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Affichage des articles du mai, 2014

OCEAN

A la crête des vagues, vole un Fou de Bassan

C'est au ciel géant, à l'horizon qui passe,
la frêle silhouette et son ombre de glace
Immobile, elle attend, plantée au lit du vent.

C'est seule à l’océan qu'elle a trouvé sa place,
balayée par le temps, son âme se promène,
s'égare par instant, puis revient sur ses traces.

Dans le sable émouvant, ses rêves la rejoignent,
s'envolent, hésitants, veulent couper la chaine,
l'arracher, insoumise, aux affres du présent .

Partir, revenir, entre passé, futur
laisser aller la vie, abattre tous les murs
C'est seule à l’océan, que la belle murmure.

SOUS LA TABLE

Voila, comment le dire, à toi cher lecteur
je ne suis pas ici, mais juste dans l'ailleurs
je suis parti trop tôt, revenu bien trop tard,
éparpillant des vers, au souffle du hasard.

J'hésite et je vacille, entre le gris, le noir,
je syllabe et j' écris les mots pour te savoir
dans ce rêve, errant , je m'accroche à l'instant,
à ce vent qui me pousse et m'arrache au présent.

Aurais-je pu ou du, redevenir affable
belle et douce inconnue, à ce superbe soir
quand en face de vous, à la petite table,
du pied et de la jambe, vous me le fîtes croire.

VERTIGE

Quitté les hauts talons, elle a hissé sa bouche,
capturé d'un seul coup, mon âme à ses lèvres.
Quand nos langues soudées, ivres de nous, se touchent,
inventent une rencontre, où le désir se lève.

Sous le voile léger, sous la fine dentelle,
les petits seins heureux et leur belle frimousse,
sont au creux de mes mains, chaude petite housse,
offerts, délicieux, à moi pauvre mortel.

Suivi la courbe folle, à ses hanches, ses reins,
ce cou qui se renverse, ses jambes douces, enfin.
Je voudrai être pieuvre, avoir mille bras,
pour caresser ce corps, de partout à la fois.

Quand elle a pris ma main, choisit les doigts agiles,
pour guider avec soin, doux esclaves, dociles,
entre les cuisses tendres, découvert, le calice,
lorsque le plaisir se glisse au petit dôme lisse.

Ensemble, tous les deux, poursuivant ce voyage,
l'un à l'autre attachés par ce brulant cordage,
collés, indivisibles, comme amant et amante,
laissons aller nos cœurs au plaisir qui nous hante.

Nos corps enchevêtrés comme lianes géantes,
e…

LA VILLE

Quand la lumière morte des lampadaires muets,
s'étale, anguleuse aux ombres de métal.
Que la ville s'étend au souffle des regrets,
coule au périphérique, à la ronde infernale.

Lorsque la nuit descend aux immeubles rigides,
aux néons clignotants, aux trottoirs livides,
le temps s'étire, lent, aux abribus vides.

A la fatigue, aux vents, le visage se ride,
aux miroirs aveugles, à cette vie servile,
à nos chambres désertes, à nos rêves arides,
la cité endormie, sous le ciel vibrant,
laisse vivre un instant, la peur indélébile.

Quand les corps fatigues des amants et des autres,
oublient juste d'aimer, usés, à qui la faute,
dans le lit épuisé, ces couples d'inconnus,
s'endorment, exilés, d'une quête éperdue.

Lorsque le jour revient repoussant les abimes,
dans ruelles et rues, quand soudain tout s'anime.
je la croise, enfin, brune, belle, divine.


EVE

Je suis là, immobile, une ombre dans le noir.
Étoile malhabile, au ciel d'un grand soir.
Gloss luisant de fièvre, à tes lèvres vibrant.
Caresses, longues, brèves, Eve rêve au serpent.

La bulle de savon, dérapant sous tes doigts,
laisse ce grand frisson, glisser le long de toi.
De soie et de dentelle, où se cache l'émoi.
Insolente, charnelle, elle se dérobe à moi.

Emprisonnées, mes mains, s'essayent au silence,
puis, te font les doux yeux , palpitent d'impatience,
aux hanches, vont chercher, cette dernière danse,
valse tant désirée où ton ventre balance.

