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Affichage des articles du août, 2015

POIVRE ET SEL

Il y a les murs blancs,
les volets ajourés où la lumiere s’élance.
le plafond fatigué de cette pièce immense.
le sol tout usé à force d’impatience.

Les plus que parfait, écrits au passé simple,
les toujours, les jamais, agrippés à la marge,
dans le petit cahier dont j'arrache les pages.

Le cœur noir, endormit,
j'ai l’âme poivre et sel,
hésitante, hagarde, aux dessous de dentelle.

Je vois des verres froids toujours à moitié vides,
et tous ces cris sans voix à la lune livide.
Le grand lit resté là comme une confidence.

Les tuiles sur le toit, la trop vieille charpente,
ne me protègent plus, du temps et de l'attente,
immobile, vaincu aux vaines résiliences.











TES JAMBES A MON COU

Pris tes jambes, à mon cou,
tes ors, tes douceurs
ton miel, tes senteurs,
Pris tes jambes, à mon cou,
pour tout aimer de vous.

LE VENT

Il est heureux le vent,
sous ta jupe légère.
Tourbillonne, impatient,
et tu le laisses faire.

L'espace d'un instant,
glisse sous la dentelle,
Si prompt à s'inviter,
à tes courbes légères.

C'est son haleine tiède
qui caresse ta chair.
Tu te mets à rêver,
à de grand courants d'air

PERFECTO

Il y avait, il y a, il y aura,
cette fille en perfecto,
le cuir noir sous les lampadaires jaunes,
son regard dans le rétro,
sa silhouette sur le trottoir.

les volets entrouverts, le petit jour,
les draps blancs froissés,
le parfum d'ambre et de jasmin,
sa crinière noire sur l'oreiller,
l'odeur du thé et du café.

Ses yeux qui se réveillent aux miens.
Tous engourdis,
ses jolis pieds, ses petits seins,
toute une nuit,
sous le matin.

Et puis le mur, les photos,
un clair-obscur poétique,
un nouveau jour,
jusqu'à demain.
Elle a remisle perfecto.





SOLEIL

Ça n'est que le matin, quand le soleil renait,
rouge et concupiscent, glisse sous les volets.
S'étale frémissant, à ta chair enivrante,
à ce corps qui attend, à sa belle indécence.
La caresse de l'or au désir en partance.

SOFA

Grand sofa  de velours, lorsque tombe le jour.
Revoilà la pénombre, qui masque et qui découvre,
à l'air chaud immobile, le désir s'entrouvre.
Elle s'abandonne, absente et voyage au long court,
choisi la ligne droite, pour caresser ses courbes.

Au tissu écarlate, quand la nuit devient lourde,
brille sous les paupières, à la tête en arrière.
Lorsque les doigts s'agitent, s’égarent et puis hésitent,
s'évadent par moment, pour l’aimer toute entière.
le corps frémissant, se tord et laisse faire,
l'espace d'un instant, au plaisir s'invite.



CANICULE

Lorsque tout ce silence, finira par s'entendre,
que ce cœur  fatigué, finira par se fendre.
C'est l'air brûlant des nuits, aux rouges canicules,
ce qui meurt , ce qui vit et que le temps bouscule.
l'horizon craquelé aux larmes de bitume,
les secondes effacées, oubliées, une à une.
A d’invisibles dieux, à leur folle rancune,
disparaitre à jamais et hurler à la lune.

De discrètes victoires en cinglantes défaites,
au bonheur illusoire d'un fragile paraître.
De questions malhabiles, en muettes réponses,
le besoin de savoir tire ses coups de semonces.
Être vivant et croire, masquer mon ignorance.
Au ciel bien trop noir, chercher la délivrance.


PETIT MATIN

Il pleut, c'est le petit matin,
mon âme est engourdie, elle est sous les nuages.
L'odeur du café noir et de l'herbe mouillée,
le cœur est endormi, il veut encore rêver.

C'est toujours le silence, encore un peu de temps,
immobile, j'attends, mais le cerveau se tait.
Avare de confidence, quand la nuit disparait,
elle emporte avec elle, mes remords, mes regrets.

Volutes de fumée, la première cigarette ,
je dois me réveiller, redevenir le maitre,
cesser de rêvasser, avant de disparaitre
à ce destin froissé, qui glisse à la fenêtre.