dimanche 20 décembre 2015

RIEN A DIRE



Je n’aurais rien à dire,
Pas un bruit, aucun mot.
Seulement ce silence qui glisse sur ta peau,
Ce frôlement soudain,
La chair qui frissonne, tendre, au ballet des mains.
Tes courbes, tes rondeurs, tapies sous la dentelle,
Où le souffle s’égare quand l’envie se réveille.
Cette offrande muette,
Tous ces sucs, ces miels, aux lèvres, scintillants.
Je n’aurais rien à dire,
Pas un bruit, aucun mot.
L’arrondi délicat de tes attaches fines,
Le galbe d’un mollet, la courbe d’une hanche,
Tes mille et un secrets déclinés en patience,
Cet amour qui se tait et fait ta connaissance.

dimanche 13 décembre 2015

TOUS LES MOTS



J’ai appris tous les mots et j’ai lu tous les livres,
Tour à tour héros, salaud à la dérive.
J’ai vécu mille vies, bu tant d’alcool amers,
caressé tant de peaux, avalé de travers,
vos rires impatients, vos soupirs, vos colères.

Désiré si souvent, ce retour en arrière,
ce magique moment, boire l’air à vos lèvres,
rouler à contresens, laisser dire, laisser faire,
laisser  fondre le temps, redevenir poussière,
tourbillonner au vent pour aimer sans manière.

lundi 7 décembre 2015

FRAGILE

C'est un soir, un matin ?
Juste un jour rugueux sur un mur râpeux.
Le cœur nu sous l'imper, le col remonté.
Mille mots qui ruissellent et frappent sur la tempe,
Le regard noyé à l'invisible attente,
Lèvres sombres, muettes,
Bouche tendre au baiser.
Lorsque le temps s'étire, s'efface au passé,
La belle veut partir, se perdre, oublier,
Elle rêve d'avenir, d'un amour insensé,
Seule au monde, fragile,
A la force d'aimer.

Peinture Carlo Caravagna 

samedi 7 novembre 2015

RIMMEL

Silence bourdonnant qui te colle aux oreilles,
rouge à lèvres saignant à la bouche trompeuse.
Regard flou et tombant de l’œil bleu qui rimell.

la cigarette fume entre les doigts vernis, 
quand la brune en a marre le corps s’assoupit,
sans désir, ni envie, à la robe avachie.

C'est le bout de la nuit qui sombre dans l'alcool,
son amour est parti lassé de la picole.
Elle oscille l'amante, avant  de le maudire.



Peinture de Malcom T Liepke






LES PETITS NOEUDS

Quand le peintre s'invite aux douces découvertes,
dessine quelques courbes, enivrantes, alertes,
qu'il défait les nœuds de ses doigts malhabiles.

C'est à l'ocre de chair et au blanc de titane,
que le pinceau s’émeut et puis enfin s'enflamme,
à la cambrure légère, à la peau d'une femme.

C'est ce ventre soyeux que l'artiste réclame,
caché sous le tissu, le secret de la dame,
à peine entrevu, pour qui l'homme se damne.

Peinture de Malcom T Liepke



samedi 17 octobre 2015

SUR LE BOUT DE LA LANGUE



Comment te dire ?
Je l’ai là, sur le bout de la langue,
Le gout de toi lorsque tu tangues,
ce fol émoi, cette envie tendre.
Tout te donner et tout te prendre,
tout inventer, tout réapprendre.

Comment te dire ?
Je l’ai là, sur le bout de la langue.
Extirper en douceur, le plaisir de sa gangue,
l’aimer et le chérir, redécouvrir ensemble,
les mille et un secrets où le désir tremble.

mardi 13 octobre 2015

J'AURAIS PU

J'aurais pu vous narrer de superbes histoires,
vous dire, vous raconter les plis de ma mémoire.
Griffonner sur ma feuille, quelques mots dérisoires,
Mille et un arcs en ciel accrochés au grand soir.

