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Affichage des articles du février, 2014

CARGO

Combien de pas, de routes, de chemins et de doutes,
pour sortir à la fin, de cette sombre soute,
d'un cargo titubant, ivre mort, en déroute.

A sa peau déchirée de rouille et de métal,
paquets de mer hurlants, choc de l'eau glaciale.
Ciel noir résonnant comme une cathédrale.

Lumière clignotante, tout au long des coursives.
Sirènes hallucinées dans la coque dérivent,
Nuit d'éclairs zébrée, jusqu'à cette heure tardive.

C'est à bâbord amure, le phare et puis le port.
Le corps martyrisé, suis-je vivant ou mort.
Le jour s'est apaisé, entre l'aube, l'aurore.

Passerelle jetée, au bout du paysage.
Sous son blouson de jeans, le tee shirt vibrant,
sur le quai ruisselant, immobile, elle attend.








AIRPORT

Entre Dublin, Belfast, ce vieil aéroport,
cette rouille vivante au pied d'un mirador.
Comme un ciel orangé, où le soleil s'endort.
Dans le quatre-quatre usé, elle m'a offert son corps.

Petits seins vibrants donnés comme un trésor.
Sous mes mains assoiffées, sentir battre le cœur.
Embrassées une à une ses taches de rousseur,
laisser ma bouche folle, comme un ultime accord.

Le long des murs de briques sales
lampadaires aveugles, et sombres graphitis.
A sa douce peau blanche, à son regard écrit.
A  ses lèvres impatientes où le désir s’étale.

Sur la banquette usée, dans cette vieille Irlande.
Tout ce qu'elle a donné, impossible à reprendre.
Nos souffles partagés, de l'autre tout apprendre.
Le parfum de l'amour, de bruyère et de lande.

DISPARUE

Vue et perdue, engloutie par la nuit. Point de repère dans l'infini. Parfum lourd de jasmin et d'envie, qui plaque sur mon corps son empreinte éphémère. Noire chevelure, où la lumière s'endort, croisée sur le trottoir,un peu avant l'aurore. Lèvres pleines, où le soleil rouge dépose sa caresse. Corps menu, entrevu, caché sous le manteau.  Mon cerveau qui bouillonne, s'invente une promesse, nuit d'amour ou d'ivresse quand je tire sur ma laisse.  Silence, elle est passée étoile ou bien comète,  mon ciel est déchiré, chaque soir je la guette. Je deviens télescope, elle est extra terrestre.

DESTIN

Je n'attendais plus l'aube, ni le jour, ni la nuit.
Première heure invisible, du reste de ma vie.
A l'ange démoniaque, au démon angélique,
cacher le lourd secret de l’âme qui palpite.

Lorsque le cœur se tait et que la route hésite,
S'offrir seul, imparfait à la dernière invite.
Se donner tout entier au désir d'une dame,
se consumer, sans fin à sa brulante flamme.

Effacer sans regret, jours d'hier, de demain.
Laisser aller le temps , sablier orphelin.
Raison abandonnée sur le bord du chemin,
à la douceur d'un ventre, à la courbe d'un sein.

Tout donné, tout repris, imaginaire maitresse.
Éparpillées aux vents, ces milliers de caresses.
J'erre seul à présent, au destin hésitant,
je recherche une rime à son corps enivrant.

FIEVRE

Était-ce encore le jour ou la nuit éternelle,
A mes yeux fatigués , brûlants de folle fièvre.
Mes poumons assoiffés à la recherche d'air.
Pièce vide habitée de cauchemars, de rêve.
A ce monde inventé, à ce monde désert.
Sa mince silhouette, découpée sur le ciel.

De ce corps grelottant, à la froide sueur.
De l’éprouvant vertige tout entier à mon cœur.
Elle a saisi ma main, asséché la moiteur.
A mon front ruisselant, dessiné un bonheur.
Malade comme un chien, arraché au malheur
Sur le bat-flanc maudit, arrivée en sauveur.

A mes lèvres endormies à la trop longue errance,
Posé sa bouche en vie, inventé d'autres chances.
Effacé d'un seul coup, l'ignoble maladie,
Du profond de l'oubli, quand autour tout balance.
Au silence infini de nos songes en partance,
Réinventé un jour, où le soleil luit.

SOUS SON PULL

J'ai glissé mes deux mains sous son pull
Comme un ado, hors de sa bulle.
Dans mon crane, c'était la fête,
Bonheur brillant à la fenêtre.

Autour de nous le monde hurle.
Entre les hommes, le torchon brule.
Son regard noir et sa peau claire,
m’éloignent un moment de l'enfer.

J'ai laissé mes deux mains sous son pull
Suis je un fantôme, un funambule.
Comme un soupir de peau blanche
La douce caresse des hanches.

Autour de nous le monde sombre
Entre les hommes, le bruit des bombes
Ce premier soir, tendre et amer
m’éloigne un moment de l'enfer.

Elle a gardé mes deux mains sous son pull
Comme un amour de canicule.
Éphémère, brulant, sous les seins,
Le cœur bat, au tempo incertain.