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Affichage des articles du avril, 2014

LA HAINE

Vous me reconnaissez ?
Bonjour, je suis la haine,
voisine de palier .
Vous vouliez qu'il vous aime ?
Le salaud s'est barré.
Là, j'ai tout apporté,
Jalousie et rancune,
plus un doigt d'amertume.
Avec moi, vous verrez...
la vie n'est plus la même.
lorsqu’en vous je déchaine,
si sombres sentiments.
L'espace d'un instant,
fait de peurs, si anciennes.
je suis là, à coté,
prête à vous retrouver.

Bonjour, je suis la haine,
voisine de palier .
Ils vous ont tout volé ...

TROIS HEURES DU MAT.

C'est à trois heures du mat, quand je dors éveillé.
A mes tempes grisées, le sang rouge qui tape.
Sous mes paupières closes, le rêve me rattrape.
Hésite, à se glisser dans mon sommeil fripé.

Ailleurs, si loin, si près, fait-elle le même songe.
Elle se nourri de moi, s'invite dans mon monde.
Son cœur grand ouvert, son âme est une éponge.
Entre murs et plafond, nos lèvres vagabondent.

Inventent des baisers, des caresses profondes.
Paysage de draps, s'étalent à nos mémoires.
Ensembles emmêlés, rallongent les secondes.
Nos corps récompensés, parcourent la nuit noire.

C'est à trois heures du mat, quand le silence luit.
Qu'entre elle et moi, comme  une terre promise.
A cette heure enchantée, aux promesses exquises.
La tête parfumée, nous retrouvons l'envie.

LA GARE

Accroché sous le ciel noir, le toit fait le gros ventre.
C'est tout un petit monde, là où le temps s’arrête.
Fourmilière bruyante, dont, nous sommes le centre.
Voyageurs fourbus, hésitants, tous levant la tête.

Tant de voies parallèles, de vies qui s'interpellent.
Accrochés aux bagages, voyagent nulle part.
Poignant, celui qui reste, déjà l'autre au départ.
Quand les larmes s'envolent au plafond de poutrelles.

Grands panneaux lumineux, annonçant les départs.
Brune, belle, penchée à la fenêtre, elle regarde en bas.
Pour finir, enfin par se dire, qu'elle ne l'aimera pas.
Jeune, présomptueux, à grand pas, s'en va vers le hasard.

Au bout du quai, une mamie en gris, tire la vieille valise.
Suspendu à son bras, si fier, cet homme d'un autre âge.
Se laisse ainsi guider, aveugle, elle est son aiguillage.
Devant un banc, ils passent, quand leur amour s’attise.

Troupeau de baskets joyeuses, sur le ciment trottine.
A l'aube d'un voyage lointain, de vacances divines.
Repas …

PARFOIS...

Parfois le temps s’arrête
De la porte, entrouverte,
j'entends vos petits pieds,
chanter dans l'escalier.

PARDON

Pardonne moi, si j'ose.
De ma bouche, à vos lèvres.
Ce souffle, cette fièvre.
Vous en êtes la cause.

SILENCE !

Silence! J'aime...
Quand de vos bouches tordues, la rumeur s'ébat.
Comme milliers de rats, font voyager la peste.
De paroles jalouses, de commères, en coups bas.
Vous rester, à épier, de nous le moindre geste.

Silence! J'aime...
Bien à l'abri, derrière l'hypocrisie de vos si pâles vies.
Vous guettez, immobiles, la vie à vos fenêtres.
De vos lèvres menteuses, la calomnie va naitre.
Creuses conversations, émergent du non-dit.

Silence! J'aime...
Dans vos poitrines vides, où le cœur s'est enfuit .
Plus un seul battement, derrière la jalousie.
De nos anciens amis, de ceux d'une autre vie.
Ne reste qu'une odeur, de haine et de mépris.

Silence! J'aime..
Si la voir à mon bras, vous rends sombres, aigris.
Quand vous imaginez, nos étreintes, un grand lit.
Bien assis entre vous, dans le canapé gris.
Alors, je vous emmerde...Là voilà, j'ai tout dit.


