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Affichage des articles du mars, 2014

ENFER

Nous étions décharnés, maigres, sales et hirsutes.
Au sortir de ce temps, guidé par Belzébuth,
Nos hardes, nos guenilles, animées par les vents,
Parias et rejetés, libérés, nous partions de ce camp.

Malaria et palu,  pour amies, pour compagnes,
Accompagnants la vie, affaiblissant la flamme.
Combien reposent enfin, endormis sous la terre,
Côte à côte, meurtris, assoupis, comme frères.

Lorsqu’à l'été brûlant, de faim et de misère.
Nos âmes s'en allaient, au luxuriant désert,
Nous quittions à jamais ce vert cimetière,
Murmurant desséchés, quelque pauvre prière.

Puis revint le printemps, la fin de cette guerre.
Offrir le pardon, rebâtir une vie, au sol de l'enfer,
Réapprendre en secret, mille et  une manières,
Nos cœurs à tout jamais, enterrés en arrière.

USURE

Cachés sous la rature, à l'encre indélébile. Rouge littérature, métaphores habiles. Fils de soie fragiles,  à la rosée scintillent. Toile de mots subtils, de l'araignée agile. Par l'usure et l'ennui, Amour, désir, envie. les uns après les autres, Rompus par mille fautes.  Dans ce train à l'arrêt, plus d'avant, plus d'après. Au temps noir qui défile, de ma vie, déjà perdu le fil.

SONGE IMMOBILE

Elle est songe immobile, 
Cigarette, whisky,
mon canapé, mon lit.
Mon chez moi et ma ville.

Ma tendre fleur du mal,
mon Baudelaire nacré.
Colonne vertébrale,
à mon cœur accrochée.

Comme un rêve éveillé,
cette belle blessure.
A ma bouche fermée,
ses lèvres qui rassurent.

Tendre, désenchantée,
le passé, le futur.
Ma rebelle poivrée,
A ton souffle l'air pur.

NEANT

Qui donc me dira, où sont mes origines.
Fait de fer et de bois, ou de poussière divine.
De quel cerveau malade, de quel sombre délire.
A quelle créature, dois-je ainsi de vieillir.

Qui donc a crée dieu, à force de souffrir.
Voulu ce fol espoir, écrit l’éternité.
Je voudrais tant savoir, juste avant de partir.
Qui avait-il avant, avant que de sombrer.

Cathédrales, pagodes, synagogues, mosquées.
Que de géants tombeaux, vides, inhabités.
A ces maitres divins, tant de vies sacrifiées.
Tous ces morts inutiles, à ces rêves accrochés.

Vers quel néant livide, sommes-nous entrainés.
Ici rien n'est facile, pas même de rêver.
Toutes ces fois serviles, vont-elles les sauver.
Avant que de partir,  je voudrais juste, aimer.

MARQUE-PAGE

Mon bel oiseau de proie,
mon aigle, mon nuage.
De ma vie, marque-page,
Mon beau chemin de croix.

A ta chair, ta douceur,
au sens de ta rage.
La tendresse par cœur,
éclairant ton visage.

Mon soleil vibrant,
ma reine, ma déesse.
Le collier et la laisse, 
la maitresse et l'amant.

Innocente et perverse,
A mon cache détresse.
je dors sous tes ailes,
mon amour, ma belle.

EXIL

Il y a si longtemps, le début d'une autre ère.
Lorsque je fus chassé, de la planète terre.
Tombé amoureux fou de la femme d'un roi.
Condamné à l'exil ou renier ma foi.

Parcouru en tous sens, milliers de galaxies.
Des mondes inconnus, où l'herbe rouge est tendre.
De femelles lascives toujours prêtes à me prendre.
Traverser d'un seul coup tant de rives infinies.

Mener de durs combats, de terribles batailles.
Enflammés un par un, mille vaisseaux de métal.
Dans le noir galactique, le diable fait ripaille
Longue nuit délirante au chaos infernal.

Errance et solitude, monde vide et brutal.
Ton visage est bien là, son empreinte fatale.
Tes lèvres coulent en moi, aux bords de l'espace.
A jamais imprimé de ton amour, la trace.

CARNAVAL

De vent et de lumière, accrochés au métal.
A Venise endormie, aux feux du carnaval.
De la sombre lagune apaisée sous la lune.
Au vert clapotis émergeant de la brume.

Aux canaux, que mille ponts enjambent.
Noires gondoles dérivent au soleil tombant.
Larmes folles, sur ta joue se rassemblent.
Ultime rendez-vous, crépusculaire amant.

C'est sous le masque blanc, le satin et la chair.
Comme expresso brulant à tes lèvres si fières.
Grande fête païenne aux amours éphémères.
Rupture consommée de nos âmes de verre.

SISYPHE

J'ai remonté sans fin ce fleuve abominable
Ses méandres un par un, sombres, interminables.
Comme un chien ivre, hurlant sous les étoiles.
Recommencer toujours à déchirer ce voile.

A l'arc en ciel noir, à la porte du vent.
Renouer chaque jour au métal du temps.
Réchauffer mille fois le repas de la veille. 
Écarter le matin, aux griffes du sommeil.

Mains sales déchirées, le cœur à l'agonie,
le dos arc-bouté poussent le lourd rocher.
Encore, toujours encore, ne jamais renoncer.
Stérile va et vient, indélébile vie.

Perdu et retrouvé, la trace du destin.
Abandonné de dieu et oublié des hommes.
Cette cité perdue où la lumière résonne.
La rebâtir sans cesse, cette histoire sans fin.


NUS

Debout et nus, vibrants l'un contre l'autre.
Tous entiers enlacés, comme colonne de soie.

Mes lèvres emmitouflées à ta bouche où je bois.
Nos mains abandonnées à leurs tendres émois.
Nos souffles mélangés, nos désirs qui se touchent.
Si tu deviens ma reine, moi je deviendrais roi.

Debout et nus, chacun habitant l'autre.
Tous entiers enlacés, comme colonne de soie.

POEME BARBARE

Il y des soirs où l'encre est noire, des nuits obscures, des nuits barbares. Kevlar, gilet pare balles, ajuster son brellage, être prêt au carnage, sauter du Caracal.. Le sang et la poussière, collés à mon treillis, raidi par la sueur, la crasse , aussi la peur. ramper jusqu'à ma planque, lourd calibre cinquante. Bandit dans mes dix heures, essayer de calmer, le fracas de mon cœur. Le barrett installé, lui exploser la tête, distance, neuf cent vingt mètres. Adrénaline ultime, c'est l'ange de la mort. Plus tard les remords, Ne rien laisser derrière, ni vivants, ni les morts, le nettoyer l'enfer. Plus tard, bien plus tard, exploser de violence, et pleurer en silence.