Entre l'avant, l'après, dire la fièvre au corps,
la sueur à la peau, l’épaule que l'on mord.
Vous parler de la vie, de l'amour, de la mort,
j'aurai pu tant de choses, sans regret, sans remord.

Mais je n'ai pu que vous, te le dire en silence,
graver vers après vers, une aussi lourde absence.
Un désir aussi fou, comme une confidence,
juste rêver de vous, aimer à contresens.


samedi 10 octobre 2015

LE FOULARD

Tout de vous, tout de toi, derrière ce foulard ,
tes jambes si agiles, tes yeux derrière les cils,
ce trouble, cet émoi , jeu de colin-maillard,
ce qui m’entraine à toi, cet invisible deal.

Lorsque que tout va de soie, aux dentelles fragiles,
Les vagues et les vents, sont de mille manières,
ce vibrant océan, dont je suis la presqu’ile,
le corps ondulant d'une belle écuyère.

Ce qui parle de toi, visible et invisible,
désir fait les cent pas, essaye de se taire.
laisse les mains, les doigts, à la taille flexible,
j'ai beau dire, beau faire, mais tout en vous m'attire.





samedi 3 octobre 2015

ARGILE

Tout est si près, inaccessible, ce que je tais, à la dérive.
Les toujours, jamais, cousus au même fil.
Entre l’avant, l’après, cet instant immobile,
Ce que le cœur sait, la raison si fébrile.

Le présent imparfait, le futur fragile,
la vie en pente douce qui glisse vers l’abime.
Tous les mots que je touche et la peau sous l’argile,
frémissante en secret sous d’invisibles rides.

Quand, ce qui est aisé nous semble si pénible,
Il suffit de rêver et tout devient facile.
Quitter nos oripeaux, nos hardes, nos guenilles,
Juste voir le beau et dessiner une ile.

jeudi 1 octobre 2015

LE TEMPS

Encore un peu de temps, de silence, de vent.
Juste un peu de patience...
Plus de faux, plus de vrai, pas la  moindre évidence.
Entre l'après, l'avant, le bruit des certitudes,
pas le moindre printemps à l’hiver si rude.

Lorsque seules au néant,
les comètes s'invitent et chevauchent l'instant,
avant de disparaitre aux gouffres des trous noirs,
le ciel si froid se tait à l'ombre dérisoire.

Quand viendra le moment,
que l'air sera si doux, au moment de savoir.
Quel était le début, qui écrira la fin ?
Encore un peu de temps!



mardi 15 septembre 2015

ENDORMIE

Quand le silence luit, au jour qui trépasse,
que les pages du livre, une à une s’effacent,
que l’âme assoupie, s'étire, se prélasse.
C'est ma brune endormie au rêve qui embrasse,
allongée sur le lit, offerte à la nuit,
au désir, à l'envie,
à l'amour qui passe.

INFIRMIERE

je l'entends sans la voir, petits pieds en cadence,
elle est dans le couloir.  s'approche avec aisance,
maitresse d'un royaume, tout au fond des urgences,
la mort s’exaspère et va perdre patience.

Quand la crinière brune, se découpe à la porte,
mon infirmière est là.
Et c'est à ses grands yeux, c'est à la blouse blanche,
à ce corps parfumé, à ses hanches qui dansent,
qu'à la tombée du jour une autre nuit s'élance.

Elle à tout vérifié, voix douce et attirante,
mon pouls, mon cœur, mon âme,
Enfin m'a laissé seul au diable qui me tente,
à rêver dans le noir à ses courbes de femmes.

dimanche 13 septembre 2015

SEPTEMBRE

Un grand parc désert,
frissonnant de silence,
le soleil trop pâle pour dessiner nos ombres.
Des arbres fatigués, au vent froid qui s'élance,
quelques bancs désertés, blottis dans la pénombre.

Le miroir de l'étang qui se grise aux nuages,
Baudelaire et Musset sont partis en voyage,
douce mélancolie qui ouvre son cartable,
aux heures assoupies, aux jours interminables.

