jeudi 30 juillet 2015

BARCELONE

Minuit n'a pas sonné car l'horloge est en panne.
Petit bouge enfumé dans le vieux Barcelone,
c'est l'heure de dériver entre le cœur des hommes.
quand l'alcool est si noir, on se sauve, on se damne.

Le comptoir est en bois, patiné par les ans,
petits verres de vin sombre, alignés au présent.
Lorca est accoudé, ses yeux morts dans le vague,
rêve encore, saignant, à cette horrible guerre.

Juste vers les toilettes, à la table du fond,
sur la vieille banquette, le voilà Cervantès.
A coté Dulcinée, affalée dans l'ivresse,
de regrets, de remords, regarde le plafond.

Hemingway est bien là, gaspille ses dollars, 
touriste américaine offre ses seins ridés
désire un torero, voudrait sa grande épée,
laisse sa vie aller aux hanches des guitares.

Et  puis il y a toi, ma petite déesse,
nos mains enchevêtrées dessinent des caresses,
volutes de fumées, entre vivants et morts
dans ce bar oublié  à quelques pas du port.







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