samedi 31 août 2013

BOUSSOLE



Donne moi, le nord de ta boussole.
Ma déesse de nuit, mon pole magnétique.
Quand mon aiguille, à moi s’affole.
Toi mon ciel à l’envers,  à ton verbe magique.

Quand mon corps meurtri, sur le tien assouvi.
Vibre à ta peau brulante, à ta chair d’amante.
Se laisse aller enfin, vers la terre de l’oubli.
Du ciel le plus haut, infernale descente.

Tu es mon équateur, ma source de chaleur.
Ma glaciale banquise, mon sinistre tueur.
Superbe géomètre, qui dessine orgasmique.
Distance entre le cœur et tes lèvres magiques.

Fébrile, guide moi, sois  patiente.
A ton souffle ardent, ta fièvre haletante.
A tes phrases hésitantes, ton odeur enivrante.
Sur ta peau de silence, ce soir le désir danse

samedi 24 août 2013

RENCONTRE



Le vieux comptoir de zinc de ce bar d’autrefois.
Accoudés, côte à côte, de bière et de vodka.
« Legio patria nostra » tatoué sur le bras.
Il raconte, se tait, moi j’écoute et  je vois,
dans le miroir aveugle, notre sombre reflet.
Une vie d’aventures, de morts, de coups bas.
Une conversation, tous les mots que l’on tait.
Le silence en partage, alors ce soir, on boit.
Dehors, le diable rode, et voudrait s’inviter.
Nous regarder souffrir, nous regarder pleurer.
A la peine des hommes, il aime se shooter.
Mais il devra s’enfuir, quand l’aube reviendra.
C’est l’heure de s’enfuir, chacun doit repartir.
Une poignée de mains, tout ce qu’on ne dit pas.
Dans nos cranes bataillent, le meilleur et le pire.
S’en aller presque seul avec la gueule de bois.
Lui là-bas, moi ici pour un dernier combat.

vendredi 23 août 2013

MAINS SALES



Des mots rugueux comme rocaille.
Phrases râpeuses de  rouille et de ferraille.
Poèmes graffitis à l’encre noire bataillent.

La vérité dévisse sur tes vers trop lisses
De puissants barbelés, à l'aube se hérissent.
Dans l’abime du verbe, abandonnée, elle glisse

Le vrai et le vécu, sont la chair et le sang.
La ride de granit arrachée à l’instant.
A la poussière du temps, écrire après, avant.

Agripper mes mains sales à la feuille banale.
Laisser ma plume folle, enfin ouvrir le bal.
S’élever tout là-haut et broyer les étoiles.
En faire de la lumière, une rime fatale.