Cote à cote, fiévreux,
le rêve nous rassemble,
ce chemin sinueux où nos vies se mélangent,
bras autour de ta taille, les regards qui s'échangent.
Toi, moi, tous les deux et nos lèvres ensembles.

samedi 12 septembre 2015

VELOURS

j'ai rêvé mille fois aux pieds cuir et corail,
baisé avec ardeur vos chevilles si fines,
laissé mes doigts aller, caresser en douceur,
vos genoux, vos mollets, vos si tendres rondeurs.
Parcouru hésitant, vos cuisses, vos douceurs,
pour mourir lentement sous la robe légère,
aux velours troublants qui font battre mon cœur.

LES VOLETS

Il n'y a que le vent aux vieux volets qui claquent,
et la pluie qui tournoie en larmes pathétiques,
pour s’écraser enfin aux vitres déjà sales,
sous le ciel si bas aux nuages tragiques.

Plus d'été, de printemps, de soleil, de fête,
tout est gris au présent, là, derrière les fenêtres. 
Le silence pesant , ricochant d'arbre en arbre,
résonne au cœur cognant, sous la suie de la ville.

Au bal des amants, à la chambre livide,
l'ampoule suspendue, qui tremble, qui vacille,
éclaire par instant le lit qui reste vide.
Il n'y a que le vent et l'amour en guenilles.




samedi 5 septembre 2015

TOI

Je ne vois plus que toi, 
même seul dans le noir,
quand le monde se tait, tu es seule à savoir.
Je suis ce que tu sais, toi seule peux le voir,
mon toujours, mon jamais, ma belle dans le noir!

TALONS

Vos petits pieds claquant,
aux néons, à la lune,
au sommet des talons, mollets en arabesque,
genoux ronds, 
cuisses tendres, masquées et dévoilées à la jupe qui tremble,
vous hissent à mon visage,
à mes mains sur vos hanches.


jeudi 3 septembre 2015

AMOUR BIO

Je ne veux pas d'amour bio, pas d'amour OGM...
Du bon, du gros, du vrai,de l'amour qui tache.
de la chair, de la peau, du désir, des" je t'aime"
cœur cognant, fatigué, vêtements qu'on s'arrache.

Je le veux dans mon sang, gardez vos alcootest,
laissez moi vous souffrir, tout le temps qui me reste.
Des parfums capiteux, pas d'huiles essentielles,
des nuits sombres sans vous, à perdre le sommeil. 

Rester là, sur la ligne, entre le bien le mal,
au fil du rasoir, sans leçon de morale.
Tomber à vos genoux, aimer avec ivresse,
me consumer sans fin aux feux de vos caresses.




mardi 1 septembre 2015

UNE VILLE


Je suis moi, banale, ordinaire,
allez, comment vous dites ? Une ville ouvrière !
Je hais votre dédain, autant que vos manières.
Je me rêvais brillante, et un soupçon altière,
mais je ne suis que ça, triste et ordinaire.

Des maisons alignées qui regardent parterre,
point de granit rose, ici pas de palais,
aucun roi, ni déesse.
Aucune cathédrale pour indiquer le ciel,
même Dieu n'ose pas, frapper à notre porte.

Ma peau douce autrefois a perdu son éclat,
les murs font grise mine, à la fumée, au froid, aux vapeurs d’essence.
Point de disc-jockey, c’est le marteau pilon qui donne la cadence.
Le soleil est si froid, brille par son absence.
Ne me demandez pas, je suis tout ça aussi.

Voilà.!

Je préfère le gros rouge aux coupes de champagne,
les poètes maudits et les verres de plastique.
Ici les lampadaires baissent tous la tête,
et ce n’est qu’à la pluie que les rues sont brillantes.


J’ai fait quelques efforts, ravalé mes façades,
retapé ma mairie entre l’acier, la pierre,

Et lorsque vient la nuit parcourue de frissons,
je fantasme et clignote, aux bars, à leurs néons.
mais j’ai beau dire beau faire, je ne suis qu’ordinaire.