lundi 30 décembre 2013

THE END



Longue file d'attente, la séance du soir.
Grand film hollywoodien, qui rafle les oscars.
Superbe bande annonce, bourrée d'amour, d'espoir.
Les sièges sont moelleux, la salle est dans le noir.

Pourtant dès le début, on sait déjà la fin.
On connait la victime, mais jamais le coupable.
Le héros va mourir, ça, c'est sûr et certain.
L'assassin est assis, il a pris l'air affable.

Et puis ce long frisson qui nous parcourt l'échine.
Là notre vie défile, mais où donc est le crime?
Le film on l'a tous vu et il ne sert à rien.
Générique de fin, un seul nom, c'est le mien.

EGO TRIP

Je suis, du temps, l'immobile coureur.
Des murailles du vent, l'invisible sapeur.
Souvenir lancinant , de nos rêves d'air pur.
Je suis le long couteau, la plaie et la blessure.

Le poing qui frappe et la main qui rassure.
Ta plus douce promesse, brillante Excalibur.
Je suis le jour qui danse, qui hurle à la lune.
Quand le plaisir s’élance à la peau de ma brune.

D'hier et de demain, de bonheur, d'infortune.
Je suis l'avant, l'après, de sang pur et impur.
Quand les portent ouvertes, débouchent sur des murs.
Que le désert brûlant, s’étire dunes après  dunes.

Je suis début et fin, fait de hauts et de bas.
Je suis toi, je suis moi, juste l'humain je crois

dimanche 29 décembre 2013

DERISOIRE

J'étais, je suis et je serai.
De l'aube blanche, jusqu'au grand soir.
Une ombre seule, dérisoire.
Celui qui vient et disparait.

Je suis le père, je suis le fils.
Entre bonheur et sacrifices.
Poète de mes heures perdues.
Alors, de moi, te souviens-tu ?

Mots malhabiles, jamais serviles.
J'avais parfois la rime agile.
Mais qui donc vibrait au bruit de mes poèmes.
A mes fragiles mots, à mon dernier blasphème.

Éphémère, immortel, avais- je le talent.
Colombe noire, exilée au présent.
Ne me reste à offrir que le bruit du silence.
Le flot impétueux de ta présente absence.

TIMEOUT


Tout ce temps gaspillé à compter les étoiles.
Écouter une à une les secondes infernales,
Toutes les fêtes, leurs bulles de champagne.
Le soleil accroché au sommet des montagnes.


Espoir et désespoir à l'imparfait  conjuguent,
Et si c'était ce soir, la dernière des fugues. 
Juste un dernier virage, là où le jour dérape,
La vie au ralentie, toujours la nuit se hâte

Plus de tendres chemins, dernière ligne droite,
Puzzle terminé, les noires pièces s'emboîtent.
Météores et comètes dans le ciel me dépassent,
Je suis calme et tranquille, enfin trouvée ma place.

Parfums de femmes envolés vers l'espace,
De mon bref passage, j'ai effacé les traces. 
Plus d'avant, plus d'après, ici tout va trop vite,
Enfin, partir tout seul, quand la vie nous évite.

samedi 28 décembre 2013

INSOMNIE

Quand le soleil usé, se jette à la mer.
Qu'aux lampadaires livides, se découpe la nuit.
Lorsque sous les trottoirs endormis à la pluie.
S'enroule Léviathan aux anneaux de l'enfer.

Je cherche le sommeil et l'oubli, un instant.
Ce que je n'ai pas su, ce que j'aurais du faire.
Ce que le jour apporte, la nuit me le reprend.
Tout semble clair, limpide, vérité éphémère.

Marchand de sable ivre, a frappé à la porte.
Cette poignée de terre, qu'il offre, titubant.
De cauchemars, de rêves, que le diable l'emporte.
je veux dormir, enfin, glisser dans le néant.

Et quand l'aube clignote, s'agrippe au ciel hurlant.
Mes yeux lourds, hésitants à l'abri des paupières
Mon âme encore perdue, suis-je demain ou hier.
Dans le café brûlant, je retourne au présent.

jeudi 26 décembre 2013

LE CORPS SAGE



Arrachés un par un les boutons du corsage.
Mes mains pourtant, avaient promis d’être sages.
Regard indéchiffrable accroché aux nuages.
Elle offre sans tricher ce tendre paysage.
Mon  âme réchauffée à sa belle chaleur.
Mes lèvres assoiffées se posent sur son cœur.
Ivres du même sang qui tape dans nos têtes.
La tendresse hurlante et le temps qui s’arrête.
Quand nos peaux aimantées glissent vers le rivage,
Ivres et tourmentées, de ce si doux voyage.
Six heures déjà et le réveil sonne.
La vie reprend son cours et le rêve abandonne.

