mercredi 5 avril 2017

Vespérale

D'aubes noires en nuit blanches, j'errais,
J'allais comme un zombie, à vos réminiscences,
A la sombre douceur, à vos tendres fragrances, j'allais !

Vous étiez vespérale, tendre à la tombée du jour,
Élégante toujours, corsetée de silence,
Ôtant dans la pénombre, vos velours d'attente.

Robe noire, blanche ou bleue qui glissait sur tes hanches,
En vague lumineuse, à la peau impatiente,
Nos âmes se frôlaient en arabesques lentes.

lundi 3 avril 2017

Menteuse

J'avais l'âme rugueuse, le cœur gourd, endormi.
Perdu aux cotillons de cette vie trompeuse,
Je dessinais des cercles, des volutes fiévreuses,
D'invisibles désirs, d'éphémères conquêtes.

Le soir est rougeoyant et les aubes sont blêmes,
En secondes hypnotiques, en éloges funèbres,
Les jours sont passés dans leur manteau de terre.

Ça n'est que dans les films que la fin est heureuse,
Il m'a fallu du temps, tant de paroles creuses,
Pour comprendre enfin que la vie est menteuse.

jeudi 23 mars 2017

J’ai pris de l’âge



J’ai pris de l’âge aussi, mais je dois l’avouer,
C’est en prenant des ans que les femmes sont belles.

Vous avez pris des rides et la chair est moins ferme,
Vos seins chauds sont plus lourds, cachés sous la dentelle,
Mais je vous aime ainsi, fragiles et cruelles.
Habiles à nous séduire, en chair capiteuse,
Nous offrant vos blessures et vos courbes soyeuses.
Votre jeunesse est là, glissée sous vos yeux clos,
Tour à tour amantes, ou femelles  amoureuses,
Vous êtes l’éternel, ce désir fiévreux,
Ce rouge à vos lèvres, cette soie noire qui crisse,
Lorsque nos mains s’égarent, deviennent les complices,
Sans remord, sans regret, en fragrances lascives,
Vous nous rendez heureux, impatients de vous suivre.

mercredi 22 mars 2017

Belle

Dieu ! Que vous fûtes belle,
Les yeux clos, cherchant l'air,
En route vers le ciel.
Et moi, en voyeur si heureux,
Vous regardant flotter au voyage charnel.
Emmenez moi là bas,
Faites-moi le complice de ce vol soyeux,
Au monde merveilleux donc je brise la gangue,
Laissez-moi, je vous prie, devenir passager,
au plaisir qui tangue.
Du silence des mots, apprenez moi la langue.

Palpitez moi…

Palpitez moi…
Laissez frapper le sang aux tréfonds de ma chair,
Cœur cognant, âme ivre.
Devenez l'abandon, le souffle où je dérive,
Mille et une façons de vous appartenir.

samedi 11 février 2017

Je sais

Je sais…
Toi, moi nous, je sais tout.
Les courbes, les parfums, les regards que l'on guette,
Les désirs que l'on tait, les fragrances secrètes,
Offerte, désirée, cachée et découverte.
Toi, moi, nous et le temps qui nous reste,
Le frôlement soyeux de vos lèvres entrouvertes,
La caresse des yeux, lorsque l'âme halète,
Mes doigts en amoureux sous ta peau de dentelle,
Visiteur silencieux de vos monts et merveilles.
Je sais tout et j'ignore,
Vos petits jours fripés, vos aubes, vos aurores,
Vos regrets, vos remords,
Le rimmel qui coule, vos rires, vos absences,
Le grand lit est défait, désert, inutile.
J'ignore et je le sais.

lundi 30 janvier 2017

Renaissance

Tes vagues, ton écume,
Et ta houle impatiente.
C'est le grondement sourd
Qui déchire ton ventre.
Le sang lourd, puissant,
Qui frappe à tes tempes.
Cet au-delà qui vient,
Qui s'accroche à tes hanches.
Le plaisir qui s'en vient,
Toutes sirènes hurlantes,
Se fondre à ta chair,
Comme une renaissance.

Seisme

Longue nuit, épaisse, chaotique,
Quand nos bouches se cherchent, se dérobent, s'évitent,
se mordent, s'entrechoquent, lentement et trop vite.
Lorsque les mains halètent, s'emmêlent et puis hésitent.
Frémissements de peau où la chair se hérisse,
au souffle des baisers lorsque l'âme palpite.

Tumultueux torrent de secousses sismiques,
de ce long tremblement où les corps oscillent,
le plaisir qui augmente, aux nouvelles répliques,
nous laisse épuisés au bord d'un précipice.