PRESENT

Ma vie est un brouillon, griffonné à la marge.
Entre avant et après, en équilibre, instable.
Quand le ciel se tait, s'abandonne aux nuages,
j'hésite, imparfait, innocent et coupable.

Entre futur, passé, longue attente infernale.
Aux vainqueurs vaincus, à tous les coups reçus.
Dans ce temps exigu, incertain, je m'installe.
Sablier ivre mort, compte à rebours, perdu.

Plus d'encre, d'encrier, à ma plume brisée,
de sonnets et de strophes, de phrases esquissées.
Un grand silence froid, brûlant toutes les pages,
grand miroir vibrant au reflet d'un mirage.

Suis je mort ou vivant, à la bulle du temps.
Voyageur clandestin, à la fureur du vent,
captif, impuissant, prisonnier d'un géant.
Alors, seul au présent, immobile, j’attends.

FAUST

J'ai perdu tous les noms, oublié les visages.
De brume et de brouillard, silencieux et désert.
Ne restent que les mots, au parfum de mirage,
dispersés, un à un, au fracas du tonnerre.

Dans le silence épais de ce champ de bataille,
unique survivant, seul au ballet des balles,
les tympans bourdonnants, livide, infernal.
Le diable a bien voulu, renouveler mon bail.

Un contrat de mille ans, signé avec mon sang,
mon cœur, mes artères, sans retour en arrière.
Que m'importe le prix, ce que je gagne ou perds,
juste quitter l'enfer, rejoindre ton présent.

Errer, seul, maudit et tirer sur ma laisse,
comme un chien fatigué, avide de caresses.
Solliciter encore, noir Méphistophélès,
la retrouver enfin, ma reine, ma déesse.

FERMETURE ECLAIR

Lorsque mes mains fébriles,
de ce corps agité,
cherchent à suivre le fil.

Sur la pointe des pieds,
elle hisse ses lèvres,
à mes lèvres pressées.

Robe noire, entrouverte
éclair, la fermeture,
brille à la peau, offerte.

Bouche, à l'aventure,
qui s'avance, s’entête,
insoumise et alerte.

Yeux mi-clos, elle guette
au ventre immaculé ,
la porte dérobée.

Le plaisir enfin bu,
à l’étrange calice,
vacillons, tous les deux. 

C'est au fil perdu,
au suprême supplice,
Que j'aime, que je veux.






AUTOPSIE

La table d'autopsie où ce matin je dors.
Mon âme fatiguée voudrait quitter mon corps
Les experts, intrigués, qui recherchent sans trêve,
l'origine inconnue de cette étrange fièvre,
ont beau me découper, étudier L’ADN,
n'ont toujours pas compris où était le problème.

Ne savent toujours pas, que simplement, je t'aime.
Que tu avais glissé, juste sous l’épiderme,
l'odeur de ta peau et le goût de tes lèvres.
Que, quand mon cœur las, s'abandonne à tes rêves,
sur le métal froid, il reste le plus fort,
à tes yeux, invisible,mon amour bouge encore.

M'AIMER ET ME LE DIRE.

Qui pourrait, oserait me le dire.
Que le temps, écoulé,
a fini par me fuir.
Que ces combats anciens,
de rage et de délire,
le furent tous, en vain,
au moment de partir.
Que la vie est un vice,
dont je fus le complice.

Quel homme suicidaire,
encore, voudrait me suivre.
Entre jungle et désert,
vivre, brisé, mais vivre.
Quelle femme assez folle,
se blottirait à moi.
Peindrait une auréole,
à mon âme de bois.
Viendrait sans artifice,
le plaisir retrouvé,
à ce corps fatigué,
de trop de cicatrices.

De tous, ces qui, ces quoi,
tous ces morceaux de moi
Qui sera le plus fort,
le meilleur et le pire?
Qui donc, pourrait encore,
m'aimer et me le dire?

ASSISE SUR LE LIT

A quoi donc pense-elle, assise sur le lit,
Dans la pénombre, ainsi, découverte à demi.
Point de miroir offert, à la chair qui luit.
Seins fiers sous la dentelle, vivants leurs propres vies,
Ils veulent des caresses, songent, inassouvis,
aux mains de leur maitresse, aux plaisirs interdits.