UN PATIENT IMPATIENT

Comme chaque semaine, escaliers quatre à quatre.
Un immeuble coquet, je cours chez le psychiatre.
Grand salon désuet, beau docteur sans cravate.
L'autre encore se tait, mais dans ma tête, il squatte.

Tailleur noir discret, s'est une belle brune.
Une coupe au carré, dieu qu'elle a belle allure.
Lumière tamisée, quand elle tire les tentures.
Sous le canapé noir, je jette mes rancunes.

Allongé, immobile dans ses yeux de turquoise.
Raconte mille vies, mes désirs de tendresse.
Mais ne peux m’empêcher, de regarder sans cesse.
Les jambes satinées, qu'elle croise et décroise.

L'autre c'est réveillé dans ma tête, il la toise.
Puis s'est mis à hurler, elle, je veux la prendre.
M’engloutir tout entier, là où la chair est tendre.
J'ai beau le sermonner, taire sa voix grivoise...

Séance terminée, dans son sang elle baigne.
C'est triste elle est tombée, sur la table de chêne
Sa nuque s'est brisée, bien trop belle psychiatre.
J'aurai voulu l'aider, parole de psychopathe.

AVEUGLE

Veux tu guider mes mains aveugles,
Leurs raconter, la belle route.
Leurs expliquer, quoi qu'il en coute.
Veux tu guider mes mains aveugles ?


COURBES

En plein, en délié.
De courbes et de mystères.
A la peau, à la chair.
Tu m'as récompensé.

MON ANGE

Ici, bas rien ne dure.
Alors juste une fois ,
je voudrais m'endormir
à l'abri de ses ailes

BAISER

Enfoncées, mes deux mains,
dans la noire chevelure.
Son visage et le mien,
ses lèvres qui rassurent.

SUR MOI

Elle a collé sur moi
ventre doux et seins durs.
Balayé mon émoi,
mille et une blessures.

FLAMME BRUNE

Comme sa peau que j'aime, ce soir la lune est blanche.
Quels invisibles liens, Quelle folle attirance.
Son regard lumineux, où la vie recommence.
Ses petits seins joyeux inventent des dimanches.
Ce désir impérieux, qui agite ses hanches.
Tout au fond de ses yeux, brûle ce feu intense.

Mon péché capital, mon ivresse, mon trouble.
Je deviens animal, ta caresse, ton double.
Quel souffle divin, s'envole de ta bouche.
De tes lèvres amoureuses, dessine enfin la couche.
Tu es ma flamme brune, tu ondules et ondoies.
Et si le temps se perd, je le perdrais en toi.

L'ESPAGNOL

Le ciel bleu outremer,
posé sur l'ocre brun.
Terre fiévreuse et aride.
Horizon minéral,
glissant au bord du vide.

La maison de chaux blanche,
et la table de bois.
Dehors, seul et tranquille,
le cerveau bouillonnant.
les mots coulent de lui,
comme une encre limpide.

Et sur le front pensif, 
où s'agitent les rides,
les cheveux blancs ondulent,
au gré du vent brûlant.
Il a remplit son verre,
une nouvelle fois.

Il sirote en silence,
il pense à Néruda,
Frederico Garcia Lorca.
Aux poètes maudits,
aussi à Guernica.

Il se relit un peu.
Sa voix est rocailleuse,
elle se brise parfois.
Si fort, si fragile,
alors il pleure tout bas.
Solitaire , en sanglots.
C'est un homme, là bas.



REVE

Marcher, marcher encore, long voyage immobile.
Les yeux vers l'horizon, accrochés au ciel las.
M'évader de ce corps, de sa plainte fragile.
Laisser aller mon âme et m'emplir de toi.

Humer le vent bruyant, pour déployer mes ailes.
Les yeux clos et brillants, oublier tout le reste.
Me glisser en secret sous tes blanches dentelles.
Au fond de ton sommeil, partir à ta conquête.

