samedi 27 juin 2015

VOYAGE

Le voila donc ce corps, ce rêve, ce voyage,
ce si tendre pays, offert page après page.
La chevelure brune, l'ovale du visage,
les yeux déjà brillants au patient effeuillage.

Puis le cou parfumé où  la veine palpite,
plus bas sous la dentelle, offerts et dérobés,
tes deux seins adorés, ma bouche qui s'invite,
à la pointe durcie d'un plaisir deviné.

Là, le galbe des hanches et ton dos sous mes mains,
ces deux jolies fossettes blotties au creux des reins,
dernière halte poivrée, avant tes fesses rondes,
courbes tant désirées que la lumière inonde.

Enfin le ventre plat, ce triangle de soie,
ce rempart que tu ôtes, pour me l'offrir à moi,
ce sillon entrouvert, ce bourgeon plein de toi,
ce monde si fragile, la fontaine où je bois.

Laisser enfin aller, glisser, mille et une caresses,
de tes cuisses à tes jambes, sous le nylon discret,
ce langoureux périple, cet amour secret,
jusqu'à tes petits pieds, déposer ma tendresse.

mardi 23 juin 2015

LE GRAND SALON

C'est  dans le grand salon,
décoré de lambris, de glaces, de miroirs,
c'est aux tables brillantes, à ces essences rares,
que je l'ai découverte, belle hôtesse d'un soir.

Tourbillonnante, exquise,
elle s'est mise à parler, à taire, à écouter,
cette brune enivrante, sur l'or d'un canapé.

je l'ai rejoins bien vite, trop pressé d'exister,
poète narcissique, je voudrais déclamer,
me jeter à ses pieds, être muette invite.

A son visage fin, à ces yeux qui pétillent,
me laisser emporter, à ses subtils mots,
à ses tendres sourires, je sombre et je dérive.

Et puis seul, à son bras, enfin ouvrir le bal,
me perdre à son parfum, à la folle fragrance
laisser aller mon âme à son âme qui danse.





dimanche 14 juin 2015

MES DOIGTS

Écoute-les ! 
Ce sont mes doigts qui crissent au  nylon de tes bas,
qui s'égarent, s'invitent, à tes courbes de soie.
Ils glissent, ils frémissent, courent du haut en bas,
dessinent un doux supplice, s'agitent à ton émoi.
S'en vont sous la dentelle, espèrent tout de toi,
imaginent, inventent, ce qu'ils ne savent pas.



Puis guide les mes doigts!
Donne leur le temps, le doute, la patience,
montre leur comment, de ta tendre exigence,
laisse les parcourir à la paume des mains,
cette voie sans issue, le secret d'un chemin,
dont seule tu es reine et que tu m'offres enfin.




dimanche 7 juin 2015

LA BRUNE A SA FENETRE

Pour l'instant, elle est là,
la brune, à sa fenêtre.
Odeur de tabac blond,
au jour qui la guette .

Où s'en vont ses pensées,
quand elle reste muette,
Émouvant contre jour,
douces jambes alertes.

Sait-elle encore, que je suis là,
m'oublie-t-elle déjà,
veut-elle s'en aller,
fuir la douce étreinte.

D'un seul coup effacer,
l'atelier et le peintre, 
le plaisir passé,
le désir et la crainte.

Ou tout recommencer,
juste m'aimer encore,
ranimer avec moi,
le diable dans nos corps.

Comment donc le savoir,
ce qui est, ou sera,
de ce cœur qui bat,
sous le grand pull noir.





mardi 2 juin 2015

ENTRE LES LIGNES

Je ne sais, ni ne peux, enfin comment te dire?
quand je me laisse aller, j'écris entre les lignes,
prêt à tout te livrer, le meilleur et le pire,
j’espère que tu liras, je te sais, si maligne.

Ici pas de rature,
et même si parfois je délaisse la rime,
tous ces blancs sont à toi, à ce que tu devines.
aux invisibles mots, ton âme à la césure.

Sous les phrases, les vers,
se cachent, se dévoilent, ces mille et un désirs,
la folle envie d'aimer, de sombrer au plaisir,
tous les signaux secrets de cet amour offert.

lundi 1 juin 2015

MENTEUSE

Pourquoi donc suis-je mort ?
Qui pourrait me le dire?
Entre trop, pas assez,
une balle perdue, un trop violent soupir?
Est-ce le diable au corps,
le prix de mes excès,
La peur où le désir, de fuir, de ralentir ?
Lorsque le cœur s'emballe, s'essouffle et puis se tait,
à l'unique question, aux milliers de réponses,
quand l’âme se fatigue, hésite, enfin renonce.

Que ces nombreux combats, ces victoires si amères,
ne furent que vains émois, toute une vie entière.
Que le temps a bien voulu, laisser dire, laisser faire,
avant de se lasser, de faire marche arrière.
La vie m'avait promis,
des jours et des nuits à vos courbes soyeuses,
je n'avais pas compris que c'est une menteuse.