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Affichage des articles du avril, 2015

UN FROLEMENT

Vous êtes un frôlement, Madame,
ce bruissement léger, cette étoffe de soie,
J'ai beau tourner la tête, vous chercher dans la foule,
vous me laissez sans voix.

Oui ! vous m'avez croisé, avant de disparaitre,
élégante, élancée, sans jamais me permettre,
de croire, de rêver et d’espérer peut-être.
Un seul regard de vous et j’aurais pu renaitre.

j'ai beau courir les bals, fréquenter mille fêtes,
vous avez disparu au soir de ma conquête,
me laissant seul, perdu, ivre de vous connaitre.

Ne me reste de vous, que le parfum d'une âme,
ce bruissement léger, ce passage du charme.
ce soir là, j'ai frôlé le désir d'une femme.






TA BOUCHE

Avance la, ta bouche,
encore plus près, qu'elle me touche,
offre le moi ce souffle,
ces lèvres tièdes et tendres que le rouge camoufle.
C'est juste effleurement,
la muette promesse de ce muet tourment.
Offre-la-moi ta bouche,
que nos âmes se touchent.

LE BAS

J'ai parcouru le bas, jusqu'en haut de la cuisse,
abandonné la soie pour cette peau si lisse.
Ressenti ton émoi, cet émouvant supplice,
laissé aller mes doigts à cette chair complice.

ILLUSOIRE

Ça n'est déjà plus hier, pas encore aujourd'hui,
c'est à l'aube hésitante, à la nuit qui s'enfuie,
les fantômes qui rentrent, les serments qu'on oublie,
la vérité brûlante, les mots dits et redis.

Cette magique errance, entre brume et brouillard,
suis-je venu trop tôt, suis-je parti trop tard,
Lorsque l’âme balance, ignorance et savoir,
deviennent un même mot, à la vie illusoire.

La voilà bien ma vie, de fumée, de poussière,
de silences, de cris, sans l'ombre d'un ami.
Je n'ai jamais appris à faire de prière,
et le diable m’a dit que c'était mieux ainsi .






MUSE

C'est le matin, c'est l'aube,
le jour qui murmure,
entre deux expressos,
j'écris, je fume et je rature,
je dessine des mots.

Je la sens dans mon dos,
par-dessus mon épaule,
quand la tête s'incline
la chevelure brune,
s'invite, me chatouille.

Ce parfum qui me trouble,
cet air qui m'entoure, 
cette tendre malice.
Le monde semble doux,
à ma muse complice.

A LA MARGE

J'avais écrit ces mots à l'encre sympathique,
un par un, en silence,
à ta peau, souffle court,
cœur cognant électrique.

Écrit tout ce désir, ces folles italiques,
ces invisibles courbes,
cette droite glissant,
au pôle magnétique.

Écrit, tout d'un seul coup,
sans la moindre rature,
heureux et malheureux
parti à l'aventure.

Parcouru en tous sens,
une aussi belle page.
oser, encore oser,
pour t'aimer à la marge.

SIESTE

Un vieux mas, près d’Aix, dormant sous la chaleur,
d'anciens murs fatigués, qui perdent leurs couleurs,
je me souviens du jour, je me souviens de l'heure,
quinze heures, treize juillet, l’éclatante lueur.

Grande pièce perdue, déserte, immobile,
au sol des carreaux, des tomettes d'argiles.
Sur la table de bois, c'est là près de la porte,
que j'écris mon émoi, quand la vie m' insupporte.

Au fond, contre le mur  un fauteuil de cuir,
ronds et larges accoudoirs, profond comme un soupir,
C'est la qu'elle somnole, blottie à la lumière,
entièrement dévêtue aux rayures des persiennes. 

En pleins, en déliés, les gouttes de sueurs,
s'invitent à la nuque. dessinent entre ses seins,
offerte, abandonnée, c'est un ange qui dort,
douces jambes croisées, belle comme un remord.

Invitée éphémère, d'un éphémère moment,
Le cœur douloureux,  je l’imagine encore,
je ne voudrais pas être, mais juste avoir été.







EN NOIR ET BLANC

En noir et blanc, sur papier mat,
offre et dérobe au photographe,
En folles courbes et grain de peau,
elle imagine une photo.

C'est juste à sa chair immobile,
enchevêtrés, longs doigts de femme,
qui s'inventent et se redessinent,
dans le studio, calme et tranquille,

Quand l'objectif, sourd et muet,
essaie d'happer le temps qui passe,
le fou désir, qui se prélasse,
cette envie tendre, de gémir.

Lorsqu'à l’épaule, coule l'ombre,
les heures se cassent en secondes,
les yeux mis clos, seule à son monde,
elle se construit, me réinvente...

