amour infernal.
M'endormir assouvi au monde de ses bras.

Quand la belle aura fui, lassée de sa conquête
à nouveau, seul et froid, le cœur vide, inerte,
mon âme déchirée, aux abimes offerte,
vers ce baiser létal, j'irai à sa fenêtre.