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Affichage des articles du août, 2016

Gourmander

Vous gourmander Madame,
être sucré, salé, ou piment d'Espelette.
Vous gourmander sans cesse,
découvrir le gout et toutes les saveurs,
de vos mets délicats, de vos mille senteurs.
Vous gourmander enfin de toutes les manières,
une bouchée de vous, c'est mon palais qui chante,
vous offrez tour à tour ce miel, ces épices,
ces brûlantes liqueurs, ce zeste de fraicheur.
Vous gourmander Madame,
être affamé de tout, vous gourmander le cœur.

Madone rebelle

Il suffisait d'un rien,
d'un filet de lumière évadé des persiennes,
de la chair estompée aux couleurs de poussière.
Lorsque les yeux mis clos posés sur le silence,
vos lèvres entrouvertes s'essoufflaient à l'attente.
La veine à votre cou, le cœur qui cadence.
Vous restiez là, muette,
à regarder mes mains entrouvrir le corsage.
En battements de peau, en caresses inquiètes,
cet abandon à l'autre, cette fleur périssable,
nous buvions le plaisir à même ce mirage.

Mais les ans ont filé au vide impénétrable
pourtant, j'aurai aimé, jusqu'à la dernière page,
vos regards lumineux et vos sombres absences,
vos frôlements soyeux de madone rebelle.

Je vous hais!

Je vous hais mon amour !
de toutes les manières.
J'exècre vos grands yeux , vos courbes sensuelles,
vos seins chauds, parfumés, ce bassin qui s'avance,
laissez-moi vous le dire, tout cela m'indiffère !

Je ne poserai pas mes mains folles à vos hanches,
ma bouche n'ira pas,
boire les soubresauts qui hurlent à votre ventre.
Je serai silencieux, lèvres closes à l'attente,
indifférent à tout, sans esprit de revanche.

Je ne dirai jamais le moindre frôlement,
ce souffle à votre cou, ce frisson de la chair,
je ne serai qu'absent, de toutes les manières.
Je vous hais mon amour, si désespérément !

Au retour de l'automne

Le ciel a mal dormi,
il a les yeux gonflés, des cernes de nuages.
C'est la pluie gouttes à gouttes, qui glisse sur les vitres,
tic-tac silencieux qui scintille au brouillard.

Elle oscille muette, le front à la fenêtre,
pose ses mains à plat sur le verre qui claque.
La tête qui s'incline, caresse l'aube pale,
La lumière qui coule à la nuque, aux épaules,
en désir diaphane à la peau qui frissonne.

Le jour hésite encore, s'invite à la pénombre,
dessine contre ses courbes, offre le galbe aux ombres.
De reflets en reliefs, la chair, le grain de peau,
s'illuminent, s'égarent, songent et vagabondent.

C'est là, vacillante et nue, aux formes indécises,
femme entraperçue, seule au rideau d'ennui,
au coucher de la nuit, au retour de l'automne.

JACK DANIEL'S

J'ai fini le bourbon et j'ai mal à la tête,
les murs qui tournent en rond autour des fenêtres.
L'aube a rejoint la nuit, tourbillonne insoumise,
même la rue titube à cette valse grise.

Elle se déshabille, dit qu'elle a mal aux pieds
s'affale sur le lit, disparait sous la couette.
Je reste là, assis, muet, à regarder
la belle disparue sous l'aurore de plumes.

L'odeur du café noir qui fuit de la cuisine,
le verre d'eau qui pétille autour de l'aspirine.
Petit matin frileux qui frissonne amoureux
oscille hésitant, heureux ou malheureux.
J'aurais pu, j'aurais dû, mais je n'ai jamais su.

FINALEMENT

Finalement,
Je préfère vos vices à toutes vos vertus,
Je vous aime lascive, rebelle et ténébreuse.
Dans le divan profond vos courbes capiteuses,
le cri sourd de la chair en gouttes de cristal,
jours et nuits haletants au désir infernal.

Jambes et cuisses nouées en vibrant attelage,
Vous aimez me tenter, murmurer des mirages,
agiter la vertu, la rendre désirable,
la laisser se cacher en dessous de soie noire.

Lèvres rouges entrouvertes, où le plaisir disserte,
en baisers venimeux, en caresses alertes,
hérétique soumise ou diablesse experte,
vous êtes ce grand soir ou je perds la tête.

ROAD

Dans le cerveau c'est canicule !
Le silence brûlant qui cogne sur les tempes,
long voyage immobile qui se fige à l'attente.
Quand le jour et la nuit, se mêlent, se confondent,
que l'âme est en surchauffe, hésite, vagabonde,
les larmes se dessèchent au fourreau des paupières.

Dehors la vie défile aux rubans de bitume,
sur l'asphalte brillant, les heures une à une,
alourdissent le dos et raidissent la nuque.
La radio en sourdine bafouille des nouvelles,
le pare-brise clignote au choc des insectes.

Le dernier kilomètre, corps gourd et bouche sèche,
le grand parc désert, lumières à la fenêtre.
Pas crissant au gravier pour mourir ou renaître.