Dans le silence, inquiète, elle cherche l'oubli.
Son invisible quête, un moment assoupie.
Elle rêve de conquêtes, de plaisir et de cris.
A ses cuisses, à son ventre, le velours de la nuit.
Quant au cœur haletant, le désir fait mal,
Elle se mord les lèvres, au bonheur infernal.

Quand mille papillons, volètent sans un bruit,
à la tendresse offerte, à ce corps ébloui.
Et rallument en cachette, un monde évanoui.
Comme le premier jour, épanouie, offerte,
La brune, en cachette, dans la chambre déserte
A quoi donc pense-elle, assise sur le lit.

ASSIS

Juste elle et moi, assis en face du silence.
Adossés à la nuit, à sa douceur sombre.
A nos têtes aimantées, de l'autre la présence.
Rassembler nos lumières et rassembler nos ombres.

Si loin, si près, comme folle évidence.
Assis au bord du vide, apaisés et tranquilles.
Soudain pris de vertige lorsque le cœur balance.
Hésitants, habités de ce rêve immobile.

Du temps réinventé, laisser aller le fil.
S'abandonner enfin, aux caresses du vent.
Oublier le présent, ses phrases malhabiles.
Entre nous, elle et moi, l'espace d'un printemps.

DOCKS

Lorsque les grues géantes, de boulons et d’écrous.
Hésitent au bord du quai, au ventre des cargos.
Quand le ciel s'incline, brille aux ronds des hublots.
Le port enfin se tait, au brouillard aigre-doux.

Au bout de la jetée,  lampadaires manchots.
Les pieds dans le ciment, usés, courbent la tête.
Lumière jaune , hagarde, enfin rase les flots.
Hésite, vagabonde, disparait, nous inquiète.

Arrimé à la hâte, cramponné à sa place.
Le porte containers, crache ses matelots.
La passerelle craque, de rouille, de guerre-lasse.
Pour les laisser s'enfuir, oublier le boulot.

Pauvre petit troquet, qui gite au bord de l'eau.
C'est le vent de la mer, l'odeur du tabac,
que jette, bruyamment, la sueur à la peau.
Dehors un marin ivre, vomit en longs sanglots.

Quand l'alcool coule, à flots, en vagues nous inonde.
Endort nos cerveaux, corps de brunes et de blondes.
Lorsque le petit jour efface tous nos maux.
Ne reste que ce monde, de femmes et de bateaux.

SANCERRE

Dans le verre de cristal, l'or pale du Sancerre.
De la coupe à la bouche, le liquide scintille.
Accroche son reflet à ses grands yeux qui brillent.
C'est la reine du soir, centre de l'univers.


Derrière de hauts vitrages, le jour disparait .
Le grand parc muet, s’efface, comme à regret.
La nuit pleine de brume, couvre la roseraie.
Dehors tout est tranquille, même le vent se tait.

Maitresse de soirée, elle tourne, virevolte.
Point de robe, de strass, de perle, de paillette.
Allant de l'un à l'autre, c'est un jean qu'elle porte.
Elle s'agite, légère, la superbe soubrette.

Tous enfin, fatigués ont fini par s'enfuir.
Grand portail fermé, elle songe, tranquille.
Seule, belle, gâtée, elle rêve de partir.
De retrouver l'ailleurs, secrète et indocile.

SOLO

Immobile, en solo, je l'écoute se taire.
Cristallin et limpide, ce silence m'enchante.
Les yeux mis clos, je recherche son air.
L’âme récompensée, d'une aussi belle attente.
Imaginé cent fois, comme un souffle éphémère.
Mille mots silencieux, tous ivres de vous.
Susurrés au vent fou, sous ce plafond de verre.
Battement délicat, de la veine à son cou.

LE PETIT CIMETIERE

Mille pas t’ont guidé, vers le vieux cimetière.
Quelques vies parsemées, sous la tendre lumière.
Lorsque les croix rouillées, volutes, fer forgé.
En muettes prières, sous les arbres courbés.

Qui donc s'est couché, sous ce frais manteau vert.
Tant d'amour oublié, dans ce temple précaire.
Tous ces noms effacés, sur ces dalles de pierre.
Beau silence éraillé, par le vent facétieux.

Le ciel s'est couché, sur ces rêves éphémères.
Immobiles, assoupis, dans leurs habits de terre.
Combien d’âmes envolées, éternité paisible.
Le petit cimetière, grand songe irréversible.