vendredi 31 janvier 2014

NOUS

J'ai remplacé le "je" par le subtil "nous",
Accroché à ses lèvres, nos amours bout à bout.
Dessiné de mes mains à sa poitrine altière,
de tendres cicatrices à mon cœur de verre.

Deviné sous le jeans, jambes fines et agiles
Démasqué sous les bottes, de petits pieds fragiles .
Glissé sous ses paupières mon regard si clair,
désiré tout entière, à ce que mes yeux espèrent.

Emmêlé à nos doigts, nos souffles éphémères
Déposé à son cou, la brune chevelure,
respiré goutte à goutte, de ses lèvres l'air pur.
Recherché à sa bouche, d'invisibles prières.

Noirci tant de papier, inventé tant de vers,
Affronté mes démons, paradis et enfer.
Juste enivré et fou, juste aimée, sans manière.
J'ai remplacé le "je" par le subtil "nous",

jeudi 30 janvier 2014

BAYOU



C’est un silence épais, une brume narcotique
Entre le ciel et l’eau, glisse le bateau plat.
La lune, son reflet, lumière bleue électrique
Juste une ombre complice entre son corps et moi.

Pourriture végétale, au parfum de méthane
Nous errons tous les deux au fond de la Louisiane
Ensembles, accoudés au frêle bastingage.
Nous dévorons la nuit sur le bayou sans âge.
Assise devant moi, sous ses cheveux mouillés
Blanche nuque, elle dégage, pour me faire rêver
Voguant sur la pénombre, dans un monde oublié
Au clapotis de l'eau, contre moi s'est lovée.

Une longue nuit d'errance, au fil du hasard 
Caressé de silence, le petit jour hagard.
Elle a rejoint la France sans prendre de retard
Dans le marais,
je la recherche encore au fond de ma mémoire.

samedi 25 janvier 2014

TEMPETE

Lorsque le temps se brise, en secondes sans voix
L’invisible marée, s'étale en toi, en moi
Une vague géante, de désir écumante
nous laisse à l'agonie, pantelant, pantelante.

Tempête imprévisible où nos âmes naufragent.
La trace indélébile de ce violent voyage,
dépose sur nos mains, une fébrile invite.
Ce ne sont que caresses, que le présent évite.

Au milieu du silence, reste le sang bruyant
au cœur de nos poitrines et martelant nos tempes.
Immobiles, perdus, seuls au milieu du temps.
Respirants avec peine, une impossible attente.

A nos bouches muettes, nos lèvres inassouvies.
Tous nos sens en éveils, à nos sens interdits.
Quand la mer se retire, nous laissant corps et âme
Dans le regard de l'autre, juste l'homme et la femme .

jeudi 23 janvier 2014

UNE HISTOIRE SANS FIN



Une histoire furtive, sans début et sans fin.
Glissant sur la peau ivre, sans hier, sans demain
Quand le silence vibre, qu’il s’accroche au destin
L’Invisible désir flotte au creux de nos mains.

Une histoire incertaine, pour des jours certains
Il a fallu du temps, encore du temps, encore
Trop regarder sans voir, pour la voir à la fin
Si prés, une évidence, ultime coup du sort.

Une histoire muette, qui ne dit pas son nom
Mystérieuse, secrète, enterrée tout au fond
Quand le regard de l’un, brûle au regard de l’autre
Ce rivage lointain devient enfin le notre.

Une histoire imprévue, juste sans dieu, ni maitre
Un rêve entraperçu, aimer et disparaitre
Comme un jour sans fin, le plus parfait échange
L’espace d’un instant, j’ai caressé un ange.

mardi 21 janvier 2014

FUGUE

Espoir et désespoir emmêlés se conjuguent.
Et si c'était ce soir, la dernière des fugues. 
Juste un dernier virage, là où le jour dérape.
La vie au ralentie, toujours la nuit se hâte
Plus de tendre chemin, à fond la ligne droite.
Puzzle terminé, les noires pièces s'emboîtent.
Météores et comètes dans le ciel me dépassent.
Je suis calme et tranquille, enfin trouvée ma place.
Parfums de femmes envolés vers l'espace.
De mon bref passage, j'ai effacé les traces. 
Plus d'avant, plus d'après, ici rien ne résiste. 
Reste à partir tout seul, quand la vie nous évite.

vendredi 17 janvier 2014

HYPNOSE



C’est un matin tranquille où j’erre sous hypnose
Au pull noir charmant qui quelquefois me frôle
Son sourire enivrant et le café brulant.
Dehors le temps hésite entre le gris, le rose
Suspendu un instant, je cherche ma boussole
Ce beau parfum d’hiver qui m’offre le printemps
Si ma bouche se tait, c’est ce que mes yeux osent.
Quand son regard brillant accroche la lumière
Ses lèvres si plaisantes me sourient sans manière
Je me mets à rêver, quand elle appuie sur pause.

mardi 7 janvier 2014

UN POINT



Elle m’avait suggéré, avec ses mots de femme

D’effacer, tous les points, qui terminaient mes vers
D’abattre, d’un seul coup  la fragile frontière,
Pour aller bien plus loin et dépasser la marge.

Envolés, tous mes mots, vers de lointains rivages
Libres comme le vent de faire tourner les pages
Virgules et parenthèses, enfin ouvrir le bal,

J’ai retrouvé mes mains, pour caresser son âme
Me reposer enfin, tout près du point final.

dimanche 5 janvier 2014

NUIT NOIRE

Longue nuit qui s'étire.
Alanguie et sournoise.
Comme un sombre vampire.
Délirante et narquoise.
Frôle les toits d'ardoise.
Mille statues de cire.
Efface les couleurs.
De tous, elle attrape le cœur.
Si la lune apparait,
dessinée à la craie
Recouvre de néant,
les morts et les vivants
Des amants ou du vice,
elle se fait la complice.
Du triste meurtrier,
la sanglante besogne,
elle prend soin de cacher.
C'est l'instant où les hommes,
Hésitent entre malheur
et sommeil bonhomme.
Sale réputation,
que l'on te fait, la nuit.
Pourtant, tu as du bon.
Tu es le noir écrin,
où le soir je me glisse.
contre son corps divin.
Elle m'offre ses délices.

INFRÉQUENTABLE


Écrire en vers  et contre tous.
Tête à l’envers, crinière si douce.
Fier mouton noir, belle frimousse.

Vilain petit canard, que sans cesse on repousse.

De sa folle innocence, aux sots, imperméable.
Jugée en toute hâte, coupable, infréquentable.
Tribunal superflu, dont je tourne les pages.
Perdue et éperdue, ce tournoyant mirage.

Mon beau désert, ma tendre brousse.
Quels  yeux sombres, quelle secousse.
Petit fruit du hasard, venu le premier soir
M'offrir la tourmente au détour d'un regard.