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Affichage des articles du juillet, 2015

BARCELONE

Minuit n'a pas sonné car l'horloge est en panne.
Petit bouge enfumé dans le vieux Barcelone,
c'est l'heure de dériver entre le cœur des hommes.
quand l'alcool est si noir, on se sauve, on se damne.

Le comptoir est en bois, patiné par les ans,
petits verres de vin sombre, alignés au présent.
Lorca est accoudé, ses yeux morts dans le vague,
rêve encore, saignant, à cette horrible guerre.

Juste vers les toilettes, à la table du fond,
sur la vieille banquette, le voilà Cervantès.
A coté Dulcinée, affalée dans l'ivresse,
de regrets, de remords, regarde le plafond.

Hemingway est bien là, gaspille ses dollars, 
touriste américaine offre ses seins ridés
désire un torero, voudrait sa grande épée,
laisse sa vie aller aux hanches des guitares.

Et  puis il y a toi, ma petite déesse,
nos mains enchevêtrées dessinent des caresses,
volutes de fumées, entre vivants et morts
dans ce bar oublié  à quelques pas du port.







VELOURS

C'est une chambre vide, déserte, indolente, une cellule blanche. Rien ne s'offre au regard, j'ai beau tourner la tête, te chercher en tous sens. Quand je ferme les yeux, je la vois, la fenêtre, à l'ombre, à la lumière, je devine tes hanches, la courbe des épaules, tes fesses attirantes. J'imagine ta peau, et l'odeur de ton ventre. Je recherche des mots pour la décrire ton antre, perdu dans tes velours à ma langue impatiente. Tu es ce que je sais, cette chair vibrante, ces pétales charnus et mes lèvres autour. Ce puits profond nacré, ou je rêve de boire. Cet alcool brulant au fond de ma mémoire. Belle, nue et dressée, fantôme à ma fenêtre, voudrait- elle m'aimer avant de disparaitre

GINGER

Imprimé là ! Sur le bout de ma langue,
ce gout de toi secret,
frais et fort de gingembre.
Délice à mon palais,
entre tes cuisses tendres,
Imprimé là ! Sur le bout de ma langue..

OBSCURITE

J'ai écouté souvent, parfois jusqu'à l'ivresse,
fermé les yeux pour voir et pour entendre,
ce silence parfait, coulant sous tes caresses.
lorsque la peau se tait, que la nuit vient s’étendre.
Vu dans l'obscurité, aux courbes, aux méandres,
à ce corps que je sais,  aux mots que je connais,
l'irrépressible envie de tout donner, tout prendre.
Enfin m'abandonner à tout ce que tu es.

QUAND MA BELLE

Quand ma belle retrousse sa belle jupe noire,
écarte ses pétales, me donne tout à voir. 
Assise loin de moi, dégrafe le corsage,
laisse aller sous ses mains les brunes aréoles.
Enfin ce sont ses doigts, perdus dans le feuillage,
qui se mettent à vibrer, dessinent une corole,
et puis s'en vont danser au tendre paysage,
au plaisir annoncé, dont ils tournent les pages.
C'est la tête en arrière, elle ondule et se noie,
unique prisonnière, des caresses de soi.
L'amour à découvert, s'est rapproché de moi,
pour m'offrir sans manière, ce délice où je bois.

TATOUE

j'ai tatoué tes courbes, juste sous les paupières,
pour ne rien oublier au fond des nuits désertes.
Ce que tu m’as donné, avant de disparaitre,
ce futur brisé, sans retour en arrière.

Déposé à ma langue, soudé à mes papilles,
trop puissant élixir, le gout de ton plaisir.
Ce suc magnifique, à la chair qui brille,
bu et rebu cent fois, au cri de mon désir.

Pour ne pas égarer les murmures de ta peau,
j'ai gravé, enfoui, la course des caresses,
dessiné tant de mots jetés avec ivresse,
hésité tout à toi entre pas assez et trop.


SENS PREMIER

j'ai repris un par un, les lignes et les mots,
en douceur, extirpé de la gangue primaire,
le vrai sens premier, fulgurante matière,
le moelleux de la chair, la douceur de la peau. 

A la courbure des phrases et strophe après sonnet,
dessiné mille fois, la fugitive trace.
La caresse légère, où  le désir se tait,
à l'écorce soyeuse quand le plaisir passe.

Pour oublier ces mots, lourds et grandiloquents,
retrouver la finesse et la course du vent,
j'ai dû te réapprendre, devenir patient,
écrire avec ivresse, conjuguer au présent.

Laisser aller sans crainte, plume vive et alerte,
donner sans recevoir, rire des moqueries.
Enfin vers après vers, arrachés à la nuit,
tout au bout de l'oubli, faire ta découverte.



VOS COURBES

Madame,
Comment les oublier,
vos courbes,vos rondeurs,
cesser de les rêver,
ne serait ce qu'une heure?

Comment ne pas penser,
au gout, à la saveur,
de vos formes adorées,
de ces dômes vainqueurs ?

Comment les caresser,
se perdre avec bonheur,
laisser aller mes mains,
à la peau, en douceur?

Comment vous l'avouer,
mon désir, ma flamme,
le dire, le murmurer,
je vous aime, Madame !



PIMENT

Petit piment rosé,
Entrouvert à ma langue.
Tendre chemin poivré,
Blotti entre tes jambes.
Charnu et parfumé,
Je voudrais tant le prendre.
A ces lèvres adorées,
Tout donner et me pendre.
Te boire, te manger,
Te dévorer, t'entendre.