Comme frémissement, à ta chair si sensible.
Être songe vibrant, la caresse invisible.
Long fleuve tournoyant, de fièvre, de sueur.
Ton rêve, ton tourment, ton battement de cœur.

Devenir le sang rouge, dans tes veines, rugir.
Boire à tes lèvres tendres, jusqu'au moindre soupir.
De nos corps, de nos peaux, être le souvenir.
Heureux comme un enfant, te regarder dormir.


JE VOUDRAIS

Je voudrais te le dire, te l'écrire ce tourment.
Ce voyage incertain, à l'antre du néant.
Mais comment te décrire, la caresse du vent.
les songes éphémères, d'invisibles amants.

Qu'avant toi je fus tout, la proie et le vampire.
Si mâle, si ardent, pressé de tout séduire .
De silence bruyant, pourrais-je te le dire.
Capable à chaque instant, du meilleur et du pire.

Te raconter enfin, si sombres cicatrices.
La face obscure des mots emplis de maléfices.
Je suis sûr, incertain, du temps sans artifice.
Au fil d'un rasoir, à la nuit si complice.

Sombre et dérisoire, j'aimerais tout savoir.
Tes secrets, tes espoirs, ton ombre dans le noir.
A tes mots, tes absences, tes rires, tes regards.
Tout apprendre de toi, mon amour, mon espoir.


JUNGLE

Combien de jours passés, de secondes et d'heures.
D'insectes hallucinés, de battements de cœur.
De lianes enchevêtrées aux grands arbres ridées.
A la lumière rare, au soleil voilé, ivre à la canopée.

De l'araignée géante, à tout le mauvais sort.
Bivouacs improvisés, aux hamacs de glaise.
De fières orchidées, au royaume des morts
Terre rouge éventrée, où les oiseaux se taisent.

Le fleuve vert serpente, elle et moi à son bord.
Elle est si loin la France, son code maléfique.
Quand la sueur salée, et la fièvre à nos corps,
dessinent emmêlées de fous rêves magiques.

Près d'un bar improbable, où le mescal luit.
Mille cris d'animaux, inventent le silence.
Adossé à la jungle parfaite, ou le jour s'est enfui.
Son corps de paradis, m'invente une romance.

TAM-TAM

Respirer lentement, tout l'air que l'on me donne.
Essayer de calmer cet immense vacarme.
Quel fou a donc crée, pareil métronome.
Résonnant de partout, comme une folle alarme.

Quel sang bouillonnant, quel tam-tam géant.
Caisse de résonance, d'un invisible vent.
D’où vient encore ce terrible fracas.
J’appelle les urgences, qui ne m'entendent pas.

J'ai compris, je le sais mon âme a pris les armes.
C'est elle, la voilà, belle qui vient vers moi.
Ces battements fous, allumés à son charme.
Elle affole mon cœur, c'est mon tambour, ma foi.





PASSE-MURAILLE

Ce soir je vois le ciel à travers le grillage.
Lointaines étoiles rouges, au zéro absolu.
Nuits sombres et glaciales, aux murs de ma cage.
Équation sidérale, à jamais résolu.

Privé de liberté, un voyage au long court,
A l'encre dessiné, je respire ton visage.
A mes mots de papier, je t'aime tous les jours.
Mille lettres envoyées, dont, tu tournes les pages.

Seul, abandonné, interdit de caresse.
Bien puni par les hommes et leur haine secrète.
Barreaux de fer dressés, métal de détresse.
Solitude ébranlée à tes lèvres offertes.

Allongé sur le sol à même la tendresse.
Dans ce pénitencier, quand je livre bataille.
Moi je reste à rêver, à tes petites fesses.
Mon beau songe secret, tendre passe muraille.

TOUT

j'ai aimé une à une ses taches de rousseur.
Respiré comme un fou, son parfum, son odeur.
Compté et recompté, battements de son cœur.
Mis bout à bout nos âmes, nos trêves, nos sueurs.

Regardé incrédule, mes mains fières à ses hanches.
Comme oiseaux de proie, à sa chair si blanche.
Embrassé chaque seins, qui au désir dansent.
A leur pointe adorée, trop heureux de ma chance.

