dimanche 22 mai 2016

L'ABANDON



C’est seul, au cœur des femmes, que vit le cœur des hommes,
maladroit, malhabile, qui se prend, qui se donne.
Tour à tour léger, vent tiède, invisible,
qui enfle dans la nuit, pour devenir  tempête.

Ça n’est pas le jasmin, ni le parfum des roses,
qui attisent les mots, effacent les pudeurs.

Ce grondement puissant qui monte du tréfonds,
c’est le parfum, le gout, c’est la chair de l’autre,
cet invincible élan, ce que les lèvres osent.
Lorsque les doigts s’emmêlent, se perdent, se recherchent,
inventent l’abandon, dessinent le partage.

Il n’y a plus de mots, qu’un désespoir tendre,
les promesses de l’aube et nos désirs à prendre.

INDICIBLE

Ici, nulle harmonie,
Juste un silence opaque, agrippé au bruit sourd,
cœur cognant, arythmique, gonflé d'un sang trop lourd.
Quand l'ivresse s'en vient,
coule à la carotide, rouges allers- retours,
éternel voyage, erratique, au long court.
Plus d'aube, de soleil, au fracas invisible,
seul au brouillard épais, au battement fragile,
de l'âme qui se tait au futur indicible.

CONTRE JOUR

J'ai trébuché cent fois,
aux arêtes acérées, si coupantes du doute,
vécu milles aventures au soleil brulant.
À la croisée des vents, je reprenais la route,
masquant mes cicatrices aux guenilles du temps.
Mais les jours sont passés, et les ans chaotiques,
je tombe plus souvent et les murs se lézardent,
Le cœur est moins agile quand  l'âme prend des rides.
J'irais vers le couchant, seul héros de ce film,
contre-jour, chevauchant vers ces mondes arides.

jeudi 12 mai 2016

AINSI

Ainsi  donc, c'était vous ?
Cette âme qui murmure, ce doux frémissement,
cette aurore si pure, ce vent tiède enivrant.
Vous étiez cette soie, ce ballet de caresses,
elles étaient tout émoi, vos mains de pècheresse.

Je vous rêve parfois, étourdi, belle ogresse,
gémissante, vêtue de ce corps nu,
en absolue maitresse.
Vos lèvres insatiables, comme avides promesses,
dessinant à la peau ces frissons de tendresse.

Vous étiez tout cela, cet océan de courbes,
de plaisirs, de supplices, de doigts enchevêtrés.
Quel plus bel écrin que cette chair si tendre,
Vous étiez et je suis, désireux de tout prendre.

COMETES

C'est à l'heure la plus sombre, au plus noir de l'obscur,
quand les étoiles meurent, s'effacent unes à unes,
que le silence épais s'étale comme la brume,
que ma bouche, mes lèvres, assouvies et heureuses,
dessinent mille comètes à ta chair lumineuse.

LE CHANT DU CYGNE

C'est la vie qui serpente, s'étire malhabile,
entre voies sans issue, opaques et limpides,
et mille vents solaires, mille aurores lunaires.
les jours d'une nuit, sans avant, sans après,
les demains orphelins, d'aujourd'hui et d'hier.
Voilà le chant du cygne, au vacarme immobile,
écrire une prière vibrante et inutile,
savoir, comment, pourquoi ?
Déchirer le ciel noir, son obscur silence.
Enfin s'abandonner,
juste fermer les yeux, s'endormir dans l'attente.