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Affichage des articles du janvier, 2014

NOUS

J'ai remplacé le "je" par le subtil "nous",
Accroché à ses lèvres, nos amours bout à bout.
Dessiné de mes mains à sa poitrine altière,
de tendres cicatrices à mon cœur de verre.

Deviné sous le jeans, jambes fines et agiles
Démasqué sous les bottes, de petits pieds fragiles .
Glissé sous ses paupières mon regard si clair,
désiré tout entière, à ce que mes yeux espèrent.

Emmêlé à nos doigts, nos souffles éphémères
Déposé à son cou, la brune chevelure,
respiré goutte à goutte, de ses lèvres l'air pur.
Recherché à sa bouche, d'invisibles prières.

Noirci tant de papier, inventé tant de vers,
Affronté mes démons, paradis et enfer.
Juste enivré et fou, juste aimée, sans manière.
J'ai remplacé le "je" par le subtil "nous",

TEMPETE

Lorsque le temps se brise, en secondes sans voix
L’invisible marée, s'étale en toi, en moi
Une vague géante, de désir écumante
nous laisse à l'agonie, pantelant, pantelante.

Tempête imprévisible où nos âmes naufragent.
La trace indélébile de ce violent voyage,
dépose sur nos mains, une fébrile invite.
Ce ne sont que caresses, que le présent évite.

Au milieu du silence, reste le sang bruyant
au cœur de nos poitrines et martelant nos tempes.
Immobiles, perdus, seuls au milieu du temps.
Respirants avec peine, une impossible attente.

A nos bouches muettes, nos lèvres inassouvies.
Tous nos sens en éveils, à nos sens interdits.
Quand la mer se retire, nous laissant corps et âme
Dans le regard de l'autre, juste l'homme et la femme .

FUGUE

Espoir et désespoiremmêlés se conjuguent. Et si c'était ce soir, la dernière des fugues.  Juste un dernier virage, là où le jour dérape. La vie au ralentie, toujours la nuit se hâte.  Plus de tendre chemin, à fond la ligne droite. Puzzle terminé, les noires piècess'emboîtent.
Météores et comètes dans le ciel me dépassent. Je suis calme et tranquille, enfin trouvée ma place.
Parfums de femmes envolés vers l'espace. De mon bref passage, j'ai effacé les traces.  Plus d'avant, plus d'après, ici rien ne résiste.  Reste à partir tout seul, quand la vie nous évite.

NUIT NOIRE

Longue nuit qui s'étire. Alanguie et sournoise. Comme un sombre vampire. Délirante et narquoise. Frôle les toits d'ardoise. Mille statues de cire. Efface les couleurs. De tous, elle attrape le cœur. Si la lune apparait, dessinée à la craie Recouvre de néant, les morts et les vivants Des amants ou du vice, elle se fait la complice. Du triste meurtrier, la sanglante besogne, elle prend soin de cacher. C'est l'instant où les hommes, Hésitent entre malheur et sommeil bonhomme. Sale réputation, que l'on te fait, la nuit. Pourtant, tu as du bon. Tu es le noir écrin, où le soir je me glisse. contre son corps divin. Elle m'offre ses délices.

INFRÉQUENTABLE

Écrire en vers  et contre tous.
Tête à l’envers, crinière si douce.
Fier mouton noir, belle frimousse.
Vilain petit canard, que sans cesse on repousse.

De sa folle innocence, aux sots, imperméable.
Jugée en toute hâte, coupable, infréquentable.
Tribunal superflu, dont je tourne les pages.
Perdue et éperdue, ce tournoyant mirage.

Mon beau désert, ma tendre brousse.
Quels  yeux sombres, quelle secousse.
Petit fruit du hasard, venu le premier soir
M'offrir la tourmente au détour d'un regard.