Bu l'amour à sa bouche, à sa langue d'amante.
Emprisonné nos lèvres de cette folle attente.
Noué autour de moi, jambes douces de rêve.
Dans nos ventres soudés, senti monter la fièvre.

Recherché, mille fois dans son regard,le notre,
ce voyage incertain, cet abandon à l'autre.
j'ai aimé tout en toi, le vice et l'innocence.
Tout aimé, jusqu'à ta moindre absence.

SAISON DES PLUIES

Dunes rouges intenses, brillent au Kalahari.
Longues journées d'errance, à mon âme endormie.
Va-nu-pieds glorieux cheminant vers l'oubli.
Assommé de chaleur, cœur sec, racorni.

J'aurais pu  mourir là, comme un rêve flétri.
Allongé au désert, vers l'espace infini.
Comment est-elle venue, qui donc lui a dit ?
Elle est saison des pluies, le retour de la vie.

Brune indéchiffrable, comme un sens interdit.
Fontaine de jouvence, ranime mes envies.
Tu es ma renaissance, mon beau Botticelli.
Mon oasis tendre, le fleuve où je revis.

Okavango s’étire, méandre à mille bras.
Pirogue longiligne, avec aisance glisse,
sur l'eau pâle et fertile, elle dort contre moi.
De la saison des pluies, la belle ambassadrice.

PLUME LEGERE

Remplacé l'encre noire par la plume légère,
cette vie sans espoir par des mots moins amers.
Tant de phrases effleurées, d'impossible caresses.
Chaque jour consommé, cette belle détresse.

Mille mots de silence, au dos de pages blanches.
D'invisibles blessures, au passé, enterrées.
Arraché, chaque nuit au destin la revanche
Si brûlante lumière, de l'obscure vérité.

Derrière le cuir durci, retrouver l’âme tendre.
Renaitre juste à toi, tout entier à tes sens.
Au détour d'un soupir, savoir donner et rendre.
Me pendre tous les jours à ma douce potence.

A mélanger enfin, nos souffles, nos haleines.
A tes lèvres adorées, m'enivrer de ton air.
Murmurer à ton cou, pour juste dire, j'aime.
Remplacé l'encre noire par la plume légère.

A LA SAUVETTE

Comme un vendeur à la sauvette,
sur le trottoir, prêt à s'enfuir.
Le temps brûlant d'une allumette.
Baiser volé à nos désirs.

Juste effleurer, sans artifice,
à la lenteur d'un mouvement.
Main blanche et doigts complices,
tous emmêlés habilement.

Regards croisés contre les vitres,
histoire muette, sans parole.
Reflets aimés, nouveau chapitre,
le nord, bleuté d'une boussole.

C'est mon genou, contre sa cuisse,
veine bleuté où je palpite.
Le bonheur fou d’être complice.
au plaisir, rare qui s'invite.

PARKING

Grand parking, trop vide,
juste à faire les cent pas.
Aux lampadaires livides,
la patience, c'est moi.

Repasser mille fois,
toujours au même endroit.
Amour, envie, je crois,
Encore garder la foi.

C'est à la nuit tombée,
du jour monte la plainte.
Bitume déserté,
j’espère son étreinte.

Tout est sombre, désert,
lorsque tu n'es pas là.
Tant besoin de lumière,
Enfin le nous, sera.

VAGABONDAGE

Quand l'esprit se libère,
et sans fin vagabonde
Tout autour de la terre,
en poussière de secondes.

Quand émerge, enfin,
épaule de satin, 
sous la dentelle noire,
comme le fol espoir.

Cette robe rebelle,
entrouvrant à mes yeux
cette folle bretelle,
le secret de mes vœux.

Ce rêve de peau blanche,
qui respire à mon corps.
les yeux mis clos, je dors.
Lumière en avalanche.

Sable sous les paupières,
lorsque le cœur s’égare.
De toutes les manières,
le trouble, sans amarre.

Quand ce songe adoré,
s'enfuit sous la fenêtre,
glisse comme enchanté,
pour aimer et renaitre.