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Affichage des articles du mai, 2015

EPHEMERE

Je croyais, je voulais, enfin je voulais croire,
que tous ces mots lovés au fond de ma mémoire,
m’aideraient à rêver, à conserver l'espoir.

Qu'entre hier et demain, toutes les passerelles,
tous les ponts suspendus, me rendraient éternel,
ce songe entraperçu à d’éphémères dentelles.

Que le temps cesserait cette invisible quête,
m'offrirait cet instant, avant de disparaitre,
ton sourire, ta voix, où je voudrais renaitre.

REMINISCENCES

Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent,
le sol et le plafond, s'attirent, se rapprochent.
Essoufflé , tournoyant, cherchant la délivrance,
mon cerveau fatigué, à l’écume s'accroche.

Là, je vois des enfants, la cour d’école immense,
le gosse aux cheveux blond et cette plaie qu'on panse,
les genoux écorchés, les bagarres du dimanche,
tous les zéros pointés, les envies de revanche. 

Tant de départs ratés, les trains de nuit, les gares,
les verres vides ou remplis et les aubes blafardes.
les mots dits et redis, les soirées qui s'attardent,
la rencontre éphémère de l'amour en retard.

Femme assise sur moi, qui monte et qui descend,
voyage vers les cieux, qui marque la cadence,
juste fermer les yeux, perdre son innocence,
se fâcher avec dieu, pour remonter le temps.

Gisant inanimé, seul aux réminiscences,
les bribes du passé, mêlées à l'inconscience,
être ou avoir été, à l'ultime insolence.
Suis je mort ou vivant, autour les murs dansent.


POLAROID

Cette photo de toi, celle que je n'ai pas,
celle que j'imagine, simple portrait de toi.
celle que je voudrais, celle que tu n'oses pas,
simplement ton visage, qui me regarde, moi.

Cachée sous le corsage, ta belle nudité,
me raconte un voyage, à ta féminité.
Ce sont tes yeux brillants et tes lèvres mutines,
qui prononcent des mots, que moi seul imagine.

Quand tu es loin de moi, que tout me semble vide,
je laisse mon amour, vivre au polaroid.
Je n'ai que ce regard, seul au papier glacé,
nos âmes à l'unissons et la force d'aimer.


SEULE

La nuit glisse sous la fenêtre,
s’étend sur le grand lit, s'étale avec paresse,
sur le corps assoupi que le jour délaisse.

Au sommeil balbutiant, au rêve qui hésite
Longue main et doigts blancs dessinent une caresse,
se coulent sous les draps, découvrent avec ivresse.

Elle est seule étendue, au vertige qui guette,
toute entière à son corps, au désir qui s'entête.
Entrouverte la bouche, qui recherche de l'air.

A sa peau familière, lorsque la marée monte,
gémit et s'abandonne, sans regret et sans honte,
apaisée et repue, à son propre miroir.

LE GRAND FAUTEUIL

Presque vide, déserte, la chambre désuète,
le silence curieux s’étale à la fenêtre.
Grand fauteuil de cuir, aux larges accoudoirs,
où, nue, soyeuse, offerte, tu brilles dans le noir.

Quant aux cuisses si douces, à ton ventre jaloux,
j'ai enfin déposé mon visage, ma tête,
que ma langue, ma bouche, rêvent de ta conquête,
là, mes lèvres assoiffées, s'emparent enfin de tout.

T'aimer et me repaître, de ce monde si tendre,
à ce brulant secret caché entre tes jambes.
rester à tes genoux, pour tout donner, tout prendre,
tout cet amour reçu, je veux enfin le rendre.



LA FILLE DU LIVRE

Elle a quitté le livre, s'est enfuie de la page,
oublié tous les mots, les sonnets, les quatrains.
S'est glissée sous les draps pour finir d’être sage,
abandonné sa peau, à la paume des mains.

S'est mise à se lover, à donner, à offrir,
au flot inassouvi de ce murmure aimant,
Enfin chair contre chair, désir contre désir,
offerte toute entière, à ce corps frémissant.

Puis s'en est retournée, a repris son voyage
cœur et âme apaisés, belle comme un mirage,
elle a serré ma main, m'a donné le courage,
de la suivre enfin, de rejoindre sa page.





ADRAR

Mon corps est sourd, ma tête lourde,
ma bouche sèche, mes membres gourds .
Sous ma nuque le sable est rouge,
tout est figé, plus rien ne bouge,

Le ciel est plat, d'un bleu livide,
le vent brulant, souffle et s'incline,
au bal sanglant, ma carotide,
s'épanche au sol, en larmes fines,

Mon âme coule, au grand désert,
le jour se tait, tout devient noir,
entre le feu, le fer, une vie de travers,
les bras en croix, dans le Adrar,


PEIGNOIR

Quand elle sort de la douche,
cachée sous le peignoir,
à mes lèvres, à ma bouche,
on dirait un Renoir.

Quand mes mains, comme en songe,
glissent au tissu éponge,
parcourent mille chemins,
des cuisses jusqu'aux seins.

Ma brune, goutte à goutte,
ton ventre dans le noir,
qui rêve de savoir,
d'aimer quoi qu'il en coute.

HOTEL TERMINUS

Hôtel terminus.
Petite chambre vide,
clignote au néon rouge.

Le vieux lit de métal,
qui grince et puis s'emballe,
quand le sommier s'agite,
gémit, tremble et halète.

Main blanche et griffes rouges,
incrustent le plaisir,
aux épaules, à la nuque.

Sur l'oreiller de plumes,
reflets de chevelures,
se mêlent de concert.

Tendres chuchotements,
s'étalent aux draps froissés
qui cachent les serments.

Enfin à l'aube blanche,
à cette nuit d’errance,
aux corps fatigués,
à tout ce que je pense.

Cendrier de verre blanc,
à la nuit de cristal,
zippo et cigarette,
qui fume à la fenêtre.


LE JUSTE MILIEU

Entre tes pieds, tes yeux, c'est le juste milieu,
un beau champ,de chair tendre, à l'unique sillon,
c'est l'endroit le plus doux, juste béni des dieux,
langue et lèvres perdues à ce vibrant bourgeon.
Où j'aime, je découvre, au désir, à l'envie,
à l'infinie langueur, je rêve de ce puits.

TES SEINS

Pour ces saints là, pas besoin d'auréole,
Demi globes soyeux, tendres et orgueilleux,
sous la dentelle fine, ces deux belles boussoles,
chair vibrante à l'envie, vos petits seins joyeux,
attirent mille caresses, de la main et des yeux,
apparition sublime, rendent mes lèvres folles.