LA JUPE DE SOIE GRISE

Le plafond, tourne autour du grand ventilateur,
l'air chaud, bourdonne de moustiques,
léger voilage, qui s'agite,
au vent moite, à la torpeur,

Sur le sol, la longue jupe de soie grise,
froissée, jetée, dans le tourment,
dernier écrin de ma promise,
abandonné juste à l'instant.

Dans le grand lit, mes yeux dérivent,
de la douche, à la fenêtre,
des rideaux bleus, jusqu'à l'eau vive,
j’attends de te voir apparaitre.

Petite table et verres d'alcool,
cendrier plein de mégots morts,
mescal fou et vitriol,
pour conjurer le mauvais sort.

Petits pieds nus laissent une empreinte,
sur les carreaux qui te reflètent,
corps dessiné en  gouttelettes,
lumière dorée aux lèvres peintes.

Seules aux draps blancs, nos vies s'inclinent,
s’étirent, se fondent, s'imaginent,
crinière brune où cacher mes mains,
tes yeux ardents au fond des miens.



PANNE

L’escalier est en panne et j'ai pris l’ascenseur,
ce bloc de métal, qui mène vers ailleurs,
décollage immédiat, choisir un numéro,
pour quitter en cachette, le sol et son zéro.

la porte qui hoquette, s’entrouvre, laisse apparaitre,
un homme gris, en costume, au bout de sa mallette.
Le regard qui pendule, va du sol au plafond,
il regarde l'heure, se la joue grand patron.

C'est au niveau dix sept, qu'il sort pour de bon,
dessine un geste large pour laisser le passage,
à la brune menue, à ce troublant corsage,
silencieuse et coquette, perchée sur ses talons.  

Son parfum capiteux, agace mes narines,
mais je regarde ailleurs, je rêve à la divine,
j'imagine en silence, une invisible panne,
C'est inscrit sur son badge, elle s’appelle Anne.

HISTOIRE DE LOUPS

Histoire de loups, de louves, de forêts, de grand nord,
de canines acérées, brillants sous les babines,
hurlements sous la lune et terreur primale.

Cabane de rondins, autour du vieux poêle,
gobelet de métal plein de café brûlant,
dehors l'aube givrée au monde minéral.

Belle et brune endormie, tout au fond du vieux lit,
corps nu sous la fourrure, elle ronronne, sourit,
Innocente impudeur, brille à ses yeux de femme.

Dehors neige, froid et montagne,
Arbres courbant l’échine, inclinés vers les cimes,
vent glacial, gelant les hommes à son passage.

Prêts à tout dévorer dans l’hiver infernal,
nous voilà enlacés, elle louve et moi loup,
ensemble abandonnés à l'amour animal.





AUREOLE

Laissées loin, en arrière,
emplies de laisser dire,emplies de laisser faire .
mille vies ordinaires,

Elle a jeté au loin l'encombrante auréole,
pour déchirer, enfin, la vieille camisole,
redessiner son rêve.

C'est enveloppée d'ombre,
de ce bruit silencieux, qui glisse dans la chambre, 
au noir de ces cheveux, à mes lèvres qui tremblent.

D’étreintes oubliées, de mots ressuscités,
enfin elle s'abandonne à ce souffle léger,
Elle prend et se donne.



NON , CA N'EST PAS LE NOIR

Non ça n'est pas le noir qui rend les femmes belles,
car une fois ôtées, la robe, les dentelles,
vêtues de leur parfum, de leur coque charnelle,
elles sont là désirées, paysage irréel.

Ce ne sera jamais, la douceur de la soie,
qui pourra effacer le délicieux émoi,
cette peau que je frôle, dessine au bout des doigts,
tout ce que tu proposes et que je ne connais pas.

Et tous ces artifices, ces mille et une choses,
ne remplaceront pas, ce que tes lèvres osent,
épaule nue, offerte ou glisse une bretelle.
Non ça n'est pas le noir qui rend les femmes belles,

CAMISOLE

Arrachée de mes mots, la rêche camisole,
bruyante marche arrière, la vie à contre sens,
j'ai bu tout le tabac, et fumé tout l'alcool,
de toutes mes erreurs, cette folle évidence.
Si parti bien trop tard, j'arrive en avance,
quand le cerveaucifère, hurle à la délivrance,
tant de mots à l'envers, de quoi perdre la boule,
la route de l'enfer sous l'invisible houle.

LAISSER ALLER

Laisser aller le fil,
dérouler d'un seul coup à mon âme inerte,
milliers de mots, de vers, de repentis, de fautes.

Laisser aller limpides,
tant de phrases légères, de murmures, de regrets,
à la courbe des vents, aligner des poèmes.

Laisser aller enfin,
mes lignes vers les vôtres,
dessiner à la main, la rencontre de l'autre.

Pour oublier le temps,
cette rature discrète, éphémère, secrète,
puis me taire un instant, à la vie qui s'envole.