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Affichage des articles du juin, 2014

SOMBRE

Assis au bord du vide, au petit jour, hagard,
cœur cognant dans la tête, au point de non retour.
Parcouru tant de routes, fait tant de faux départs,
pour en arriver là, dernier compte à rebours.

Sillonné en tous sens l'obscur coté sombre,
renoncé mille fois en croyant faire un choix,
cru qu'un peu de soleil effacerait les ombres,
que prier dans le noir me donnerait la foi.

Balancés idéaux dans la benne à ordure,
effacés tous les mots à cette vie banale,
accélérer à fond plutôt que ralentir,
être à peine arrivé et déjà repartir.

Grains de sables oubliés en haut du sablier,
à mon âme déserte, le temps s'est arrêté.
Ni projet, ni regret, sans passé, sans futur,
pour se faire oublier, ma vie rase les murs.



COMMENT ?

Comment donc, sans un mot pourrais-je te l'écrire,
en silence glisser sur d’invisibles phrases,
jour après nuit, le dire, sans tricher, sans trahir,
rester simple, serein, m'agiter sans emphase.

Comment donc ignorer, ce désir qui m'emporte,
cette fièvre cachée que tous mes sens attisent,
abattre un par un, tous les murs et les portes,
quand je suis déjà pris et toi déjà conquise.

Comment donc masquer ces rides en cohortes,
ce cœur fatigué, cette vieille carcasse,
tant d'années amassées comme de la peau morte,
la jeunesse brulée qui peu à peu s’efface.

Comment donc oublier, comment donc me taire,
accrocher un soleil au gris des matins blêmes,
respirer à ton air, boire dans le même verre,
te serrer contre moi, enfin dire, je t'aime!



SOLSTICE

Quand j'ai l’âme à la vague,
temps bourdonnant, hagard,
le cœur vibrant, divague,
aux méandres du soir.

Dans le noir, tu tisses,
comme phare au levant,
éclats de ciel brûlants,
à ton regard complice.

Ailleurs et pourtant là,
sous mes paupières, tu glisses,
ma brune, mon solstice,
ta chevelure, tes bras.

C'est collé contre toi,
mélangées nos blessures,
tes doigts entre mes doigts,
ta bouche qui rassure.

je t'ai rêvé cent fois,
petits pieds, mille pas,
ton souffle, tes caresses 
mon amour sans laisse .



CE QUE MA PEAU MURMURE

As-tu bien entendu, ce que ma peau murmure,
ces silences écrits, cette douce brûlure,
ce long frémissement, ce regard moins pur.

Quand tout devient ardent, que la fièvre s'invite,
sous le corsage blanc, ce cœur qui bat trop vite,
tes jolis seins hurlants à l'envie tyrannique.

As-tu bien regardé où mes deux mains se glissent,
ivres, folles, égarées à ta chair complice,
sous le tissus léger, aiment tes hanches lisses.

Puis se laissent emporter, dérivent un peu, s'invitent,
à ce ventre nacré, bouillonnant, qui palpite,
ce corps souple et vibrant où le plaisir s'agite.

Bouches, lèvres, baisers, nos langues apprivoisées,
dessinent arabesques, mille mots adorés,
déposent à mon épaule, ton épaule aimée.

PHENIX

Fait de bric et de broc, lorsque le temps ballote,
efface tous les mots, ferme toutes les portes.
De plantes venimeuses et d'épines acérées,
le petit jour se tait au ciel décoloré.

Ce destin fatigué, dont je ne suis plus maitre,
ces figures imposées que je ne sais plus faire,
d'un seul coup oublié et l'art et la manière.
Descente chaotique au présent éphémère.

Passager inutile, d'un radeau de fortune,
zigzaguant entre écueils et nuages de brume,
longue errance immobile, où l’âme se complait,
chaque matin, fébrile à l'amour je renais.

Cent fois, j'ai cru, j'ai dû, de la vie lâcher prise,
mille fois revenu, déchirer l'aube grise.
De ce combat sans fin, cette marche harassante,
ni vainqueur, ni vaincu, reste juste l'attente.

BIVOUAC

C'est au ciel végétal, la jungle maléfique
Machette trace la piste où les lianes s'invitent
Dans l'air de cristal, l'orchidée narcissique
Plus loin, le fleuve vert et ses courbes tragiques.

Tous les deux, cheminons, elle est souple, va vite
pantalon de treillis, chemise brune ouverte
La sueur à son front, diadème en  gouttelettes
sa main serre la mienne, au courage m'invite.

Quand la fatigue vient, aux muscles endoloris
Nettoyer à la hâte quelque mètres carrés,
dérober un instant aux insectes maudits,
bivouac de fortune, pour boire, pour manger.

C'est assis cotes à cotes sur un arbre couché,
la belle fatiguée, contre moi appuyée,
Que je me mets à voir, ce que j'ai ignoré,
le visage angélique sous la crinière mouillée.

Grands yeux félins, faits de brun, de lumière,
La foret est humide, alors elle frissonne,
sa tête à mon épaule, se cale, s' abandonne,
nos chaleurs mélangées au fond de cet enfer. 

J'ai tourné mon visage aux lèvres qui me frôlent,
senti ce souffle c…

LA MORT A SA FENETRE

La mort à sa fenêtre, regarde le printemps,
elle a mon zéro six, mon mail, mon présent,
m'invite comme ami dans son réseau social,
m’envoie de nombreux posts, une amie idéale.

Chaque jour, à l'écran, elle écrit, elle hangout,
prend soin de moi, me prédit un burn out.
Je la croise parfois, la sombre amie sans fard,
évitant la caresse de son brûlant regard.

Entre elle et moi, contrat, un deal original,
tomber fou amoureux, une dernière fois,
renaitre de mes cendres, à l'amour infernal.
M'endormir assouvi au monde de ses bras.

Quand la belle aura fui, lassée de sa conquête
à nouveau, seul et froid, le cœur vide, inerte,
mon âme déchirée, aux abimes offerte,
vers ce baiser létal, j'irai à sa fenêtre.