mercredi 25 décembre 2013

VAGABOND


Entre le cœur et la raison
Éclatante victoire, folle désillusion.
Mille et une façons de lire l'horizon.
La chair et l'esprit, enfin à l'unisson.
Tout ce que j'aurai dû faire,
et tous mes abandons.
Ce soir, je suis amer,
bien lourde punition.
Entre la certitude et les hésitations,
errant de l'une à l'autre,
entre maitre et apôtre .
je suis un vagabond.

dimanche 22 décembre 2013

MAUDITS

Tout ce que l'on arrache.
Tout ce qui nous détache.
Tout ce que le cœur cache.
Obscure obscurité où crépite le flash.
Pleine lune au fond de ses prunelles.
Silhouette esquissée, à cet ange sans aile.
Dessinée, devinée, imprimée sur la pluie.
Coulent sur son visage chaudes larmes de nuit.
Inconnue et secrète, ma belle, mon amie.
Ce si vaste silence où s'est enfui le bruit.
Tout ce que le cœur nous dit.
Tout ce qui nous unit.
Et qu'arrache la vie.

samedi 21 décembre 2013

SABLIER



Putain de vie, putain de sablier.
Entre mes doigts laisse le temps couler.
Putain de nuit, putain de cendrier.
Trop d’alcool bu, tant de clopes fumées..

Un  jour comme une vie, à l’heure de l’oubli.
Le bal des souvenirs, je suis sang et vampire.
Un jour comme une nuit, lorsque le temps s’enfuit.
M'oublier au delà et puis soudain partir.
Jusqu'à la dernière goutte, boire le sombre calice.
Dans mes veines la vie qui s'écoule incertaine.
Derrière le soir qui glisse, cet obscur complice.
Ce nuage brûlant qui boit mon oxygène.

Voilà donc la nuit, c’était juste une vie.
Le destin me l’a dit, ami ou ennemi.
Garde juste l’amour, ici pas de retour.
La vie, c’est juste un jour.
 

samedi 14 décembre 2013

TANGO


Née dans les barrios misérables de Buenos Aires,
Sur la petite place, elle danse, juste hautaine et fière.
Et ses jambes magiques, comme serpents de cuivre,
dessinent des arabesques, qui le regard enivrent.
Sa brune chevelure, rejetée en arrière,
ondoie sous le vent tiède, brillante et éphémère.
Sa robe rouge sang et ses yeux noirs, brûlants,
me laissent ici, l'âme vide et le cœur tournoyant.

TRIANGLE D'OR (2)



Commencé en Asie, c'est un film à l'envers,
entre fleuves et rizières, c'est le triangle d'or.
En bas de la montagne, un enfant Thaï est mort
Dans la boue, près d’un buffle, la face contre terre.

Un avion vole bas, vive air america, voila la Cia.
L’opium et sa fumée, ciel sombre trop bas.
Longue vie imparfaite, de regrets, de remords
Fumerie désuète où l’âme quitte le corps.

La poudre et ses combines, ici pas de héros,
trafiquants en tout genre, seulement l'héroïne.
Thaïlande, Birmanie, Laos, l’enfer année zéro.
Ce pauvre cœur qui bat au fond de ta poitrine,

Dans les champs de pavots, ils jouent avec les âmes
Ils sont là dans la jungle, poudre blanche, argent sale.
Corruption et misère, j'ai perdu le moral.
Demain je prends l'avion et retour vers Paname.

Revoilà l’occident, la France, le printemps.
La première cigarette et le café brulant.
Mais l’oubli ne vient pas, reste éloigné de moi.
Et chaque nuit, je vis d’invisibles combats.

Un petit bar désert, aux néons vacillants.
Loin les soldats birmans, loin la jungle birmane
Son odeur puissante, s’accroche à ma mémoire.
Ephémères rencontres, sur le fil du rasoir

Octobre soixante-seize, elle n'avait pas vingt ans.
Chaque nuit elle trainait, mi femme, mi enfant,
pâle comme un regret, près du périphérique.
Tremblante, prête à tout, pour le trouver son fric.

Son sourire c’est brisé, au miroir maléfique.
Artificielle vie dans un monde désert.
Elle parcourt la ville, pour sa poudre magique.
Le fix dans ses veines, croix de bois, croix de fer.

Le rouge coquelicot comme fleur de pavot
Teinte une dernière fois ses lèvres de carmin
Le soleil n’est plus, déjà elle est si loin.
Une main décharnée déjà tire le rideau.

La marque des seringues dessine une dentelle,
sur son maigre avant-bras, noire de sang et mortelle.
Elle ne m'écoute plus et cherche son dealer,
Il traine un peu plus loin, pour vendre le malheur.

Dernier shoot, dernière heure, elle est partie première.
Assis par terre, je pleure, refermant derrière elle,
la porte de l'enfer, sur ses yeux bleus de ciel.
Terminé à Paris, sur les quais, ce long film à l'envers.