samedi 30 janvier 2016

FLEUR DE SEL

D'errance en découverte, de mort en renaissance,
Le cœur boitillant,
J'avance.
C'est le renoncement, le désir essentiel,
Le miel, le piment,
tu es ma fleur de sel.
En pleins, en déliés,
à tes monts, tes merveilles,
à la rosée brillant au chaud de ton ombrelle.
Lentes ondulations et subtiles secousses,
mes mains s'en vont vibrant,
à tout ce que je touche.
Ce long frémissement coule aux gémissements,
Se fait tendre, aimant,
Au souffle de ta bouche.

Peinture Caravagna

samedi 23 janvier 2016

BUDWEISER

Comptoir de chêne usé,
petits verres de bourbon, emplis d'or, puis vidés.
Le grand miroir clignote aux néons Budweiser,
au bar de l'entresol, pas de jour et pas d'heure.
Entre putes et traders, les touristes perdus,
alignent les alcools comme des hommes d'affaire.
Le piano droit, muet, les banquettes usées,
en cuir et malheureuses au bruit à la fumée,
à New York, à la nuit, à la lumière trompeuse.
Je t'ai suivi ce soir, j'avais l'âme brumeuse.
Un Zippo a la main, nos rêves qui sanglotent,
coulent à ta robe rouge, à l'amour qui t'emporte.
Manhattan vibrant aux dollars en cohorte,
Quand ma brune m'attend, juste derrière la porte.

CONFESSE

Je ne crois pas en dieu, seulement aux déesses,
ici rien de divin, seulement ma divine.
Quand le désir se lève, que le jour décline,
ma belle je vous prie, menez moi à confesse.
Je serai pénitent, sans pater, sans ave,
Juste là, à rêver...
à vos petites fesses.

Peinture L. Lempicka 
 

ARC BOUTANT

Elle met sa peau douce,
lisse velours des jambes,
S'étire comme un chat,
m'invite à la surprendre.

Quand le corps de soie,
ronronne et puis se cambre,
s'enroule autour de moi,
murmure des mots tendres.

Désir arc boutant,
à la courbe infinie,
ondule à l'envie,
s'envole et enfin sait.

POUSSIERE

J'ai retrouvé la rue, l'immeuble et puis la chambre.
Respiré assourdi ce parfum de poussière,
grande pièce déserte accrochée aux fenêtres,
plus de lit, plus de drap, plus de lumière qui tremble.

Le passé n'est plus là, il ne peut plus attendre,
parti vers l'au-delà, bien trop loin de tes jambes,
de ce corps que j'aimais, des rivières de peau tendre,
enfuit comme un regret aux miroirs de cendres.

Le temps qui coule en nous, nous unis, nous sépare,
nous laisse amoureux fous, désemparés, hagards,
à la croisée des vies, sur le quai d'une gare,
quand l'oubli se repait de nos âmes inflammables.

dimanche 3 janvier 2016

ORAGE

Il y a le silence et l'orage qui gronde,
milliers de morts et milliers de naissances,
tout autour de la terre, à la même seconde.
Il y a ces berceaux et il y a ces tombes,
ces larmes scintillantes, de bonheur, de souffrance.
Nous sommes les deux faces, le terrible anathème,
cet être imparfait qui hurle et qui aime.
Il y a cet amour, la tendre confidence,
pourtant le même amour, dévasté à l'absence.
Il y a tout cela, et d'autre choses encore,
qui me font me lever aux premières heures du jour.

ECARLATE



Ce soir,  j'ai peint le ciel en rouge,
Plus de lune, d'étoile, pas le moindre nuage.
Le vent à bout de souffle, les ombres qui s'effacent.
Quand le bruit devient sourd, c'est la vie qui s'échappe,
Plus de vers, aucun mot, rougeoyant face à face,
Je veux juste boire l'air, à vos lèvres écarlates.