mardi 15 septembre 2015

ENDORMIE

Quand le silence luit, au jour qui trépasse,
que les pages du livre, une à une s’effacent,
que l’âme assoupie, s'étire, se prélasse.
C'est ma brune endormie au rêve qui embrasse,
allongée sur le lit, offerte à la nuit,
au désir, à l'envie,
à l'amour qui passe.

INFIRMIERE

je l'entends sans la voir, petits pieds en cadence,
elle est dans le couloir.  s'approche avec aisance,
maitresse d'un royaume, tout au fond des urgences,
la mort s’exaspère et va perdre patience.

Quand la crinière brune, se découpe à la porte,
mon infirmière est là.
Et c'est à ses grands yeux, c'est à la blouse blanche,
à ce corps parfumé, à ses hanches qui dansent,
qu'à la tombée du jour une autre nuit s'élance.

Elle à tout vérifié, voix douce et attirante,
mon pouls, mon cœur, mon âme,
Enfin m'a laissé seul au diable qui me tente,
à rêver dans le noir à ses courbes de femmes.

dimanche 13 septembre 2015

SEPTEMBRE

Un grand parc désert,
frissonnant de silence,
le soleil trop pâle pour dessiner nos ombres.
Des arbres fatigués, au vent froid qui s'élance,
quelques bancs désertés, blottis dans la pénombre.

Le miroir de l'étang qui se grise aux nuages,
Baudelaire et Musset sont partis en voyage,
douce mélancolie qui ouvre son cartable,
aux heures assoupies, aux jours interminables.

Cote à cote, fiévreux,
le rêve nous rassemble,
ce chemin sinueux où nos vies se mélangent,
bras autour de ta taille, les regards qui s'échangent.
Toi, moi, tous les deux et nos lèvres ensembles.

samedi 12 septembre 2015

VELOURS

j'ai rêvé mille fois aux pieds cuir et corail,
baisé avec ardeur vos chevilles si fines,
laissé mes doigts aller, caresser en douceur,
vos genoux, vos mollets, vos si tendres rondeurs.
Parcouru hésitant, vos cuisses, vos douceurs,
pour mourir lentement sous la robe légère,
aux velours troublants qui font battre mon cœur.

LES VOLETS

Il n'y a que le vent aux vieux volets qui claquent,
et la pluie qui tournoie en larmes pathétiques,
pour s’écraser enfin aux vitres déjà sales,
sous le ciel si bas aux nuages tragiques.

Plus d'été, de printemps, de soleil, de fête,
tout est gris au présent, là, derrière les fenêtres. 
Le silence pesant , ricochant d'arbre en arbre,
résonne au cœur cognant, sous la suie de la ville.

Au bal des amants, à la chambre livide,
l'ampoule suspendue, qui tremble, qui vacille,
éclaire par instant le lit qui reste vide.
Il n'y a que le vent et l'amour en guenilles.




samedi 5 septembre 2015

TOI

Je ne vois plus que toi, 
même seul dans le noir,
quand le monde se tait, tu es seule à savoir.
Je suis ce que tu sais, toi seule peux le voir,
mon toujours, mon jamais, ma belle dans le noir!

TALONS

Vos petits pieds claquant,
aux néons, à la lune,
au sommet des talons, mollets en arabesque,
genoux ronds, 
cuisses tendres, masquées et dévoilées à la jupe qui tremble,
vous hissent à mon visage,
à mes mains sur vos hanches.


jeudi 3 septembre 2015

AMOUR BIO

Je ne veux pas d'amour bio, pas d'amour OGM...
Du bon, du gros, du vrai,de l'amour qui tache.
de la chair, de la peau, du désir, des" je t'aime"
cœur cognant, fatigué, vêtements qu'on s'arrache.

Je le veux dans mon sang, gardez vos alcootest,
laissez moi vous souffrir, tout le temps qui me reste.
Des parfums capiteux, pas d'huiles essentielles,
des nuits sombres sans vous, à perdre le sommeil. 

Rester là, sur la ligne, entre le bien le mal,
au fil du rasoir, sans leçon de morale.
Tomber à vos genoux, aimer avec ivresse,
me consumer sans fin aux feux de vos caresses.




mardi 1 septembre 2015

UNE VILLE


Je suis moi, banale, ordinaire,
allez, comment vous dites ? Une ville ouvrière !
Je hais votre dédain, autant que vos manières.
Je me rêvais brillante, et un soupçon altière,
mais je ne suis que ça, triste et ordinaire.

Des maisons alignées qui regardent parterre,
point de granit rose, ici pas de palais,
aucun roi, ni déesse.
Aucune cathédrale pour indiquer le ciel,
même Dieu n'ose pas, frapper à notre porte.

Ma peau douce autrefois a perdu son éclat,
les murs font grise mine, à la fumée, au froid, aux vapeurs d’essence.
Point de disc-jockey, c’est le marteau pilon qui donne la cadence.
Le soleil est si froid, brille par son absence.
Ne me demandez pas, je suis tout ça aussi.

Voilà.!

Je préfère le gros rouge aux coupes de champagne,
les poètes maudits et les verres de plastique.
Ici les lampadaires baissent tous la tête,
et ce n’est qu’à la pluie que les rues sont brillantes.


J’ai fait quelques efforts, ravalé mes façades,
retapé ma mairie entre l’acier, la pierre,

Et lorsque vient la nuit parcourue de frissons,
je fantasme et clignote, aux bars, à leurs néons.
mais j’ai beau dire beau faire, je ne suis qu’ordinaire.



IVRE MORT DE TOI

Ivre mort de toi, ma princesse guerrière,
Emmêlés, côte à côte, bras et jambes noués.
Comme échouées là, nos têtes à l’oreiller,
nos bouches assoiffées, et buvant l'air de l'autre.
Quand les corps lourds, encore vibrants,
s'endorment épuisés et ne forment plus qu'un,
que les mains plus légères ne sont que frôlement,
ce sont les peaux brillantes, promesses au firmament,
qui s'évadent d'hier pour s'offrir au présent.